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BIRMANIE : Le chapeau de la discorde, un différend qui fait les affaires de la junte
15 juillet 2010 | Kyaw Zwa Moe | pour The Irrawaddy

La LND d’Aung San Suu Kyi conteste à un groupe dissident le droit de s’approprier, lors des élections à venir, le symbole du parti. Un différend qui fait les affaires de la junte. 

Les champions de la démocratie font exactement ce qu’il faut pour rendre heureux les généraux au pouvoir. Ils se battent pour un chapeau en bambou, le kha mauk. Comment ? un chapeau en bambou ? Eh bien, oui. Plus précisément, le chapeau traditionnel birman que portent les paysans. Mais, avant d’entrer dans les détails du combat, rappelons que les dirigeants du principal parti d’opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), et la formation politique dissidente récemment fondée, la Force nationale démocratique (FND), siégeaient ensemble, il y a encore quelques mois, au siège de la LND à Shwegondaing, à Rangoon. Ils œuvraient à l’instauration de la démocratie. Nombre des principaux protagonistes avaient vécu la même amère expérience d’un emprisonnement par la junte.

Revenons maintenant à l’histoire du chapeau. Vous avez sans doute déjà vu l’un des beaux portraits d’une Aung San Suu Kyi coiffée d’un kha mauk. Ces images populaires de la dirigeante de la LND assignée à résidence resteront pour toujours gravées dans les pages de l’histoire du pays : Mme Suu Kyi et le kha mauk, le kha mauk et la LND, la LND et ses fidèles électeurs, qui avaient mis, en 1990, une croix à côté du kha mauk sur les bulletins de vote, où figuraient également les symboles des autres partis. “Mettez une croix à côté du chapeau, assurez la victoire du peuple”, tel était le slogan mémorable du seul scrutin qui s’est tenu au cours des deux décennies écoulées. Avec ce symbole, la LND avait remporté les élections haut la main [près de 60 % des suffrages et 392 des 492 sièges à pourvoir]. Voilà pourquoi ce chapeau est devenu un symbole historique, celui de la LND. Voilà la toile de fond de l’affaire.

Et voilà ce qui l’a provoquée : la FND s’est enregistrée, en juin, comme parti politique, représenté par un kha mauk.“C’est une imitation pure et simple”, accuse Nyan Win, un porte-parole de la LND. Ce à quoi rétorque Khin Maung Swe, l’un des fondateurs de la FND : “Cette image n’est pas la propriété de la LND, ce n’est pas une marque déposée.” Et Nyan Win de répliquer : “Nous avons la preuve que le kha mauk est emblématique de la LND. C’est une tromperie, une infraction à la loi de la part d’un autre parti que de copier notre symbole… Nous avons déposé une plainte auprès de la Commission électorale pour lui demander d’interdire à la FND d’utiliser le kha mauk. Même si ce n’était pas une copie conforme de celui de la LND, l’état-major du parti crie au vol de son emblème. Les dirigeants des deux formations se livrent depuis quelques jours une guerre verbale.

Mais le chapeau n’est pas, bien entendu, le véritable enjeu de la bataille. Cet accessoire cache un différend d’ordre idéologique. Le véritable problème est de savoir s’il faut ou non participer aux prochaines élections organisées par la junte. La question avait déjà constitué un motif de discorde entre les différentes factions de la LND avant que la formation ne décide de les boycotter [suivant ainsi les recommandations d’Aung San Suu Kyi. Voir CI n° 1011, du 18 mars 2010]. Au sein de la LND, certains s’en tiennent aux principes fondamentaux. Pour eux, le scrutin à venir ne sera ni libre ni équitable. La loi électorale est répressive et exigerait l’expulsion de Mme Suu Kyi et des autres prisonniers politiques du parti. La Constitution de 2008 est antidémocratique. Tous les prisonniers politiques doivent être libérés. Cependant, d’autres membres de la LND voient dans les élections l’occasion de créer un espace démocratique – aussi mince soit-il – au sein du futur Parlement, même s’ils se disent conscients du fait que la consultation ne sera pas vraiment démocratique. La FND partage cette vision des choses. Résultat : la LND est divisée. Il en est de même pour les autres formations prodémocratie. Mais, à ce stade, certaines factions de l’opposition deviennent leurs propres ennemis, et les généraux doivent se frotter les mains devant cette farce. Ce que le peuple souhaite avant tout, c’est une opposition démocratique unie, en mesure de combattre le puissant gouvernement militaire. Mais, au bout du compte, cette guerre du chapeau symbolise la désunion des forces démocratiques.

