Les témoignages du cyclone Nargis
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du samedi 14 juin 2008
Birmanie : après l'ouragan
de Alexandre Dereims - ARTE GEIE / Première Nouvelle - France 2008
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• 13 mai - Les images des journalistes de TF1, parvenus à passer les barrages de la junte birmane 11 jours après le cyclone, montrent que les sinistrés sont livrés à eux-mêmes.
"Ma maison est détruite"  Voir
Des villages dévastés
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•  6 mai -
Boris Grange, restaurateur suisse à Rangoon Interview
voir aussi l'article consacré au cyclone et à Boris Grange dans L'Illustré N°20 du 14 mai 
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5 mai - Des survivants du cyclone Nargis racontent leur calvaire
Quand le cyclone Nargis a frappé Rangoun, la plus grande ville de Birmanie, Win Myint a sauvé in extremis sa fille de deux mois alors que des vents violents venaient de déraciner un arbre qui a détruit sa maison. Lire la suite

Des nouvelles de Ma Thet Htar, le 27 juin 2008
un des 3 contacts que nous aidons directement

Lien vers les 3 contacts que nous aidons directement


Bonjour à tous et à toutes,


Voici le rapport de Zaw concernant le voyage de mardi dernier à Bogalay. Les mots parlent d'eux-mêmes, je me contente donc juste de les traduire pour les francophones.

Hier fut une longue journée de dix-huit heures. Nous sommes partis en voiture à trois heures du matin en direction du village de Payar Chaung, district de Bogalay. Cinq heures et demie passées sur une route dont l'état a encore empiré à cause de la mousson et des passages incessants de camions. Arrivés à Payar Chaung, la femme du docteur Saw Sai Mon Tha (qui travaillait dans le passé pour World Vision) nous attendait. De là, nous avons embarqué les donations sur un bateau pour nous rendre au village de Thar Pyan, qui se situe sur la berge du fleuve passant à Bogalay. Nous avons profité de cette heure et demie de navigation pour prendre une petite collation. Apres avoir tourné à droite et pris un embranchement de rivière, les manoeuvres ont commencé d'être plus difficiles, le niveau de l'eau étant très bas. Nous avons donc dû ralentir et faire attention pour ne pas nous embourber*.


J'étais assis sur la plateforme supérieure du bateau pour avoir une meilleure vue. Et ce que j'ai vu n'était pas beau à voir du tout... la dépouille d'un enfant, toujours là, flottant au gré des courants, après plus d'un mois.

Il y avait dans le passé 153 foyers à Thar Pyan, un peu plus de 500 habitants. Aujourd'hui, il ne reste plus que 95 maisons debout et 395 villageois. Selon le 'chargé de pouvoir' local, 120 personnes sont décédées, sans compter les bébés qui n'avaient pas été recensés avant la tempête. La plupart des villageois ont survécu en s'accrochant à des arbres. Nous aurions pu passer la journée à les écouter parler de leur triste expérience mais malheureusement nous n'avions pas le temps.

Deux réserves d'eau potable se trouvent dans le village. Mais elles doivent encore être vidées deux fois à l'aide de pompes à moteur pour être remplies d'eau de pluie (avant d'être considérées propres à la consommation). Pour le moment, il n y a pas d'autre solution que de boire de cette eau, en attendant qu'il y ait assez d'essence pour faire fonctionner les pompes.

Selon le 'chargé de pouvoir' local, le village a reçu du riz de la part de l'ONG en charge de la zone, Care Myanmar, et du PAM voici trois ou quatre semaines déjà.  Mais cela n'a été suffisant que pour deux semaines et cela n'etait que du riz, rien d'autre.

En visitant l'école primaire du village, nous avons pu constater que le toit (fait de plaques de fer) était neuf. Nous avons appris que l'UNICEF avait fourni ce toit, mais que les fenêtres, les tables et les chaises de écoliers étaient dans un triste état. Personne ne pouvait faire quoi que ce soit pour ces petits écoliers qui avaient désespérement besoin de 30 bureaux et de chaises. Les enseignants mêmes n'ont pas leur propre bureau. L'école n'a même pas de toilettes... J'ai pris quelques photos et j'ai pris note de ces besoins, après discussion avec les enseignants. Il y a dans cette école 70 petits et trois enseignants, les classes allant jusqu'au CM2.

