Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

20 janvier 2012 - Selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, la dernière mise à jour fait état de la libération de 299 prisonniers politiques en Birmanie.

14 janvier 2012 - Selon les données que l’AAPP-B a recueillies et vérifiées jusqu’en fin de matinée du 14 janvier 2012, le nombre de prisonniers politiques parmi les personnes libérées est de 287.

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie
13 janvier 2012 - une journée porte-bonheur pour la Birmanie "la libération de plusieurs prisonniers politiques"

Les développements spectaculaires de cette semaine en Birmanie nous montrent que « faire campagne » a fonctionné et est apprécié par ceux qui luttent en Birmanie pour une véritable liberté.

Maintenons la pression pour continuer à faire changer les choses !

C'est une étape majeure vers la réconciliation et c'est avec beaucoup d'espoir que nous accueillons la décision des autorités birmanes de libérer un grand nombre de prisonniers politiques. Les chiffres ne sont pas encore définitifs, car aucune liste officielle n’a été publiée. D’après les chiffres fournis par les médias birmans, le nombre de libération s’élève à 651, dont environ 600 prisonniers politiques.

Citons quelques noms, les plus emblématiques :

  • Min Ko Naing, Ko Ko Gyi et Nilar Thein, du mouvement Génération 88,
  • le moine U Gambira incarcéré depuis 2008,
  • Le grand leader shan Khun Tun Oo, qui avait été condamné à 93 ans de prison,
  • Hla Hla Win, Ngwe Soe Lin, Win Maw, Sithu Zeya et son père U Zeya, de deux journalistes indépendants, Thant Zin Aung, Zaw Thet Htwe et du blogueur Nay Phone Latt, a été confirmée par les journalistes de la DVB.

Il est à noter que ce même jour, l’ancien chef des services de renseignements, ex-premier ministre, Khin Nyunt (assigné à résidence depuis 2004), plus de 60 anciens agents des services de renseignements (victimes de purges successives) et la famille de Ne Win (l’ancien dictateur dont la famille est assignée à résidence depuis plusieurs années), ont aussi bénéficié de cette amnistie.

Mais loin des effusions de joie, les premières réactions des prisonniers libérés au cours de la journée sont plutôt mitigées, rappelant l’injustice de leur incarcération, ainsi que leurs camarades toujours emprisonnés.
Depuis mai dernier, les amnisties s’étaient multipliées mais avaient été décevantes, le gouvernement ayant par ailleurs indiqué qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Birmanie.

Emprisonnés dans les conditions les plus abominables, ils ont subi des actes de torture physique et psychologique, ont souvent été placés en isolement total, dans des prisons loin de leurs familles et n’ont pas eu  un accès à l’assistance médicale dont ils ont besoin pour survivre. Nombre d’entre eux ont péri du fait de mauvais traitements ou d’un manque de soins adaptés à leurs problèmes de santé.

Si cette libération constitue indéniablement un geste de bonne volonté sans précédent de la part des autorités birmanes, l'Association Suisse-Birmanie appelle la communauté internationale à une grande prudence : si la LND a pu faire état d’environ 600 prisonniers politiques, elle reconnaît cependant qu’il pourrait y en avoir bien plus, comme le proclame l’Association d’Assistance aux Prisonniers politiques Birmans (AAPPB). Avant l’amnistie du 13 janvier, l’AAPPB comptabilisait environ 1500 prisonniers de conscience derrière les barreaux.

Assurons-nous donc que les prisonniers qui demeurent incarcérés injustement soient libérés et d'exiger que tous ceux qui viennent d'être libérés puissent jouir pleinement de leurs libertés civiles et politiques.

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie
13 novembre 2011- Une année de liberté pour Aung San Suu Kyi, un anniversaire à célébrer… mais la lutte continue !

ASSK 

Le 13 novembre 2010, les autorités au pouvoir en Birmanie se résignaient enfin à libérer la "Dame de Rangoon" ou "The Lady" comme la nomment respectueusement ses compatriotes. Depuis ce jour, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix en 1991, a continué de s’engager sans relâche pour faire bouger ce régime autoritaire, multipliant les contacts, les démarches, les déclarations, alternant entre fermeté et diplomatie. Après 14 ans d’emprisonnement, puis d’assignation à résidence, elle est toujours considérée comme la figure d’opposition principale et sa notoriété internationale a grandement contribué à faire connaître la situation désastreuse prévalant dans ce pays sur le plan des droits humains.

Néanmoins, toute réjouissante qu’ait pu être sa libération, cela ne doit pas nous faire oublier qu’environ 1'800 prisonniers politiques croupissent encore dans les geôles de Birmanie. Le nouveau gouvernement a voulu donner un gage d’ouverture en libérant 237 prisonniers d’opinions seulement… Malheureusement, un grand nombre de leaders de la génération 88, dont la révolte a été écrasée dans le sang, n’ont pas bénéficié de cette amnistie, pas plus que de jeunes détenues, telles que Hla Hla Win, vidéaste journaliste collaboratrice à la DVB-Democratic Voice of Burma . Aung San Suu Kyi  a promis qu’elle s’engagerait pour la libération de tous les prisonniers politiques.

