Charm Tong est venue pour la première fois à Genève en 1999 afin de dénoncer les abus des militaires dans les États Shan lors de l’ex-Commission des droits de l'Homme de l’ONU. L'ASB l'avait accueillie et soutenue dans sa démarche. Ce petit bout de femme de 17 ans exposant les pires horreurs, rapports et témoignages à l'appui, fut un grand moment à la tribune de la Commission. Co-fondatrice de SWAN-Shan Women's Action Network avec plus de 40 femmes, elle est à l’origine de «Licence to rape» (permis de violer) ce rapport édité en 2002 qui dénonce le viol utilisé par les autorités comme arme de guerre contre les civils Birmans.
Depuis, rien de cela n'a cessé.
•ASB/sss 2009
31 octobre 2005 - Charm Tong est reçue par Georges W. Bush dans le bureau ovale de La Maison Blanche.
Cette vidéo expose le témoignage de Charm Tong, co-fondatrice du "Shan Women's Action Network". Elle y dénonce le viol utilisé par les autorités comme arme de guerre contre les civils Birmans.
Le passé de Charm Tong a commencé dans un orphelinat à la frontière en Thailande. Quand elle a six ans, ses parents la mettent sur le dos d'un âne pour fuir la guerre qui règne et qui déchire l'État Shan, où ils espèrent qu'elle pourra vivre en paix et pour suivre une scolarité, un privilège refusé à de nombreuses femmes Shan. Loin des abus perpétrés par les militaires dans l'État Shan ou de l'industrie de la prostitution, elle a pu dans ses jeunes années avoir accès à cette éducation qui donne la force de l'estime de soi, ainsi qu'à la formation scolaire qui permet de l'accomplir. En plus de sa langue maternelle shan, elle maîtrise l'anglais, le thaï, et le mandarin.
Âgée aujourd’hui de 28 ans, Charm Tong est considérée comme un ennemi par la junte au pouvoir en Birmanie, mais une «lueur d’espoir» par ses collègues citoyens. Charm Tong est devenue une femme déterminée et reconnue dans le monde entier par son travail et par son engagement. Elle a depuis reçu un grand nombre de prix, de reconnaissances et son travail de militante des droits de la personne ne cesse d'attirer l'attention de la communauté internationale. Elle a été l'une des quatre activistes internationales de moins de 30 ans à recevoir le Awards de Reebok des droits de l'homme en 2005; la même année, elle a été nominée pour le prix Nobel de la paix et a été nommée l'un des héros de l'Asie par le magazine Time.
Le travail actuel de Charm Tong comprend la gestion d'une école en Thaïlande. Cette école se situe à la frontière birmane et consiste à former la nouvelle génération des Birmans. "C'est une longue carrière pour moi. Mes étudiants représentent l'espoir pour l'avenir, l'espoir d'une démocratie en Birmanie. Je sais que je prends des risques. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je sais que nous essayons de faire de notre mieux pour dire la vérité et pour changer la situation. Peu importe la façon dont il est difficile, nous devons continuer à le faire."
Son dernier combat (en 2009) est pour sauver son pays natal. Pékin l’a reçue, et a accepté de la laisser présenter un documentaire réalisé par le Groupe Karenni Research Development. C’est un appel "au secours" contre la construction d’un barrage, construction avec l’aide des Chinois ! "Je viens d'une terre antique, Yin Ta Lai, où les personnes co-existent avec la nature. Notre vie dépend du fleuve sacré Salween. Comme mon père me le racontait déjà, le gouvernement birman voulait construire ce barrage et ainsi créer un barrage à notre façon de vivre. Si le barrage devait être construit, l'ensemble de nos terres seraient submergées, et Yin Ta Lai ne serait plus."
Conférence de quelques prix Nobel de la Paix où Charm Tong était la représentante de Aung San Suu Kyi. On peut voir ici son intervention, témoignant notamment des abus des militaires contre des femmes qu'elle a connu, non sans émotion.