Deux infirmières de l'église U Naw à Rangoun sont actuellement basées à Thar Pyan pour prendre soin des villageois. L'équipe du docteur SSMT et de sa femme fournit les médicaments et l'assistance nécessaires. La semaine dernière encore, quatre corps ont été découverts sous les
décombres d'une maison écrasée par un arbre.

Nous avons fourni de votre part à ces villageois : 100 moustiquaires de taille familiale et des nattes pour dormir, des ustensiles de cuisine, des seaux en plastique, des savons à usage corporel, des produits détergents, de la pâte de poisson, condiment essentiel à la cuisine birmane, des feuilles de thé, des pièces de coton blanc que les femmes utilisent lors de leurs menstruations ainsi que des matériaux de construction. Nous avons aussi donné de l'argent pour acheter dix ensembles de bureaux et de chaises pour l'école. Ne sachant pas le prix exact, les enseignants devant les commander à Bogalay, j'attends de voir le résultat avant de donner plus. La semaine dernière, nous avions déjà fait parvenir au village 100 sacs de riz, 100 longyis, de l'huile de cuisine, des onions, des pommes de terre, 200 barres de savon de base, 100 serviettes de toilette, 100 moustiquaires, des vêtements chauds, de la pâte de poisson etc.

Cette semaine, nous allons acheter des manuels d'école, des crayons de papiers, des taille-crayons, des règles, des gommes, des livres d'exercice et des sacs pour les 70 écoliers, ainsi que des uniformes verts et blancs pour les enseignants. La femme du docteur SSMT revenant à Rangoun samedi et repartant lundi, nous allons déposer tout cela chez elle, à Rangoun, afin qu'elle puisse les emporter.

La semaine derniere, SSMT s'est rendu dans le village de Kut Tha Pyin et a constaté que le toit de l'école primaire n'avait été remplacé ni par l'UNICEF ni par une quelconque ONG. Nous allons donc enquêter et si ces organismes ne sont pas sur le point de faire cette donation, nous allons nous substituer à eux et fournir les matériaux de construction, devant coûter environ 645 euros.

Les villageois étaient si heureux et ont tellement apprecié tous ces dons qu'ils nous ont remerciés de nombreuses fois.

C'est maintenant à mon tour de vous remercier tous pour votre aide, votre générosité et votre soutien. Merci à tous.

Cette semaine et certainement la semaine prochaine, ayant beaucoup de travail au studio suite à un projet important à Mandalay et à Pyin Oo Lwin, je ne vais pas avoir le temps de me rendre dans le delta.

Comme vous le constatez, nous sommes en deuxieme phase, celle de la reconstruction. Nous continuons donc de communiquer avec l'équipe du Dr SSMT pour savoir quels sont les besoins sur place, afin de faire un envoi prochain en direction de Bogalay.

Encore merci à tous.


Aurore et Zaw
.................

et voici le texte original en anglais :

It was an eighteen-hour day yesterday.  We started at 3:00 am and headed for Payar Chaung Village, Bogalay by car.  It was five-and-a-half-hour drive. The road has gone worse due to the monsoon rain and over loaded 10-wheel and 12-wheel trucks.  When we got to Payar Chaung Village, Sayarmagyi (Dr. Saw Sai Mon Tha's wife, who used to work for World Vision Myanmar) was ready and waiting for us.  We loaded the relief goods that we brought with us onto the boat and went to Thar Phyan Village, which is on the Bogalay river bank.  We had our early branch on the boat and after more than one and-a-half-hour boat ride we had to turn right and went through a small inlet and as the tide was low
we had to slow down the engine and manoeuvre the boat very carefully not  to get stuck.

I was sitting on the roof of the boat to have a better view and what I saw wasn't very pleasant, actually not pleasant at all...a floating child's dead body.  Still there after more than a month!

