Réunion Asia-Europe - ASEM 8 - Bruxelles 2010

ASEM: les dirigeants devraient appeler la Birmanie à organiser des élections libres
4 octobre 2010 - Les dirigeants européens et asiatiques réunis à Bruxelles s'apprêtent à appeler le régime birman à libérer ses prisonniers politiques et à organiser, le 7 novembre prochain, des élections réellement libres et équitables.
Dans un projet de communiqué négocié dimanche par des diplomates, les chefs d'Etat et de gouvernement membres de l'ASEM (Asia Europe Meeting) appellent la junte birmane à tenir des élections "libres, équitables et ouvertes à tous", notamment par la libération des prisonniers politiques. Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International, quelque 2.200 prisonniers politiques sont détenus en Birmanie. Des sources officielles birmanes ont annoncé la semaine dernière que la dissidente birmane Aung San Suu Kyi, privée de liberté par la junte pendant la majorité des vingt dernières années, serait libérée quelques jours après les élections du 7 novembre durant lesquelles elle serait autorisée à voter. Dans un communiqué, l'ONG Action Birmanie a dénoncé la "présence scandaleuse" à Bruxelles du ministre birman des Affaires étrangères, Nyan Win. Théoriquement visé par l'interdiction européenne de visas envers les dignitaires du régime, celui-ci a toutefois reçu une dérogation pour assister au sommet ASEM, dont la Birmanie fait partie via l'Asean. Rappelant le rapport publié en mars dernier par les Nations Unies, lequel jugeait que certains crimes commis par la junte pouvaient être qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, l'ONG déplore que le gouvernement belge n'ait toujours pas soutenu la conduite d'une enquête internationale. (VIM)
Les syndicats d’Asie et d’Europe réunis à Bruxelles à l’occasion du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Réunion Asie-Europe (ASEM)
appellent les dirigeants de l’ASEM à prendre des mesures concrètes à l’égard de la Birmanie
4 octobre 2010 -  Les syndicats d’Asie et d’Europe réunis à Bruxelles à l’occasion du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Réunion Asie-Europe (ASEM) appellent les dirigeants de l’ASEM à prendre des mesures concrètes à l’égard de la Birmanie, y compris la demande de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et la fin des attaques contre la population civile, en particulier les communautés ethniques et les partisans de la démocratie.

La CSI est préoccupée du fait que certains dans la communauté internationale voient les élections nationales prévues en Birmanie le mois prochain comme une raison de relâcher la pression vis-à-vis du régime birman. Ce processus électoral est jonché d’irrégularités : Les voix pro-démocratiques en sont exclues, cependant que d’autres partis ont été empêchés de mener leur campagne normalement.

Quel que soit le résultat du scrutin, une constitution tronquée assure à la junte militaire le contrôle effectif du gouvernement. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon a déclaré, le 27 septembre, que les élections ne seront pas crédibles si les prisonniers politiques, y compris la dirigeante du mouvement pour la démocratie Aung San Suu Kyi ne sont pas libérés.

La communauté internationale doit intensifier considérablement sa pression à l’égard du régime, jusqu’à ce qu’un progrès tangible soit engrangé vers une constitution inclusive et démocratique et le plein respect des droits humains. Les gouvernements et les partenaires sociaux des pays membres de l’ASEM ont leur rôle à jouer en suspendant les relations commerciales et les investissements qui maintiennent le régime au pouvoir, conformément à ce que prévoyait la Résolution de l’OIT de 2000 relative à la Birmanie.

À l’heure où le régime intensifie son offensive contre son propre peuple, il incombe aux dirigeants de l’ASEM d’appeler le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter un embargo total sur les armes à destination de la Birmanie et à soutenir la mise sur pied d’une Commission d’enquête de l’ONU chargée des crimes contre l’humanité.

Pour faire pression sur le régime en vue de la levée de l’interdiction sur les syndicats et afin de donner une voix aux travailleurs et travailleuses birmans, les gouvernements des pays membres de l’ASEM devraient soutenir l’ouverture, auprès du Conseil d’administration de l’OIT, d’une Commission d’enquête sur la liberté d’association en Birmanie.

Il faut absolument redoubler la pression vis-à-vis du régime birman pour que le travail forcé sous toutes ses formes soit définitivement aboli. Ceux qui sont coupables de recourir au travail forcé doivent être punis et le recrutement d’enfants soldats doit cesser. Un premier pas significatif serait que l’OIT soit assurée de pouvoir travailler librement dans tout le pays, y compris pour enquêter sur les cas de travaux forcés.

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