Plus près de nous, la Fondation pour la liberté et les droits humains basée à Berne, Stiftung für Freiheit und Menschenrechte , a  remis le 5 novembre dernier son prix 2011 à U Bo Kyi, ancien détenU Bo Kyiu politique, cofondateur de l’ AAPPB-Association d'assistance aux prisonniers politiques de Birmanie pour son engagement sans faille en faveur de la liberté et de la démocratie. L’Association Suisse-Birmanie est fière de soutenir les activités de ce leader militant et continuera à se faire le relais de cette association.

Interrogé récemment, Bo Kyi a déclaré qu’il ne voyait pas de réels progrès dans son pays. Le gouvernement ne reconnaît toujours pas les prisonniers politiques et il pense que les discussions avec les élites ne suffisent pas : «Il faut des changements sur le terrain», affirme-t-il.

CoïncidTHE LADY-Luc Bessonant avec la première année de liberté de Aung San Suu Kyi, le film de Luc Besson "The Lady" sortira le 30 novembre sur les écrans de Suisse romande. Ce film montre comment Aung San Suu Kyi incarne les aspirations démocratiques de son peuple qu’elle continue à soutenir bien au-delà de ses intérêts personnels. C’est aussi un témoignage des nombreux sacrifices que les dissidents birmans consentent pour gagner leur liberté.

Pour l’Association Suisse-Birmanie, ce sera une opportunité de plus de sensibiliser le peuple suisse aux souffrances qui sont le lot quotidien des peuples de Birmanie et de rappeler la devise de Aung San Suu Kyi :

«Utilisez votre liberté pour promouvoir la nôtre»

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie
207 prisonniers politiques libérés en Birmanie : un petit pas encore insuffisant !
Genève, le 14 octobre 2011 -  Les promesses d’amnistie de l’administration de U Thein Sein en faveur des prisonniers politiques birmans ont finalement déçu les défenseurs des droits humains tant sur le plan interne qu’au niveau international. En effet, l’AAPP (Association d’assistance aux prisonniers politiques en Birmanie) a relevé que seuls 207 prisonniers politiques ont été libérés à ce jour sur les quelques 1250 qui restent dans les geôles birmanes dont un certain nombre de leaders du mouvement de 1988 qui avaient écopé de très lourdes peines en raison de leur engagement politique.

L’Association Suisse-Birmanie déplore aussi que des journalistes telle que Hla Hla Win (vidéaste birmane collaboratrice à Democratic Voice of Burma, la chaîne radio-tv clandestine) qui a été condamnée à 27 ans de prison pour avoir fait son métier ne fasse pas partie des personnes relâchées.

Si l’on peut néanmoins se réjouir pour les personnes libérées et leurs familles, toute démarche en vue d’une transition réellement démocratique doit passer par la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques. En effet, il s’agit non seulement de les libérer mais de leur garantir ensuite de pouvoir vivre dignement  et sans être harcelés par les services de sécurité du pays.   

Malgré les signes d’ouverture que le régime birman a donné ces derniers mois, il est à craindre que ce ne soit que de la cosmétique destinée à faire lever les sanctions économiques et à donner des gages de bonne volonté au moment où l’ONU pourrait décider d’ouvrir une enquête contre la violation des droits humains . Au calendrier figure aussi  la perspective pour la Birmanie de prendre la présidence de l’ASEAN (association des nations de l’Asie du Sud-Est) en 2014.  

Le régime autoritaire birman a déjà par le passé procédé à des amnisties ou promis des réformes démocratiques sans pour autant réaliser de véritables changements. Certains observateurs soulignent toutefois que le nouveau gouvernement a multiplié les démarches positives en acceptant de rencontrer la leader historique Aung San Suu Kyi, autorisé la publication de ses déclarations, ou encore suspendu le projet de barrage financé par les chinois et menaçant l’existence de milliers d’habitants.

Mais la communauté internationale doit rester vigilante et ne pas lever les sanctions tant que d’autres conditions ne sont pas remplies telles que la reconnaissance de la LND (Ligue nationale pour la démocratie), l’arrêt des attaques contre les minorités ethniques ou encore l’enclenchement de réformes sociales, économiques et politiques profondes.


Communiqué de l'Association Info Birmanie
10 octobre 2011 - Les conflits armés continuent dans l'État Kachin
L'Association Suisse-Birmanie se rallie à cette préoccupation

 

Paris, 10 octobre 2011 - Info Birmanie est vivement préoccupée par la détérioration de la situation humanitaire dans l'État Kachin, dans le Nord de la Birmanie. Les informations provenant d’organisations kachin telles que la Kachin Relief Action Network for IDPs and Refugees (RANIR) et la Kachin Women Association Thailand (KWAT)[1], indiquent qu’une augmentation des attaques de l'armée birmane à l’encontre des civils de cette région, au moment même où le régime birman affirme s’engager dans des pourparlers de paix et un processus de réconciliation nationale.
 
En juin dernier, le régime avait lancé une offensive contre la Kachin Independence Army (KIA), rompant ainsi un cessez-le-feu vieux de 17 ans. Durant les deux derniers mois, l’armée birmane a attaqué de façon répétée des villages dans l’État Kachin. De nombreux civils ont été soumis au travail forcé, violés, torturés et tués. Plus de 20 000 civils ont été forcés à fuir leurs villages en conséquence de ces attaques.
 