BIRMANIE : Le parti d'Aung San Suu Kyi a été dissous
8 mai 2010 _ cette dissolution était attendue...

AFP - Cette dissolution était attendue, la Ligue nationale pour la démocratie refusant de participer aux élections prévues d’ici la fin de l’année. Certains de ses anciens dirigeants ont annoncé qu’ils allaient former un nouveau parti, faisant courir le risque d’une scission de l’opposition.

Le parti de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi a été officiellement dissous après son refus de participer aux prochaines élections législatives, attendues d’ici la fin de l’année, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait annoncé le 29 mars qu’elle boycottait les élections législatives, les premières depuis 20 ans. Selon les lois électorales, une participation l’aurait en effet obligé à exclure la lauréate du prix Nobel de la paix, en résidence surveillée, ce à quoi elle s’est refusée. Faute d’être inscrite pour le scrutin, la formation a été automatiquement dissoute. «La LND n’est plus un parti politique enregistré», a indiqué un responsable gouvernemental sous couvert de l’anonymat.

La LND avait remporté triomphalement les élections législatives de 1990. Mais la junte n’a jamais reconnu les résultats et le parti n’a pas été autorisé à exercer le pouvoir.

Le scrutin est attendu fin octobre ou début novembre.

«Les autorités ne nous ont pas informé de quoi que ce soit mais c’est la loi. Nous n’existerons plus légalement comme parti mais notre siège restera ouvert comme d’habitude», a indiqué Nyan Win, porte-parole de la LND. Symboles et drapeaux de la Ligue, fondée le 27 septembre 1988, étaient toujours en place vendredi matin devant le siège du parti, selon des témoins.

Scission en vue?

Peu après cette annonce, d’ex-cadres de la LND ont informé l’AFP de leur intention de créer une nouvelle formation politique.

«Nous avons pris la décision de former un parti politique», a déclaré Khin Maung Swe, ex-membre du comité central exécutif de la Ligue, «nous devons attendre la réponse des ex-membres de la LND dans les autres Etats du pays mais j’espère que nous pourrons nous enregistrer ce mois- ci».

Khin Maung Swe a précisé que le nom du parti n’avait pas encore été choisi et que sa participation aux élections n’était pas tranchée.

Au total, quelque 25 ex-membres de la LND ont décidé de créer cette nouvelle formation de l’opposition. D’intenses débats ont eu lieu au sein de la LND autour de son boycottage, que Mme Suu Kyi avait elle-même préconisé.

Contacté par l’AFP, Nyan Win, porte-parole de la LND, a estimé vendredi que la décision de créer un autre parti relevait du «choix personnel» de Khin Maung Swe et de ses partenaires. «Mais ils devraient obéir formellement à la décision unanime de la LND» de boycotter les élections.

Certains analystes craignaient ces derniers jours qu’une telle initiative ne conduise à une scission de la LND, et provoque des dissensions majeures au sein d’une opposition déjà affaiblie.

«Je crois aux partis politiques, je soutiens ceux qui veulent travailler pour le peuple et je considère que les partis politiques doivent exister», a expliqué Khin Maung Swe. «La LND est finie mais nous poursuivrons son travail inachevé en lui conservant notre fidélité ainsi qu’à Aung San Suu Kyi, même si personne ne nous a désignés». «Notre politique est d’avancer vers une véritable démocratie, à travers le libéralisme social. Notre programme économique est l’établissement d’une économie de marché mixte», a-t-il précisé.

L’ex-membre du comité central exécutif, par ailleurs porte-parole de la LND, avait indiqué depuis plusieurs jours qu’il envisageait de former un nouveau parti avec d’autres compagnons de lutte.

Le scrutin est attendu fin octobre ou début novembre. La communauté internationale a déjà indiqué qu’elle n’accordait aucune crédibilité au scrutin sans la participation des prisonniers politiques et, notamment, d’Aung San Suu Kyi.

