Localisation de l'Etat Karen
en rouge à l'intérieur de la Birmanie
Les Karens
un peu d'histoire

Du point de vue historique, les Karens descendent des mêmes ancêtres que le peuple mongol. Les premiers Karens (ou Yangs, comme ils étaient appelés par les Thaïs) se sont implantés dans le Htee-mset Met Ywa (les Terres des Sables qui Coulent : un pays qui avoisine la source du Yang-Tse-Kiang dans le désert du Gobi). À l'issue d'une longue migration de deux mille ans vers le Sud, ils sont entrés dans le pays qui s'appelle aujourd'hui la Birmanie. Ils découvrent les grands fleuves Irrawaddy et Salween qui s'élancent à travers les derniers contreforts de la chaîne himalayenne et, selon la plupart des historiens, furent les premiers à coloniser cette terre nouvelle. Ils s'y fixent en 730 avant J.-C. et y vivent en paix pendant deux siècles..., jusqu'à l'arrivée des Birmans...

L'État Karen, tel que l'a délimité la Constitution birmane de 1948, les deux fleuves ont été décrétés "frontière", n'abrite que la moitié de la population Karen de Birmanie, 6 millions d’entre eux se sont retrouvés birmans, les autres thaïs.

En 1950 les Karens créent leur propre état qu'ils nomment Kawthooleil (prononcer "kotoulé"), "le pays de la félicité".

Les Karens se répartissent en trois groupes : les Sgaus et les Pwos, appelés Karens blancs, établis dans la plaine ; les Bwes ou Karens rouges, dispersés dans la montagne. Ces groupes se subdivisent en de nombreuses tribus sans solidarité sociale ni véritable cohésion culturelle.

La religion chrétienne, introduite au début du XIXe siècle, s'est exclusivement implantée dans les villages du delta, l'animisme restant la religion la plus répandue. L'activité économique est centrée sur la culture du riz.

En Thaïlande, le gouvernement les ignore et les isole. La frontière birmano-thaï, matérialisée par la rivière Salween, est très perméable car celle-ci est traversable à gué en saison sèche, les migrations de Karens d’un pays à l’autre sont incessantes: "Ils sont plus de 100’000 Karens Birmans à vivre dans les 8 camps de réfugiés ouverts en Thaïlande depuis 1984, attendant la solution politique qui leur permettra d'envisager un avenir..."

Déclaration des communautés Karen exilées dans le monde à propos de l'annonce de cessez-le-feu
12 janvier 2012

 12 janvier 2012 - Aujourd'hui, coïncidant avec les négociations de cessez-le-feu entre les militaires du gouvernement de Birmanie et l'Union nationale karen (KNU), nous tenions des cérémonies traditionnelles de paix à l'extérieur des ambassades birmanes à travers le monde et dans d'autres lieux.

Les cérémonies de la paix traditionnelles sont organisées pour appeler le gouvernement militaire non seulement pour convenir d'un cessez-le feu, mais aussi pour s'engager dans un dialogue afin de résoudre les problèmes politiques qui se cachent derrière le conflit.

Les pourparlers actuels de cessez-le-feu sont les 6èmes des 63 dernières années. Il y a également eu de nombreuses discussions informelles. Les négociations passées ont échoué parce que le gouvernement birman a toujours refusé de discuter sérieusement des problèmes politiques qui sont la cause du conflit.

En tant que réfugiés Karen, nous savons qu'il n'est pas prudent de retourner dans notre patrie, sans une solution politique qui assure qu'il y aura la paix et où nos droits et notre culture seront protégés. Nous avons vu comment les violations des droits humains ont continué dans d'autres régions de Birmanie où il y a des trêves, et comment la dictature a utilisé le cessez-le-feu pour prolonger son contrôle et essayer d'affaiblir les partis politiques ethniques qui défendent le peuple. Un cessez-le-feu seul s'attaque aux symptômes et non aux causes. Un dialogue politique doit s’établir pour trouver une solution politique permanente.

Le gouvernement militaire dit qu'il veut parler de paix, mais il attaque encore des villages Karen, exécute toujours des villageois désarmés, et a récemment emprisonné Mahn Nyein Maung, un haut dirigeant KNU.

Nous allons faire les demandes suivantes:
• Un cessez-le-feu à l'échelle nationale
• Un dialogue pour une solution politique qui garantit les droits ethniques et culturels.
• Cesser d'attaquer les Karen et tous les groupes ethniques
• Arrêter les actions militaires dans les zones ethniques
• Arrêter les violations des droits humains
• Libérer tous les prisonniers politiques, y compris Mahn Nyein Maung

Tous les Karen veulent la paix, mais pas la paix au prix de capitulation qui nous laisse sans défense contre les atteintes aux droits humains et l'oppression.

Il doit y avoir une solution politique qui garantit les droits ethniques et qui protège la culture ethnique. Il doit y avoir une solution politique où le peuple de Birmanie peut vivre paisiblement côte à côte, différents mais égaux.

Pour plus d'informations:
Zoya Phan +447738630139 (UK)
Mahn-Denis Saw Htoo +60197778303 (Malaisie)
Saw Thein Lat +66816204486 (Thaïlande)
Mahn Thaung Tin +1315368 4315 (Etats-Unis)
Saw Lwin Oo 614 123 44 009 (Australie)

Contexte:
Plus d'une centaine de milliers de Karen vivent dans des camps de réfugiés à la frontière en Thaïlande et des dizaines de milliers d'autres ont été réinstallés dans le monde par les Nations Unies. Nous avons fui les attaques et les violations des droits humains de l'armée birmane. La KNU a d'abord pris les armes pour défendre le peuple en 1949. Le conflit est désormais considéré comme étant la plus longue guerre civile au monde.

Les précédentes discussions officielles sur une trêve ont eu lieu en avril 1949, février 1960, août 1963, décembre 1995, décembre 2003-mai 2005 (7 réunions au total, de 2003-2005). En janvier 2004, un cessez-le-feu a été décidé entre le Général Bo Mya et le Général Khin Nyut. Il a été violé par l'armée birmane et a pris fin lorsque Khin Nyut fut arrêté en octobre 2004. L'Union Nationale Karen a fait des centaines d'appels de négociations de cessez-le feu lors des 63 dernières années, presque tous ont été complètement ignorés. La KNU a également mis en place deux cessez-le-feu unilatéral d'une journée lors du UN Day of Peace, le jour de la Paix par le Nations Unies, mais l’armée birmane a ignoré tous les appels à rejoindre le cessez-le-feu.

traduction ASB 12-01-2012 le communiqué en anglais>>>

et lire l'article de Libération>>>

Les Karens - un reportage d'Al Jazeera/Mizzima Production (25 min.)
2011 - The world's longest ongoing war

Depuis plus de 60 ans, les rebelles Karen sont engagés dans une guerre civile contre le gouvernement du Myanmar

 

Les Karens
quelques liens utiles pour en savoir plus :

les sites de  Online Burma/Myanmar Library  et   Wikipedia
ainsi que numéro 32 – mai 1009 – Revue Migrations forcées – Pas d’identité. Peu de droits. Cachès aux marges de la société. APATRIDES
TBBC-Thailand Burma Border Consortium, octobre 2008, "Déplacements internes de population et droit international dans l'Est de la Birmanie"  document à consulter ici au format pdf 1.8 Mo  


 

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