Selon la Kachin Women’s Association Thailand (KWAT), les atrocités commises envers les civils, particulièrement envers les femmes et les enfants, sont en augmentation depuis ces derniers mois. En septembre, l’armée gouvernementale a déployé 1000 soldats de 9 bataillons différents pour s’emparer de bastions kachin dans le Nord de l’État Shan, au Nord Est du pays. L’organisation de femmes a récemment publié un rapport intitulé « La guerre cachée de Birmanie: les atrocités commises contre le peuple kachin » (Burma's Covered Up War: Atrocities Against the Kachin) qui documente les atrocités commises par l’armée birmane depuis la rupture de l’accord de cessez-le-feu avec la KIA le 9 juin dernier. 37 femmes et fillettes ont été victimes de viol au cours des deux premiers mois du conflit ; 13 d’entre elles ont été assassinées. Au cours du mois de septembre, d’autres cas de viols ont été répertoriés. Certaines femmes ont subi des viols collectifs, auxquels les membres de leurs familles ont été forcés d’assister.
 
L'augmentation des attaques dans l'Etat Kachin est en parfaite contradiction avec les discours du gouvernement sur la paix et la réconciliation nationale, ainsi qu’avec les signes de changements observés dans le domaine politique.  Info Birmanie accueille favorablement l’ouverture d’un dialogue entre les autorités birmanes et Aung San Suu Kyi, la récente décision du Président Thein Sein de suspendre le barrage Myitsone, sa proposition de mettre en place des négociations de paix avec les groupes armés ethniques ainsi que la perspective d'une amnistie générale pour les prisonniers politiques. Nous encourageons le Président Thein Sein à continuer sur cette voie et appelons la communauté internationale à répondre de manière positive et adéquate, si des changements substantiels et irréversibles ont bien lieu.  Cependant, si le régime compte véritablement mettre fin aux terribles violations des droits de l’homme dans les régions ethniques, les discours sur la paix et l’unité doivent êtres suivis par des actions concrètes.
 
Nous demandons instamment à l'armée de cesser ses attaques à l’encontre des populations civiles dans l’État Kachin, de mettre fin à sa campagne de terreur dans tous les États ethniques, et de s'engager dans un dialogue constructif avec les groupes issus des minorités ethniques pour mettre un terme  à des décennies de guerre civile et de souffrance en Birmanie. Nous appelons également la communauté internationale à fournir une aide humanitaire d'urgence aux dizaines de milliers de déplacés Kachin le long de la frontière chinoise. Alors que de nombreuses voix s’élèvent à propos d’une possibilité de changement en Birmanie, il est temps de saisir cette opportunité pour soutenir concrètement la population birmane dans ses efforts de paix, de démocratisation et de réconciliation nationale.
La KWAT appelle la communauté internationale à mettre un terme à sa politique attentiste et à faire pression sur les autorités birmanes afin qu’elles cessent les attaques armées et apportent d’urgence une aide humanitaire aux déplacés kachin. « C’est cette politique attentiste qui a permis au régime d’enclencher ces nouvelles attaques. C’est elle qui permet à l’armée birmane de continuer à attaquer les femmes et les enfants. Cette politique attentiste équivaut à une peine de mort pour nous » a déclaré Shirley Seng, porte-parole de la KWAT.
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1 La Kachin Women’s Association Thailand (KWAT) est une organisation à but non lucratif qui représente les femmes Kachin et œuvre à l’élimination de toutes les formes de dicriminations dans l’Etat Kachin, particulièrement celles à l’encontre des femmes. Vous pouvez consulter leur site et leur dernier rapport : /http://www.kachinwomen.org/.
Contact:      Shirley Seng  + 66 86- 9238- 854
Moon Nay Li  + 66 85- 6251- 912
Email:            kwat@loxinfo.co.th

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie
La situation en Birmanie toujours plus préoccupante

L'Association Suisse-Birmanie demande que la Suisse soutienne une commission d'enquête internationale

Genève, 8 août 2011 - En cette période de commémoration des massacres du 8 août 1988, la situation en Birmanie ne cesse d’inquiéter gravement les organisations humanitaires et de défense des droits humains.

En effet, dans l’indifférence quasi générale, l’armée birmane a poursuivi ses attaques contre les populations des Etats kachin, Shan et Karen qui se sont traduites par des crimes contre des civils, des viols collectifs, l’enrôlement de milliers de personnes pour des travaux forcés, etc. Des dizaines de milliers de villageois ont donc été forcés de fuir leurs maisons et leur région.

Après le simulacre d’élections « démocratiques », et malgré la libération de la leader de l’opposition Aung San Suu Kyi, le régime a continué à bafouer les droits élémentaires de sa population et a persisté à refuser toutes les offres de dialogue proposées par les représentants des partis d’opposition.

Seize pays dont douze pays européens, ont pris position en faveur de la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Birmanie.

Depuis 1992, l’assemblée des Nations Unies a appelé à de nombreuses reprises la Birmanie à respecter les Conventions de Genève. Depuis 1997, l’Assemblée a lancé 18 appels en vue d’enquêtes sur la situation dans ce pays. Si le régime poursuit impunément ses crimes et la violation du droit international, cela nuit à la crédibilité des institutions internationales et envoie un message qui tend à encourager les dictateurs dans d’autres pays.