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BIRMANIE : Après 20 ans d'existence, la mort du parti d'Aung San Suu Kyi
6 mai 2010 _ Jeudi soir la LND s'apprête à disparaître pour boycotter les prochaines élections législatives

Le parti politique de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, puissant symbole de la résistance à la junte pendant plus de 20 ans, s'apprêtait à disparaître jeudi soir en raison de sa décision de boycotter les prochaines élections législatives. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait annoncé en mars qu'elle boycottait le scrutin, le premier depuis celui de 1990 qu'elle avait remporté haut la main (392 des 485 sièges) sans jamais pour autant accéder au pouvoir. Elle avait jusqu'à ce jeudi pour déposer sa candidature, mais ses instances n'en ont pas démordu. Et à minuit (19 h 30 heure française), le parti appartiendra à l'Histoire.

"En vertu de la loi, la LND ne sera plus enregistrée (vendredi) comme parti politique", a confirmé à l'AFP le chef de la police de Birmanie, Khin Yi. Symboles et drapeaux de la Ligue, fondée le 27 septembre 1988, resteront en place jusqu'à ce que la junte militaire elle-même les enlève. Certains membres veulent en effet la voir transformée en organisation de la société civile. Mais en décembre, selon un de ses membres, elle pourrait devoir quitter son quartier général, une petite bâtisse décatie, aux murs rongés par l'humidité et recouverts de portraits de la lauréate du prix Nobel de la paix. "Je crains qu'il n'y ait rien d'autre vers lequel les gens puissent se tourner qui possède un tel pouvoir symbolique", regrettait un fin observateur de la politique birmane, décrivant son attachement pour cette "bicoque usée luttant pour la démocratie" qu'est le siège de la LND. Nyan Win, porte-parole du parti, a refusé d'évoquer son émotion. "Il n'y a rien de prévu jeudi", a-t-il tranché.


Des rumeurs sur la formation d'un autre parti


La LND paye pour son refus de céder aux exigences du pouvoir des généraux, dont les lois électorales stipulent qu'un parti ne peut conserver parmi ses membres un prisonnier politique. Aung San Suu Kyi, 64 ans, en résidence surveillée pendant 14 des 20 dernières années, aurait dû être exclue des instances de son parti afin qu'il puisse concourir.
Une procédure qu'elle a elle-même jugée inacceptable . Mais sa dissolution, soulignent des analystes, laissent la voie libre à la junte du généralissime Than Shwe qui peut se réjouir d'avoir complètement marginalisé son ennemie intime avant le scrutin, attendu fin octobre ou début novembre. La décision a d'ailleurs provoqué d'importants remous au sein du parti, dont la direction est composée d'octogénaires épuisés et, selon leurs détracteurs, déconnectés des réalités de la Birmanie contemporaine.

Des rumeurs circulaient ces derniers jours sur la formation d'un nouveau parti par d'ex-membres de la LND, dont Khin Maung Swe, un autre porte-parole. "En tant que politiciens, notre devoir est de servir le peuple. La LND n'a pas pu respecter la promesse faite au peuple en 1990. Donc je soutiendrai ceux qui veulent continuer à servir le peuple", a-t-il expliqué. "Aujourd'hui est notre dernier jour. Je suis très triste de voir notre parti disparaître ainsi". Fin avril, des avocats avaient déposé, en désespoir de cause, deux recours contre l'article de loi qui oblige la LND à se séparer de sa dissidente. Sans surprise, la Cour suprême de Rangoun les a déboutés. "C'est une grande perte pour la Birmanie. Nous avons besoin d'une opposition forte. C'est le moment où les groupes pro-démocratie doivent travailler ensemble", a regretté Aung Naing Oo, analyste birman basé en Thaïlande. "La LND a créé un vide dans l'opposition. Ce que je trouve ahurissant, c'est qu'ils aient pris cette décision sans apporter d'alternative."

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Déclaration de la NLD au peuple de Birmanie
Rangoon, le 6 avril 2010 (traduction du birman en anglais non encore officielle)

National League for Democracy, No 97(B) West Shwegondine Street, Bahan Township, Rangoon

“A Message to the People of Burma” (Unofficial Translation)

1. The National League for Democracy (NLD) was formed with a commitment to establish democratic system in Burma, which the people of Burma demanded unanimously during the 1988 nationwide pro-democracy uprising.

Since its inception, NLD has consistently tried to:
(1) Establish a true democratic government in Burma
(2) Fully achieve fundamental human rights
(3) Firmly lay the foundation of democracy to prevent the re-emergence of a dictatorial regime in the future
(4) Perpetuate the Union with equality among all ethnic nationalities
(5) Contribute for the peace in the world by improving the lives and development of the people and stability in the country of Burma

To achieve these afore-mentioned aims, the NLD leaders and members have tried to achieve national reconciliation, a necessary and fundamental requirement of democracy, through a great deal of sacrifices.

