Privées de secours, de nombreuses personnes attendent encore de l'eau, de la nourriture, des abris et des soins de toute urgence, 3 semaines après la catastrophe naturelle. La junte refusant les entrées aux travailleurs humanitaires étrangers.
Vendredi 23 mai - La Birmanie a accepté de laisser entrer tous les travailleurs humanitaires étrangers, a indiqué Ban Ki-moon. Le secrétaire général de l'ONU s'exprimait après une rencontre avec Than Shwe, le chef de la junte birmane.
Actuellement il n'y a que 80 médecins sur place pour venir au secours de plus de 2 millions de sinistrés.
Petites notes en passant:
• Une personne de la junte à déclaré: "Il n'est pas nécessaire d'enlever les cadavres, les poissons s'en chargeront".
• Le matériel d'aide s'est vu changer d'étiquettes à l'arrivée en Birmanie, pour faire croire aux sinistrés que c'est la junte qui fournit ce précieux matériel.
• Une cargaison du CICR a coulé dimanche 11 mai près des côtes de l'Irrawady à cause d'un tronc d'arbre. Une autre de la marine française , à 20 km des côtes, n'a pas l'autorisation d'accoster.
• Than Shwe a réuni son état-major. Dans leur paranoïana habituelle envers l'occident, la junte s'inquiète. Les nombreux navires militaires américains et français, chargés d'aide humanitaires en attente d'autorisation d'accostage, représentent pour eux une menace d'invasion guerrière. Des militaires américains ont cherché une voie d'accès par la ville frontière de Mae Sot en Thaïlande; preuve pour Than Shwe et ses astrologues qu'il existe une menace "à l'irakienne".
Ils le savaient et n'ont rien fait
Les météorologues indiens avaient pourtant averti les autorités birmanes de la venue d'un cyclone avec un préavis de 48 heure. Le gouvernement birman n'a pas réagi, la population n'a pas été avertie. Le cyclone passé, les mesures entreprises pour venir en aide aux sinistrés s'est avérée insignifiante. La distribution d'eau est insuffisante, le gaz, le pétrole, les bouteilles d'eau et la nourriture sont maintenant hors de prix. L'électricité n'est toujours pas rétablie. Les Birmans, excédés par l'incapacité des autorités, ne se gènent plus pour critiquer ouvertement leurs dirigeants. "Les soldats se contentent de scier les arbres à terre au lieu de prendre soin de la population", selon des rescapés. "Certains sont venus nous photographier et sont repartis", déclare une villageoise souffrant de manque de nouriture et d'abri.
A noter que depuis le cyclone, le Généralissime Tha Shwe est resté introuvable pendant deux semaines, le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon n'arrivait même pas à le joindre. Il a soudain refait surface, photographié devant une urne du référendum et dans un film de propagande de la télévision nationale le montrant en visite auprès de sinistrés secourus.
Aide humanitaire suisse
Le CSA Corps suisse d'aide humanitaire, composé d'un médecin, de spécialistes de l’eau potable et de la construction ainsi que de deux logisticiens, ont enfin obtenus leur visas mercredi 14 mai.
Voir le communiqué de presse du CICR
La Suisse et la Birmanie