Les pays européens, y compris la Suisse, ont une responsabilité pour faire respecter les principes élémentaires de la démocratie et faire en sorte qu’une commission d’enquête soit mise en place. C’est pour toutes ces raisons que l’Association Suisse birmanie (ASB) appelle le gouvernement suisse à se joindre aux Etats qui exigent la création d’une telle commission sans délai.

Laurence Fehlmann Rielle, présidente

            Colin Archer, vice-président

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Communiqué d'Info Birmanie
l'ASB s'associe à cette nouvelle inquiétude
Risque de guerre civile après une offensive de l'armée dans l'État Kachin - Birmanie

14 juin 2011 - Des affrontements ont débuté jeudi 9 juin, entre l'armée birmane et l’armée indépendante kachin (KIA), faisant sept morts dans une région du nord du pays, à proximité de la frontière chinoise, a indiqué lundi un porte-parole du groupe armé, issu de la minorité ethnique kachin.

La KIA, qui compterait au moins quelques milliers de combattants, a jadis été l'un des plus puissants groupes de rébellions de Birmanie. Elle contrôle des pans entiers du nord de l'Etat Kachin, malgré un cessez-le-feu signé avec la junte en 1994. Des tensions avaient émergé l’année dernière après que la KIA ait refusé d’intégrer la garde frontalière (Border Guard Force)[1] sous la direction de l’armée. Par ailleurs, des projets hydroélectriques développés dans la région par des groupes chinois ont accru les enjeux locaux.

Le chef d'état-major adjoint de la KIA, Gwan Maw a déclaré que les combats pourraient se propager et mener à l’éclatement d’une guerre civile si le gouvernement refusait de négocier une trève avec la KIA, bras armé de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO).

Le régime n’ayant pas répondu à l’ultimatum lancé le 13 juin par la KIA pour entamer un dialogue pacifique, le groupe rebelle a « donné l'ordre à toutes ses forces de lancer une guerre de résistance à grande échelle contre l'attaque menée par les troupes du régime militaire birman » a  ajouté Gwan Maw. Des centaines de soldats de l’armée gouvernementale ont été déployés dans cette région du nord après que la KIA ait refusé de renoncer à sa base stratégique. Celle-ci est située à proximité d'un projet hydroélectrique important construit par l’entreprise chinoise China Datang Corporation, provoquant des tensions qui ont dégénéré en une attaque par les troupes gouvernementales.

Selon Info Birmanie, « Les Nations unies doivent de toute urgence appeler le Président Thein Sein à accepter un accord de cessez-le-feu à l’échelle nationale et à résoudre les problèmes politiques qui déchirent le pays par le biais du dialogue plutôt que par l’utilisation de la force armée. L’ONU devrait en outre mettre en place une Commission d’enquête sur les potentiels crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés dans le pays, le plus souvent dans le cadre de ces attaques armées. Les graves violations des droits de l’homme augmentent à mesure que ces affrontements se multiplient. La communauté internationale ne peut pas continuer à laisser le régime birman violer, piller, torturer et déplacer des populations entières dans l’impunité la plus totale. »

[1] initiative de la junte visant à intégrer les groupes armés ethniques dans les forces armées gouvernementales

Déclaration du Réseau Européen
sur la crise qui sévit dans l'Etat Shan - Birmanie

et recommandations aux Gouvernements européens (y compris la Suisse)

18 mai 2011 - Communiqué du Réseau Européen pour la Birmanie(*) sur la crise qui sévit dans l’Etat Shan (*)Réseau Européen pour la Birmanie ou EBN (Euro Burma Network) est un réseau composé d’organisations du mouvement démocratique birman et d’organisations de soutien au mouvement basées en Europe

Le 13 mars 2011, le régime birman a brisé un accord de cessez-le-feu signé il y a 22 ans avec la Shan State Army – North (SSA-N), un groupe armé issu de la minorité ethnique Shan.  3500 soldats de l’armée gouvernementale birmane ont participé à cette offensive dans le  nord de l’Etat Shan, une région où vivent près de 100 000 habitants.  Soixante-cinq affrontements ont été signalés dans les trois premières semaines après la rupture du cessez-le-feu. Les civils sont pris pour cible lors des offensives militaires et des bombes de mortier sont lancées sur les villages. Exécutions et détentions arbitraires, torture, pillages, viols, déplacements forcés de population et travail forcé figurent parmi les exactions commises par l'armée birmane jusqu’à ce jour. Ces dernières constituent des violations du droit international.

En vertu de la nouvelle Constitution de 2008, l'armée gouvernementale birmane est la seule organisation armée autorisée dans le pays. Les organisations ayant signé des accords de cessez-le-feu  ont pris part à la Convention Nationale ayant élaboré les principes cette Constitution. Chacune de leur proposition visant à accorder un certain niveau d'autonomie aux états à majorité ethnique et une protection de leurs droits ethniques et culturels ont été rejetés par la dictature.

Ces affrontements avec Shan State Army – North marque la troisième rupture des accords de cessez-le-feu entreprise par le régime birman au cours des deux dernières années. De tels évènements augmentent la menace de rupture de tous les autres accords de cessez-le-feu.  Un conflit à plus grande échelle jusque dans les Etats Mon, Karen, Karenni , Shan et Kachin pourrait en être la conséquence désastreuse. Le résultat serait une crise humanitaire majeure et une augmentation massive des violations des droits de l'homme à l’encontre des civils.