There used to be 153 houses with over 500 people living in Thar Phyan Village.  Now there are 95 houses with 395 people living and according to the "Acting as In-charge" person, more than 120 people died.  He was not precise as he couldn't tell how many new born babies were there when
the storm hit the area.  Most of them survived hanging on to trees and I am sure that we could spend the whole day listening to their stories but  we didn't have the time to do so.  The village has 2 drinking water ponds which need to be pumped out 2 more times and fill them up with  rain water. Unfortunately, they have no choice but to drink that water for the time being and wait until they have the opportunity to pump out the water, that is when they have the diesel.  According to "Acting as In-charge" they have received rice from Care Myanmar or WFP once, it was good for 2 weeks and that was 3 weeks ago but another villager said it was 4 weeks ago.  It was only rice nothing else.

We checked the village elementary school and found out that the new roof (galvanized iron) was provided by UNICEF but the windows, tables and chairs for the students were badly damaged by the storm and I don't think anybody is going to do anything about it. Twenty five desk & chair sets need to be replaced and they are short of 5 sets.  The teachers do not have their own tables and chairs as well and last but not least, no toilets for the school. I took a few photos inside, spoke to the teachers, asked them their needs and wrote down everything.  There are 70 students, 3 teachers teaching up to 4th grade.

There are two nurses from U Naw Church in Yangon staying in the village and taking care of the villagers.  Sayarmagyi's team is providing necessary medicines and assistance.  They told us that about a week ago the villagers found 4 more bodies under a house which was crushed by the tree.

On your behalf we donated and distributed: mosquito nets & mats (family size) 100 each, cooking pots, plastic buckets, body soap, washing soap, fish paste, tea leaf, white cotton cloth (one metre square) for women monthly use and tools for construction.  We also donated cash to buy new desk & chair sets for the school.  They might get 10 sets with the cash that we donated, I am not sure how much one set would cost as they have to order them in Bogalay and transported.  I will see what they get and if all goes well, we can provide the rest.  I would like to see the result first.  We managed to send 100 bags of rice last week, and 100 long-gyis, cooking oil, onions, potatoes, 200 soap bars, 100 towels, 100 mosquito nets, warm clothes, fish paste, etc. the week before.

We'll buy exercise books, pencils, sharpeners, rulers, erasers, text books, school bags for 70 students and uniforms for the teachers during this week and send them to Sayarmagyi's house in Yangon.  She'll come back on Saturday evening and go back on Monday morning.

Last week, Sayargyi went to Kut Tha Pyin Village and found out that the roof of the school has not been provided by any organizations or INGOs or private group like us.  We'll try and find out what's happening and if it is going to take time for those organizations to decide something we are thinking of providing the necessary roofing materials which will cost around 1,000 dollars.

The villagers were so happy to receive all those things and thanked us all many times and also said that they liked all the items we donated.

Now it is my turn to thank you all for your help, concern and generosity. Thank you all.

Well, for the moment, this whole week and most probably next week, I am heavily burdened with pre-processing and post production work of the project I did last week in Mandalay and Pyin Oo Lwin so I will not be able to go to the delta.

 

Des nouvelles de Ma Thet Htar, le 7 juin 2008

Bonjour à tous et à toutes,

Tout d'abord, merci, encore merci, pour cet élan de solidarité transnational. Grâce à votre générosité, nous avons collecté près de 5000 Euros. Certes, ce ne sont pas les milliards débloqués par la communauté internationale, mais vous pouvez être sûrs d'une chose: pas un de vos centimes n'est gâché ou bien détourné.

Hier, Zaw est reparti sur le terrain pour la troisième fois. Le contact établi à Pyapon indiquant que des villages du groupe de Djon djaik, district de Chaiklat, n'avaient encore reçu aucune aide, nous avons décidé d'orienter les dons dans cette direction. Toute une équipe est partie, accompagnée de plusieurs donateurs et surtout de dix médecins, pour fournir à  quatre villages les produits de première nécessité: eau potable, riz, huile, vêtements, chaussures, bâches, matériaux de construction, et bien sûr médicaments.

