Portrait de Birman
Bo Kyi
AAPP Burma
Assistance Association for Political Prisoners (Burma)

Cette association est basée à Mae Sot en Thailande, juste à la frontière avec la Birmanie. Elle fut fondée en 2000.

vers le site de AAPP en cliquant ici

Assistance Association for Political Prisoners (Burma)
Annual Report 2009 :

Le rapport annuel 2009 vient de paraître.

Vous pouvez le consulter et le télécharger en cliquant ici

Bo Kyi
un éminent défenseur des droits de l’homme

Bo Kyi est un éminent défenseur des droits de l’homme. Il était de passage à Genève en novembre 2009 pour recevoir une distinction décernée par HRW-Human Rights Watch (*), qui lui a aussi remis le Prix des Défenseurs des droits humains pour son travail en 2008. Human Rights Watch lui rend hommage pour ses efforts héroïques contre la répression de la junte birmane et pour plaider au nom de ceux qui ont osé critiquer ce gouvernement militaire et réclamer justice !

Le prix décerné par Human Rights Watch chaque année à des militants des droits humains honora cette année encore l'engagement exceptionnel d'Alison Des Forges en faveur de cette cause. Le Dr Alison Des Forges, malheureusement décédée dans un accident d’avion le 12 février 2009 aux Etats-Unis, a été la principale conseillère de HRW-Human Rights Watch auprès de la division Afrique pendant près de deux décennies en consacrant sa vie à ses travaux sur le Rwanda, notamment lors du génocide de 1994 et des séquelles de ce massacre. Elle était l'experte la plus réputée dans le monde sur le génocide rwandais et ses conséquences.

L’Association Suisse-Birmanie connaît Bo Kyi depuis 2002 lorsqu’il était venu à Genève pour la première fois dénonçant les exactions commises par le gouvernement militaire birman, ceci à l’ONU devant le Conseil des Droits de l’Homme (anciennement Commission des Droits de l’Homme). Il est devenu notre ami et nous tenons à le féliciter pour toutes ces années de lutte, de courage sans faille, faisant connaître son histoire et celles d’autres prisonniers politiques et révélant les malversations de la junte militaire au pouvoir.

Bo Kyi, son parcours :

Alors qu’il était étudiant à Rangoon, Bo Kyi a participé au “soulèvement du 8.8.88” en Birmanie. Le 8 août 1988, après des mois d’agitation, des millions de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer la fin du régime militaire. La réponse fut violente de la part du gouvernement militaire, elle s’est soldée par la mort de près de 3 000 personnes au cours des sept mois de manifestations.

“C’était en 1990. Le jour où j'ai été arrêté était juste comme un autre. J'étais en train de déjeuner avec ma famille, lorsque les agents du renseignement militaire birman sont venus chez moi et m'ont emmené. Ils m'ont poussé dans une voiture, menotté mes mains derrière mon dos et mis un capuchon sale sur ma tête. J'ai été forcé de m'allonger sur le sol pour que je ne puisse pas être vu, et ils ont pressé des fusils dans mes côtes pour m'empêcher de crier.

J'ai été conduit dans un endroit inconnu et à l'arrivée, c’est à coups de pieds que l’on m’a poussé dans une chambre, et la porte s’est fermée derrière moi. J'ai retiré le capuchon de ma tête et j’ai regardé autour de moi, j’étais dans une salle de 3x3 mètres et j'ai vu des éclaboussures de sang sur les murs. Les noms de beaucoup de personnes étaient écrits là, y compris les noms de certains de mes amis. “Où sont-ils ? que sont-ils devenus” pensai-je. “Ont-ils été torturés à mort ou sont-ils encore en prison?” À ce moment-là, j'ai réalisé que ma propre torture avait commencé.

J'ai été privé de nourriture et d'eau pendant plusieurs jours. J'avais les yeux bandés et à maintes reprises j’ai subi des interrogatoires, des passages à tabac, J’ai été mis aux fers et torturé, dans des conditions ignobles. Après chaque réponse que je donnais, j'étais frappé à l'estomac si fort que ça me jetait au sol. À chaque coup, j’étais obligé de me relever et je prenais et reprenais encore et encore des coups. J'ai perdu toute notion du temps.

Plus tard, j'ai découvert que tout ça avait eu lieu dans le centre d'interrogatoire pendant neuf jours. Mon "crime", c'est que j’étais un membre éminent de la Fédération des syndicats d’étudiants birmans, une organisation interdite en Birmanie...”