L'Union européenne a déclaré à plusieurs reprises que le dialogue était l’unique moyen de résoudre les problèmes politiques que connaît la Birmanie. Tous les groupes armés issus des minorités ethniques  - celles ayant signé un accord de cessez-le-feu, comme celles qui ne l’ont pas fait - sont prêtes à engager un dialogue. Cependant, les autorités birmanes ont de nouveau recours à la violence plutôt qu’au  dialogue et prennent délibérément les civils pour cible de leurs attaques militaires.
 
Les crimes commis contre des civils:
La Shan Human Rights Foundation, organisation shan de défense des droits de l’homme, a documenté les violations des droits de l’homme commises par l'armée birmane dans l'Etat Shan depuis que le cessez-le feu a été rompu. Voici ce qu’elle a constaté:

Bombardement de civils:
Le 13 mars, l'armée birmane a tiré au mortier sur le village de Nam Wan Lao, frappant un temple et tuant quatre moines novices. Deux villageois ont été blessés. Dans une autre attaque, onze  villageois ont été blessés par tirs de mortiers.

Travail forcé:
Les villageois sont souvent contraints à travailler en tant que porteurs et guides pour l'armée birmane. Ils doivent transporter du matériel militaire ainsi que l’approvisionnement en nourriture. Le 18 mars, cinquante femmes ont été contraintes de transporter du matériel militaire pour l'armée birmane dans la montagne de Larn Loi.
 
Déplacement forcé:
L’armée a menacé 200 familles dans quatre villages dans le district de Kun Hing de brûlé leur village s’ils refusaient de s’installer dans un nouveau village.

Pillage:
Les soldats de l'armée birmane ont pillé des réserves alimentaires, du bétail, des médicaments, des couvertures, de l’argent, des voitures et d’autres objets de valeur appartenant à des villageois.
Ils ont également confisqué les chars à bœufs des agriculteurs pour transporter leur butin. Parfois, lorsque certains aliments ne peuvent être transportés, ils sont détruits plutôt que laissés aux villageois.

Détention arbitraire:
Dix jeunes du village de Nam Lao ont été ligotés et détenus dans une maison par des soldats de l'armée birmane. Ils ont été accusés de ne pas donner d’informations sur les allers et venues des troupes de la SSA-N.
 
Torture:
Les passages à tabac sont la forme la plus courante de torture utilisée par l'armée. Une femme du district de Kesi a été ligotée pendant une semaine en guise de punition car son frère aurait soi-disant mené une attaque contre l'armée birmane. Un garçon de 16 ans a été torturé et selon les témoins, il était couvert de sang.

Boucliers humains:
Dans certains cas, les personnes soumises au travail forcé sont utilisés comme boucliers humains. Ils doivent marcher devant, au milieu, et à l’arrière des bataillons de soldats de l'armée birmane afin d’empêcher les attaques. Cette stratégie est utilisée car l’armée sait que la Shan State Army - North ne veut en aucun cas blesser des civils.

Viol:
Plusieurs cas de viols collectifs par des soldats de l'armée birmane ont déjà été signalés. Le 21 mars dans le village de Viet Lao, Nang M, une femme de 30 ans, a été violée par un plusieurs soldats. Elle est décédée immédiatement après avoir été violée. Une autre femme a été violée dans le village, le même jour.

Deux femmes du village de Wan Pa Tab ont également été violées, la date exacte n'est pas encore connue.

Le 23 mars les troupes des bataillons 291 et 33 d'infanterie légère de l'armée birmane  ont violée Nang B, une jeune fille âgée de 19 ans, sur une route en dehors de son village.

Le 26 mars une jeune femme muette de 25 ans, du village de Wan Mai Kai a été violée par des soldats du bataillon 147 d'infanterie légère.

Exécution arbitraire:
Le 19 mars 2011, l'armée birmane a accusée Sai Ar, un homme muet de 28 ans, d'aider les troupes de Shan, et l'ont abattu.
 
Nous demandons instamment à l'Union européenne d’appeler publiquement le régime birman à mettre fin à l'utilisation de la force militaire pour faire face aux problèmes politiques du pays et à mettre fin aux attaques perpétrées dans l'Etat Shan.
Nous demandons également l'Union européenne d’appeler à un cessez-le-feu  à l'échelle nationale.

L'Union européenne doit fournir une assistance humanitaire aux personnes touchées par le conflit, et apporter un soutien financier à l’aide transfrontalière qui  est le seul moyen de venir en aide aux populations vivant dans les zones où les organisations humanitaires sont interdites d’accès.

La Commission européenne devrait cesser ses réductions des financements alloués aux réfugiés  birmans en Thaïlande, et devrait à l’inverse augmenter son soutien financier.

La communauté internationale a maintes fois déclaré que la solution aux problèmes en Birmanie se trouve dans un dialogue tripartite entre le régime militaire, le mouvement pour la démocratie, et les groupes ethniques. Cependant, aucun effort significatif n'a jamais été entrepris pour assurer la mise en place de ce dialogue. Les efforts visant à assurer un tel dialogue devrait être une priorité absolue pour la communauté internationale, y compris l'Union européenne, dans son engagement avec le régime birman. 
 