Zaw part de Rangoun à quatre heures du matin, avec ses assistants, dans sa propre voiture, qu'il a faite réviser en prévision de routes difficiles, et rejoint le reste de l'équipe. Apres trois heures de route, arrivée à Chaiklat, puis direction Djon djaik. Arrivée au bord du fleuve, il faut transférer les passagers et les biens sur des bateaux, puis naviguer pendant deux heures avant d'atteindre le premier village. Là, l'équipe se sépare en deux et la moitié part vers le deuxième village. Le temps est compté, et il faut visiter quatre villages dans la journée, deux pour chaque équipe. Les médecins, cinq dans chaque équipe, doivent voir l'ensemble des patients d'un village, environ deux cents personnes à Djon djaik, en deux heures... tétanos, fausses-couches, infections diverses, diarrhées ... la santé des survivants, mal-nourris, buvant de l'eau non potable et vivant dans des conditions hygiéniques déplorables, se dégrade au fil des jours. Les plus touchés sont les paysans tenanciers, vivant dans la rizière mêmes, dont les huttes ont été renversées.

Notre contribution est importante lors de ce voyage, puisque nous fournissons la base de la nourriture locale, le riz. 186 sacs sont répartis entre les quatre villages, ce qui va leur permettre de tenir de dix jours à deux bonnes semaines. Le prix du sac étant de 13000 kyat (11.4 dollars), nous avons avancé plus de 2100 dollars, entre 1400 et 1500 euros.

L'aide internationale est aux portes du delta, pour le moment concentrée à Rangoun. Les membres des ONG et organisations internationales sont officiellement autorisées à aller sur le terrain. Mais leur efficacité est fortement réduite par le poids de la bureaucratie locale. À chaque déplacement, il faut faire une demande auprès des autorités et les permissions arrivent au compte-goutte... le processus est donc lancé, mais il faut encore attendre pour voir de vrais résultats sur le terrain. Et quand je parle de terrain, je parle bien des villages et non pas des camps de réfugiés. Car les paysans, attachés à leurs terres, préfèrent rester là, dans des conditions précaires, plutôt que de s'exiler vers des camps étrangers, où l'on utilise du papier toilette (inconnu dans les villages reculés) et où l'on mange des biscuits énergétiques (seul le riz compte en Birmanie) ... Une fois sur le terrain, les organisations internationales vont donc avoir à faire face au fossé culturel énorme séparant leurs valeurs de celles de paysans enracinés dans leurs traditions depuis des siècles.

Nous avons maintenant à faire face à deux genres de situation. Certaines zones sont en deuxième phase, essayant de reconstruire et de préparer les rizières. Mais la plupart des zones sont encore en phase de survie. Les petites structures continuent donc d'agir, animées par des médecins, des artistes, des hommes d'affaires, tous bénévoles et partant sur le terrain pendant le week-end.  Le prochain voyage de Zaw sera cette fois en direction de Bogalay, où le docteur continue de faire des miracles. Nous enquêtons cette semaine afin de savoir quelle zone a le plus besoin d'aide immédiate.

Merci encore de votre confiance et de votre générosité.

 

Des nouvelles de Ma Thet Htar, le 24 mai 2008

Les organisations internationales et les ONG ont leur terrain d'action, limité aux villes et aux camps de réfugiés en général, mais elles sont sérieuses. Les petites structures comme la nôtre, sans étiquette et birmanes, passent inaperçues et vont au coeur du problème. En général, ce sont des distributions dans les villages, distributions qui se font par barques à moteur, pendant des heures, sans carte et sans GPS, en suivant les courants montants ou descendants. Les villageois atteints donnent des informations sur d'autres villages a proximité, ce qui permet de recenser tous les survivants.   Les donations s'orientent aussi vers les monastères, où affluent sacs de riz et autres produits de première nécessité, car un monastère qui fonctionne, cela équivaut à un refuge pour toute la population des survivants, qui se rendent avant tout au monastère qu'ils connaissent...Voilà ce que font les petites structures.

