Alors que le pays venait de vivre l’une des plus grandes catastrophes naturelles de son histoire, coûtant la vie à plus de 133 000 personnes, la junte birmane au pouvoir a voulu envers et contre tous maintenir le référendum sur la constitution les 10 et 24 mai dernier. Tout en refusant l’aide humanitaire internationale, elle a imposé ce scrutin pseudo-démocratique à laquelle seule une partie de la population a pu prendre part et encore sous contrainte et sous haute surveillance.
Les décomptes se sont faits dans la capitale, à 300km de Rangoon, loin des regards. Le peuple birman n'a aucune confiance quant à la fiabilité du résultat. Certaines familles ont reçu des visites les incitant à aller voter OUI. Des citoyens ont déclaré que le OUI était déjà coché à l'avance sur leur bulletin et que des surveillants du régime étaient dans les locaux de vote. Même à bulletin secret, il est difficile pour les Birmans de s'exprimer lorsqu'on sait que voter NON est passible d'une peine de prison.
Le parti d'opposition d'Aung San Suu Kyi, le gouvernement en exil et les organisations pro-démocratiques birmanes se sont indignés que ce référendum ne soit pas reporté pour l'ensemble du pays, au mépris de la population sinistrée. Ils ont dénoncé avec force de nombreuses irrégularités et l'impossibilité du choix lors du vote, et en conséquence ils n'acceptent pas le résultat annoncé de 92% de OUI.
Pendant ce temps, la majorité de la population de Birmanie se débat et essaie d’échapper au chaos.
L’Association Suisse-Birmanie salue les efforts entrepris par les autorités suisses, en particulier la DDC, en vue de venir en aide au peuple birman.
Néanmoins, si l’aide humanitaire est essentielle, il est indispensable que les pays du monde entier se positionnent sur la tragédie qui se déroule en Birmanie et fassent pression sur la junte au pouvoir.
L’ASB soutient la résolution du Parlement Européen dont les principales revendications sont les suivantes:
- la population très durement touchée doit être secourue de toute urgence. Les paysans doivent pouvoir notamment planter des semences de riz afin d’éviter un nouveau désastre qui serait provoqué par la famine;
- les autorités birmanes doivent laisser acheminer les secours en priorité sans attendre de planifier la reconstruction des zones dévastées;
- si les autorités birmanes continuent à faire obstruction aux secours venant des autres pays ou d’institutions gouvernementales et non gouvernementales, elles doivent être tenues pour responsables de crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (ICP-ICC);
- l’Inde et la Chine sont appelées à user de toute leur influence sur les autorités birmanes afin que celles-ci ouvrent leurs frontières immédiatement à toute forme d’aide internationale.
L’Association Suisse-Birmanie demande aux autorités suisses de s’associer aux démarches de l’Union européenne afin de venir en aide à la population birmane malgré les obstacles dressés par la junte au pouvoir.
Genève, le 31 mai 2008