Actions Birmanie (Belgium)
Association Suisse-Birmanie (Switzerland)
Austrian Burma Center (Austria)
Azione Birmania (Italy)
Burma Aktion (Germany)
Burma Campaign UK (UK)
Burma Center Netherlands (Netherlands)
Christian Solidarity Worldwide
CISL (Italy)
ESP-Stockholm – (Sweden)
European Karen Network
FIDH
INFO BIRMANIE (France)
NCUB-Europe
Norwegian Burma Committee (Norway)
Olof Palme International Center (Sweden)
People in Need (Czech Republic)
Social Democratic Student's of Sweden (Sweden)
Society for Threatened Peoples (Germany)
Swedish Burma Committee (Sweden)

 

Déclaration du Réseau Européen
sur la situation en Birmanie

et recommandations aux Gouvernements européens

17 février 2011 - Les membres du Réseau Européen sur la Birmanie - European Burma Network (EBN) - se sont réunis à Prague, en République tchèque, les 12 et 13 Février 2011. L’EBN rassemble des organisations de promotion des droits de l'homme et de la démocratie en Birmanie, et travaille en solidarité avec le mouvement démocrate birman.

Les membres de l'EBN sont vivement préoccupés par le manque total d’amélioration de la situation des droits de l'homme en Birmanie, et l'absence de tout progrès vers une véritable démocratisation.

Les élections qui se sont tenues en Birmanie en novembre 2010 n’ont aucune crédibilité. Elles ne sont pas conformes aux standards internationaux et n’ont été ni libres, ni équitables. Un nombre considérable de fraudes électorales en faveur du principal parti politique créé par la dictature militaire, l'USDP (Union Solidarity and Development Party) ont eu lieu. De plus la tenue de ces élections a entraîné l’entrée en vigueur de la Constitution de 2008, conçue pour assurer la pérennité de la dictature militaire.

De ce fait, les résultats des élections ne sont pas crédibles et ne représentent pas la volonté réelle du peuple de Birmanie. Les parlements n'ont aucune légitimité et aucun mandat pour représenter le peuple. Le Président, les Vice-présidents et les membres du gouvernement nommés, provenant pour la plupart des rangs de l'armée, confirment la stratégie du régime militaire pour maintenir son emprise sur le pouvoir.
 
Ainsi, la Birmanie continue d'être gouvernée par une dictature brutale qui commet de graves violations des droits de l’homme. Il n'y a aucun signe d’une volonté d’entamer le processus de changement tant demandé par le peuple de Birmanie et la communauté internationale.

 

1.  Les prisonniers politiques et les violations des droits de l’homme

Les membres de l’EBN saluent la libération d’ Aung San Suu Kyi. Cependant, elle ne doit pas être interprétée comme un signe de progrès politique en Birmanie. En premier lieu, Aung San Suu Kyi n’aurait jamais dû être placée en détention. L'Organisation des Nations Unies a déclaré que sa détention était en violation du droit international. Aung San Suu Kyi a été libérée en 2002 dans le cadre d'un processus de dialogue politique négocié par l'Organisation des Nations Unies. A l'heure actuelle, aucun processus de ce type n’a lieu, et le régime continue de rester sourd aux appels de la communauté internationale, y compris ceux de l'Union européenne, d’entamer un dialogue.

Depuis 2007, le nombre de prisonniers politiques a doublé. Aujourd'hui, ils sont plus de 2100 et le régime continue de nier leur existence. La junte continue également ses attaques armées envers les groupes ethniques de Birmanie. Les violations des droits de l’homme continuent depuis les élections, notamment les exécutions extrajudiciaires, les viols, l'utilisation massive du travail forcé, l'utilisation de démineurs humains, le recrutement d'enfants soldats, la confiscation de terres, les déplacements forcés et les attaques militaires contre les civils. Toutes ces violations constituent de possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité.


2. Sanctions

Compte tenu de la situation actuelle en Birmanie, il n’y a aucune justification à la levée des sanctions existantes imposées par l’Union européenne envers le régime birman et ses alliés.

Tous les ministres du gouvernement, anciens et actuels, doivent être automatiquement placés sur la liste d’interdiction de visa de l'Union européenne. Agir autrement reviendrait à envoyer le mauvais message à la junte, et pourrait être interprété comme le signe qu’un changement a lieu au sein du système politique birman, ce qui n’est pas le cas. Le seul changement survenu est le changement de structure qu’utilise le régime pour perpétuer sa domination.

Compte tenu de cette absence de changement véritable, il n'y a pas aucune justification à la levée de l'interdiction de visites ministérielles en Birmanie. Cela enverrait non seulement le mauvais signal, mais risquerait également de rendre encore plus confus et contradictoire le message que le régime reçoit de l'Union européenne.

Nous saluons la récente déclaration sur les sanctions faite par la Ligue Nationale pour la Démocratie, appelant au dialogue avec l'Union européenne afin de discuter des circonstances dans lesquelles les sanctions seraient susceptibles d'être modifiées. Cela comprend l'établissement de critères clairs tels que la libération de tous les prisonniers politiques.