Nous avons reçus des dons en vêtements, en nourriture et de l'argent. Nous continuons de travailler avec un docteur de la région sinistrée. Parallèlement, nous avons établi un contact a Pyapon, la préfecture du district dans lequel se situe Bogalay et beaucoup des villages affectés, car beaucoup de villageois nécessiteux se rendent à la ville ou y font passer des messages pour avertir de leur existence et de leurs besoins. Pour le moment, nous sommes toujours dans la gestion d'après crise, pour tenter de les faire survivre. Ils manquent toujours d'eau potable, les eaux salées du delta ayant souillé leurs sources d'approvisionnement. De plus, ces eaux saumâtres noient tout espoir de pouvoir semer le riz pour la saison prochaine, c'est à dire fin mai début juin. Sans compter que leur bétail est mort et que leurs carcasses polluent d'autant plus les eaux du fleuve....

Donc, le cercle vicieux continue et l'aide doit se poursuivre pendant des mois. Les besoins sont les mêmes que lors de mon dernier e-mail, nourriture, eau, vêtements, couvertures, moustiquaires, bâches, bambous et bien sûr aide médicale. Les équipes partent toujours avec des médecins de Rangoun bénévoles, avec des infirmières et les médicaments de base, ce qui complète le travail admirable de la clinique de Bogalay, traitant les cas sérieux. Ces derniers jours, la situation est tendue, en prévision du référendum et de la présence du secrétaire général des nations unies. Des émeutes se sont produites  sur la route de Bogalay. L'accès à la route est donc bloqué depuis Rangoun, les convois sont contrôlés. Nous allons donc attendre quelques jours que la situation se débloque et nous reprenons nos activités dès le début de la semaine prochaine, toujours en direction de la zone Pyapon-Bogalay.

Si vous croyez en notre action ou si les donateurs y croient, donnez. Maintenant, dans quelques jours, dans plusieurs semaines voir plusieurs mois. Le processus d'aide doit être durable. Même si les choses ne se débloquent pas au niveau international, les petites structures, et nous ne sommes pas les seuls, continuent leur action.

Merci de votre aide, merci de votre soutien.

Des nouvelles de Birmanie de Ma Thet Htar, travailleuse humanitaire, le 19 mai 2008

Quinze jours après le passage de Nargis, les quartiers aisés de Rangoun fonctionnent à nouveau, bien que la ville soit privée de nombre de ses arbres. Mais les quartiers pauvres sont toujours privés d'eau et d'électricité et beaucoup de sans-abris s'entassent dans les monastères, dans des conditions précaires. Quelques ONG, des expatriés  et, surtout, beaucoup de volontaires birmans sont actifs sur place, donnant et de leur personne et de leurs biens.

La situation dans le delta de l'Irrawady est toujours critique. L'après-crise a été gérée (à la birmane, c'est à dire) avec peu de moyens et des infrastructures pauvres. L'unique route menant a Bogalay, la ville du delta la plus touchée, est le seul îlot de terre boueuse émergeant de kilomètres de rizières inondées. Près de 600 villages se répartissaient dans ces vastes plaines, s'échelonnant le long du grand fleuve. Mais déchaînées par le cyclone, ses eaux se sont abattues en vagues destructrices sur de frêles huttes de bambous, emportant tout sur leur passage. Les survivants, accrochés à des arbres, ont pu atteindre la route et enfin Bogalay.

La ville elle-même est détruite, tout est à reconstruire. Cependant, l'unique clinique est toujours debout et fonctionne à plein, menée par un docteur très célèbre ici, entouré d'une équipe médicale motivée. Mais avec plusieurs centaines de patients, venant quotidiennement de toutes parts, la plupart d'entre eux ayant perdu la mémoire après le choc, la clinique fonctionne grâce aux dons de riches Birmans et d'entreprises solidaires. Mandalay, Rangoun, tous envoient des sacs de riz, de l'huile, des onions, mais aussi du gingembre pour faire des thés fortifiants, des médicaments et du matériel médical, des couvertures et des vêtements pour ces hommes, femmes et enfants ayant tout perdu. La solidarité nationale marche très bien et les autorités, bien qu'interdisant tout accès aux étrangers, laissent à peu près faire les volontaires birmans.