 Bo Kyi a passé sept ans et trois mois derrière les barreaux, accusé pour son militantisme politique ; il n'avait qu'une vingtaine d'années lorsque le calvaire a commencé. C'était en 1990, mais cela aurait pu se passer hier !

C’est en prison que Bo Kyi a appris à parler et à écrire l’anglais, dissimulant ses documents d’apprentissage chaque fois qu’un gardien passait devant sa cellule.

Lorsqu’il a été libéré, il fuit vers la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, où il fut le cofondateur de l’AAPP-Assistance Association of Political Prisoners (Association d’aide aux prisonniers politiques) à Mae Sot, en Thaïlande. Aujourd’hui, à la fin de cette année 2009, quelque 2 173 militants politiques sont encore emprisonnés en Birmanie, où ils subissent des traitements abominables. Le nombre des détenus a augmenté de façon spectaculaire après la répression d’août et septembre 2007, lorsque les forces de sécurité ont brutalement réprimé les manifestations pacifiques de militants, de moines et de citoyens ordinaires lors de la “Révolution safran”.

L’association fondée par Bo Kyi agit pour le compte des anciens comme des actuels prisonniers politiques et ainsi que pour leurs familles. Elle leur fournit une aide financière et des soins médicaux, surveille les conditions de vie dans les prisons et lutte au niveau international pour la libération des prisonniers.

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 (*) HRW-Human Rights Watch est l’une des principales organisations indépendantes au monde qui se consacre à la protection et à la défense des droits humains. En attirant l’attention internationale sur les situations où les droits humains sont violés, HRW donne une voix aux opprimés et exige que les oppresseurs répondent de leurs crimes. Leurs enquêtes objectives et rigoureuses, ainsi qu’un plaidoyer ciblé et stratégique, permettent à HRW d’exercer une pression intense qui incite les décideurs à agir et accroissent le prix à payer pour les auteurs d’atteintes aux droits humains. Depuis 30 ans, Human Rights Watch œuvre avec ténacité pour poser les bases morales et légales de changements profonds et lutte pour apporter plus de justice et de sécurité aux peuples du monde entier.

Décembre 2009  / ASB

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retrouvez cet article paru dans les Nouvelles de Birmanie édité par notre consoeur Info Birmanie, en cliquant ici

Ko Bo Kyi
Membre fondateur de AAPP-Assistance Association for Political Prisoners (Burma) depuis 2000

Lever les sanctions contre la Birmanie ne fera pas cesser les cris

par KO BO KYI, Mae Sot, Thailand
publié par THE NATION, le 31 octobre 2009

Le jour où j'ai été arrêté était juste comme un autre. J'étais en train de déjeuner avec ma famille, lorsque les agents du renseignement militaire birman sont venus chez moi et m'ont emmené. Ils m'ont poussé dans une voiture, menotté mes mains derrière mon dos et mis un capuchon sale sur ma tête. J'ai été forcé de m'allonger sur le sol pour que je ne puisse pas être vu, et ils ont pressé des fusils dans mes côtes pour m'empêcher de crier.

J'ai été conduit dans un endroit inconnu et à l'arrivée, c’est à coups de pieds que l’on m’a poussé dans une chambre, et la porte s’est fermée derrière moi. J'ai retiré le capuchon de ma tête et j’ai regardé autour de moi, j’étais dans une salle de 3x3 mètres et j'ai vu des éclaboussures de sang sur les murs. Les noms de beaucoup de personnes étaient écrits là, y compris les noms de certains de mes amis. "Où sont-ils ? que sont-ils devenus" pensai-je. "Ont-ils été torturés à mort ou sont-ils encore en prison?” Là, j'ai réalisé que ma propre torture avait commencé.

J'ai été privé de nourriture et d'eau pendant plusieurs jours. J'avais les yeux bandés et à plusieurs reprises j’ai été interrogé. Après chaque réponse que je donnais, j'étais frappé à l'estomac si fort que ça me jetait au sol. À chaque coup j’étais obligé de me relever et je prenais et reprenais encore et encore des coups. J'ai perdu toute notion du temps.

Plus tard, j'ai découvert que tout ça avait eu lieu dans le centre d'interrogatoire pendant neuf jours. Mon "crime", c'est que je suis un membre éminent de la Fédération des syndicats birmans d’étudiants, une organisation interdite en Birmanie.

C'était en 1990 - mais cette histoire aurait pu se passer hier !

Un nouveau témoignage de prisonnier politique libéré en vertu d'une amnistie en septembre dernier me rappelle mon histoire. Rien de tout cela est surprenant pour moi !

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