Nous appelons les gouvernements de l'Union européenne à respecter pleinement la décision commune européenne sur la Birmanie, de ne pas contredire publiquement les engagements pris par cette décision, et de mettre en place un contrôle de l’application de ces sanctions.


3. L'assistance aux communautés birmanes et à la société civile

Les membres de l’EBN restent également profondément préoccupés par le fait que la Commission européenne, ainsi que d'autres bailleurs de fonds européens, réduisent l'aide aux réfugiés dans les camps situés à la frontière birmano-thaïe, et refusent de soutenir financièrement les organisations médicales birmanes transfrontalières, qui constituent le seul moyen d’offrir une assistance vitale aux populations établies dans les zones ethniques où l’accès à l’aide humanitaire est interdit par le régime. L’aide humanitaire en Birmanie devrait être augmentée, y compris l'aide aux réfugiés, et l'aide transfrontalière. Par ailleurs, les projets de promotion des droits de l'homme et de la démocratie devraient être financés à une plus grande échelle via des groupes indépendants de la société civile basés à la fois à l'intérieur du pays et le long des frontières avec la Thaïlande, l'Inde, le Bangladesh et la Chine.


4. Les Nations Unies et la Commission d'enquête

Lors de la récente session de l'Examen périodique universel sur la Birmanie au Conseil des droits de l'homme, le régime birman a rejeté 16 propositions distinctes appelant au respect du droit international et à l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits de l’homme. Aucune action n'a été prise en réponse à la demande formulée dans les conclusions du Conseil des droits de l’homme en avril 2010 appelant le régime à respecter le droit international et à enquêter sur les violations des droits de l’homme.

L'Union européenne doit maintenant approuver les recommandations du Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme au Myanmar, et doivent exprimer publiquement leur soutien pour une Commission d'enquête sur les possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés en Birmanie. 14 pays ont déjà soutenu cet appel, dont 10 pays européens. 

Le mouvement démocrate birman, l'Union européenne et la communauté internationale, ont déclaré à plusieurs reprises que la solution aux problèmes en Birmanie résidait dans le dialogue. Le régime birman continue à refuser d’entamer un tel dialogue. L'Union européenne doit s'engager à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter ce dialogue, établissant comme critères prioritaires d’évaluation de l’évolution de ce processus la libération de tous les prisonniers politiques et un cessez-le-feu à l’échelle nationale.

Actions Birmanie (Belgique)
Austrian Burma Center (Autriche)
Association Suisse-Birmanie (Suisse)
Burma Action Ireland (Irlande)
Burma Campaign UK (Royaume-Uni)
Christian Solidarity Worldwide (CSW)
Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL)
European Socialist Party – Stockholm
European Karen Network
Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH)
Info Birmanie (France)
National Council of the Union of Burma (NCUB) – Europe
Norwegian Burma Committee (Norvège)
Olof Palme International Center (Suède)
People In Need (République Tchèque)
S-Students Sweden
Swedish Burma Committee (Suède)

Les sanctions à l’encontre de la Birmanie (Rapport de la Ligue Nationale pour la Démocratie, 8 février 2011)>>>

Aung San Suu Kyi enfin libre !
communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

L’Association Suisse-Birmanie salue la libération d’Aung San Suu Kyi en ce jour du 13 novembre 2010, après 15 ans de détention. C’est la troisième fois qu’Aung San Suu Kyi est libérée de son assignation à résidence surveillée, la dernière fois étant en 2003.
 
Nous sommes heureux d’apprendre qu’Aung San Suu Kyi a finalement été libérée de son assignation à résidence. Ce communiqué, malheureusement, n’annonce pas un signe de changement significatif pour la Birmanie. La libération d’Aung San Suu Kyi ne doit pas faire oublier à elle seule que la junte souhaite par là redorer son blason aux yeux de la communauté internationale après la parodie d’élections qu’elle a organisée le 7 novembre 2010. Il est indispensable qu’un processus de dialogue pour la réconciliation nationale entre la junte, la Ligue nationale pour la démocratie, les groupes ethniques, la libération de tous les prisonniers politiques et une restauration de la démocratie en Birmanie, soit entamé d’urgence afin d’éviter de nouvelles émeutes meurtrières dans un avenir proche de la part d’un peuple muselé depuis 1962.

L’Association Suisse-Birmanie serait heureuse de pouvoir favoriser et soutenir, dans un avenir proche, la venue d’Aung San Suu Kyi à Genève, capitale des droits humains, afin de faire connaître au monde la situation dramatique que vivent les peuples de Birmanie et de promouvoir une vraie démocratie dans ce pays.
 
Genève, le 13 novembre 2010.



OUI à des élections libres, NON à une sélection militaire
communiqué de presse de l'Association Suisse-Birmanie

Les élections prévues pour le 7 novembre 2010 par le régime militaire ne seront malheureusement ni libres ni démocratiques. Ce constat émane de nombreux observateurs de la communauté internationale, notamment le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits humains en Birmanie, ou de la part d'Etats comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Australie.