Cependant, pour être sûr que tout arrive aux survivants, il faut savoir comment faire passer ces dons. Le plus sûr est d'utiliser les convois organisés par le docteur. Les donateurs amènent directement leurs dons ou les fonds chez lui, à Rangoun, puis les transports sont organisés. Le docteur prend en charge lui-même, avec sa famille, les distributions de vivres, de vêtements et de médicaments dans les villages encore debout, où des camps ont été mis en place, les acheminant par barque. Nous nous sommes rendus sur place et avons vu les choses s'organiser très efficacement, sans aucune entrave. Un don de 200 euros a permis de fournir des couvertures et des vêtements à ces villages, alors qu'un gros donateur apportait du matériel médical d'urgence pour la clinique. Et les dons doivent continuer pendant au moins toute la saison des pluies, ces gens n'ayant plus rien et ne vivant que de ce qu'on leur fait parvenir. L'aide va t-elle se maintenir encore longtemps? Nous craignons qu'elle ne finisse par se tarir.

Mary, travailleuse humanitaire - 10 mai
The trees are laid down.
The streets are messed up.
Most houses and buildings are demaged.
The streets aren't crowded as usual.
The electricity wires and lamp posts are cut down.

This is the scene I faced when I put my feet down to Rangon city.
"Where did you come back from?", the taxi driver asked me. "From Bangkok", I replied, "Ohh!!! you are a fool, why are you coming back? You should have stayed and lived there forever. How come you came back to hell! If I could leave this hellish country, I would have spent my whole life abroad. This is a country not worth living!!!" he continued.

For me, it is not surprising to hear this kind of expression from the people of Burma where I grew up and a place where I never want to leave it alone. As the conversation went on, the taxi driver mentioned that he lived in Hlaing Thar Yar and his house got completely damaged but his taxi gave him fortune to earn money to survive.

I had to pay the taxi fare which is doubled than before. Not only does the transportation got expensive, are all the prices in the country rising day by day. My family told me that the shops were closed for days because they were afraid of being robbed. The people has gone starve. As i live in downtown area where there is no water if there is no electricity, I have to voluntarily participate in carrying the water from the available sources to the tank in the house. One of my neighbors told me, "It has been horrible for the last few days. We got sick because of the smell from the toilet, we didn't have enough water to flush the toilets properly."

Our youth development group is now collecting cloths, materials and donations from friends and neighbors of its' members and now sending those to the areas seriously damaged, So far, any news and information hasn't come out yet about the situation from Mon and Karen States though we've got flows of tragic news from Irrawady Division which is densely populated by the Karen and Rakhine ethnic people.

While the piles of dead bodies are increasing day by day, victims still remain no food, shelter, medicine, water and basic necessary things. Military government has been still hesitant to accept the humanitarian aid and resources from the international community which has been consistently urging for coming into Burma with loads of ways to help the people as soon as possible. The post-cyclone situation of lacking the clean water and enough food is killing more and more people because of the diseases. Still the regime defends not accepting the international help. People are now frustrated of the situation where the regime is choosing between the People's lives and Power( Referendum). In spite of the critical situation, the government held the referendum the rest of the places where there was no affect of the cyclone today on May 10 2008.

I have been wondering why the regime is till very hesitant to accept the international aid and resources. There are two potential reasons for that question as far as I can think of:
1) Because the regime don't want any hindrances or disturbance to their power struggle (Referendum).
2) There must be possible atrocity to the Karen and Rakhine ethnic people because Irrawady is the most affected place and which is also a place densely populated by Karen and Rakhine people.

The latter factor would be somehow related to the hatred of the Military towards to the Karen ethnic people who have been waged war by the regime for half of a century.

The story will be continued as I will go to Bogalay, Irrawady dvision on Monday with my NGO.

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