En effet, les nombreuses lois électorales instituées récemment empêchent toutes les forces politiques démocratiques de se présenter, que ce soit la Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, qui a été dissous il y a quelques mois. Autre exemple, les personnes autorisées à se présenter font l’objet de conditions drastiques : les moines, religieuses, anciens prisonniers politiques ou certaines minorités ethniques n’ont pas le droit de s’enregistrer comme candidats. De plus, une somme équivalant à Frs 750.- est exigée pour chaque candidat ce qui empêche la plupart des partis de prendre part aux élections. Enfin, la campagne électorale est totalement bridée : les défilés sont interdits de même que le déploiement de bannières et il y a interdiction de critiquer la junte ou l’armée.

Il y a lieu de rappeler que les lois électorales dépendent de la nouvelle constitution imposée en 2008, alors que celle-ci n’entrera en vigueur qu’après les élections ! Parmi les caractéristiques de cette constitution, un quart des sièges des deux chambres doit être automatiquement attribué à des officiers désignés par le commandant en chef de l’armée. Et la constitution ne peut être amendée que par les ¾ du Parlement au moins, bloquant ainsi toute réforme ne recevant pas l’appui de la faction militaire.

Le peuple birman subit depuis des décennies des abus et des violations très graves de ses droits élémentaires, à savoir :

-       Liberté d’expression, d’association et de réunion très limitée.

-       Absence de ressources suffisantes dans les domaines de l’éducation et de la santé.

-       Travail forcé, y compris pour les enfants, recrutement d’enfants soldats, attaques et viols utilisés comme armes contre la population civile, déplacements forcés de minorités ethniques.

-       Etc.

C’est pourquoi, avec de nombreux représentants de la communauté internationale, nous qualifions ces élections de parodie destinée à donner une légitimité à ce régime militaire impitoyable qui sévit depuis trop longtemps.

La Suisse doit s’associer au mouvement de protestation mondial qui s’est développé afin de faire pression pour qu’enfin la voix des forces démocratiques puisse se faire entendre. Dans l’immédiat, l’Association Suisse-Birmanie a lancé un appel aux parlementaires suisses afin qu’ils prennent position publiquement contre ces prétendues élections démocratiques.

Genève, le 4 novembre 2010. le dossier de presse est à télécharger ici

Statement from 17 European organisations
supporting human rights and democracy in Burma
05 Nov 2010

Election statement from members of the European Burma Network

We, the undersigned organisations, do not believe that fake elections due in Burma on 7th November will be a meaningful step towards the promotion of human rights and democracy in Burma. We therefore call on the international community to unite behind a revived UN-led effort to secure genuine dialogue between the dictatorship ruling Burma, the democracy movement, including Aung San Suu Kyi and National League for democracy, and ethnic representatives.

The extreme repression and human rights abuses taking place in Burma make it impossible for elections to be free and fair.

  • More than 2,100 political prisoners remain in jail, including more than 400 members of the main opposition party, the National League for Democracy.
  • Military attacks continue against ethnic groups, which the UN’s own Burma human rights expert has said should be investigated as possible war crimes and crimes against humanity.
  • The National League for Democracy has been banned.
  • Strict election laws make it impossible for political parties to operate freely.
  • Voting has been banned in many ethnic areas.
  • The cost of standing as a candidate is more than the average annual income in Burma.
  • Media is censored and biased towards pro-regime parties.

However, even if the elections were free and fair, it would not bring real change to Burma, as a new constitution which comes into force after the elections is written by the military solely to preserve dictatorship. With 25 percent of seats in Parliament guaranteed for the military, it is impossible to change the constitution, as more than 75 percent of votes in the Parliament are required. Power will lie not with parliament, but instead with a new National Defense and Security Council which will be dominated by the military.

Furthermore, by refusing to grant rights and some level of autonomy to Burma’s ethnic nationalities, and instead seeking to extend control over ethnic areas by forcing groups on ceasefire to submit to becoming part of the Burmese Army, the elections and new constitution threaten increased conflict and instability.

None of the reforms normally seen from a dictatorship beginning a process of change have taken place in Burma. Instead repression in Burma has increased.

Since 2003 the international community has largely focussed on trying to reform the dictatorship’s so-called roadmap to democracy. Not a single political reform or compromise proposed by the United Nations or others has been accepted.

The United Nations Security Council, United Nations General Assembly, United Nations Secretary General, the G8, European Union and many other governments have all stated that the solution to Burma’s problems lies in securing genuine dialogue between the dictatorship, the democracy movement and ethnic representatives. However, no serious coordinated effort to secure such dialogue has ever been made. The last serious effort to secure dialogue was initiated by UN envoy Razali Ismail ten years ago, but this largely excluded ethnic representatives.

It is time for Secretary General Ban Ki-moon to personally take the lead in securing dialogue that leads to national reconciliation and a transition to democracy. He should have the full and high level backing of governments around the world. The excuse that we must wait and see what happens with the elections can be used no longer. Now it is time for action.

The European Burma Networks brings together organisations promoting human rights and democracy in Burma, and works in solidarity with Burma’s democracy movement.

Actions Birmanie (Belgium)
Association Suisse-Birmanie
Austrian Burma Center
Burma Action Ireland
Burma Aktion (Germany)
Burma Campaign UK
Burma Center Prague
Christian Solidarity Worldwide
CISL - ITALY
European Karen Network
Info Birmanie
Norwegian Burma Committee
Olof Palme International Center, Sweden
People in Need, Czech Republic
PES Stockholm
Socialdemocratic Students of Sweden
The Swedish Burma Committee

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