2. In the 1990 multi-party general election, NLD won 392 seats out of 485 contested seats. This was a mandate given by the people of Burma for the NLD to lead them toward a democratic society. Therefore, the Members of Parliament-elect of the NLD aimed to achieve national reconciliation, convene the Parliament, and solve the problems in Burma peacefully. Hoping to realize meaningful political dialogue with the regime, NLD leaders and its MPs attended the National Convention, held by then State Law and Order Restoration Council (SLORC), now called the State Peace and Development Council (SPDC). NLD MPs had participated in the National Convention process and tried hard to draft a democratic constitution. However, these attempts were not successful. SPDC refused to convene the Parliament with the elected MPs, and the rightful Parliament was never allowed to emerge.

3. Daw Aung San Suu Kyi, the leader of NLD, is deeply committed to solving the problems by peaceful means through meaningful dialogue. She has tried hard repeatedly to have a dialogue with the leaders of the military. She continues to call for a dialogue with the military regime while under house arrest. As soon as she was released from house arrest (in 1995 and 2000), she continued to call for dialogue.

Aung San Suu Kyi escaped an assassination attempt in the Depayin massacre in 2003. Even so, she didn’t consider revenge and continued to call for the military regime to establish a political dialogue. In 2009, she was again given a prison sentence when an American citizen, Mr. John Yettaw, arrived at her house unwelcomed. She still continued to call for the regime to meet and discuss for the interest of the country. In her latest letter to Senior General Than Shwe, Chairman of SPDC, she wrote that “she requests Senior General to grant a meeting to discuss for the lifting of economic sanctions”.

To sum up, numerous attempts by the NLD leaders, members, and MPs-elect to establish a system of democracy in Burma and for national reconciliation were obvious, fully recorded, and have been ignored by the SPDC, rendering their attempts unsuccessful.

4. Now, the SPDC issued a set of electoral laws, including the Election Commission Law, Political Parties Registration Law, Peoples’ Parliament Election Law, National Parliament Election Law, Region (or) State Parliaments Election Law, and by-laws, with the aim of holding elections in 2010. These laws are unjust, undemocratic and not in line with the basic characters of the law.

Throughout history, peoples have built their associations and societies based on justice. When we compared these laws with the society of the people of Burma, we found that these laws are obviously not free and fair for our society. They are not in line with principles of democracy, such as distributive justice, natural equality, and political equality. These laws also go against universal ethics. Furthermore, forcing parties to pledge to obey and abide the 2008 Constitution is a violation of democracy and human rights. These laws ignore the demands of an all-party inclusive election made by the UN Secretary-General and the international community.

5. Considering these facts, the Central Committee of the NLD met on March 29, 2010, and decided without objection that the NLD shall not re-register the party at the Election Commission, as the electoral laws issued by the SPDC are unfair and unjust.

6. Standing by the people, the NLD has made persevering efforts for the emergence of democracy and national reconciliation while enduring arrests, punishment, intimidation, disturbances and all sorts of restrictions by the authorities. Nevertheless, all these efforts were to no avail as a result of one-sided suppression and annihilation by the authorities. The NLD would like to sincerely and earnestly apologize to the people of Burma for these vain attempts.

7. However, the NLD will never turn its back on the people of Burma or on its struggle for democracy. We pledge to continue to achieve our goals for democracy through systematic, peaceful and nonviolent means, guided by Daw Aung San Suu Kyi, who said that “I would like to speak to the people of Burma that I will try as much as I can to continue an effort to achieve democracy in Burma.”

As per decision made by the Central Executive Committee meeting on April 5, 2010
Central Executive Committee
National League for Democracy
Rangoon

lire l'article sur Burma Campaign UK

Du sang nouveau au sein du Comité exécutif central de la NLD

Par dpa _ Posté le 14 janvier 2010

Yangon – La Ligue nationale pour la démocratie du Myanmar (LND), parti d'opposition, a annoncé jeudi une extension de son Comité exécutif central, quelques semaines après qu’Aung San Suu Kyi ait appelé à des réformes.

La LND a ajouté neuf nouveaux membres au Comité central actuel de 11 personnes, parti dirigé pendant deux décennies par plusieurs octogénaires.

Les nouveaux dirigeants du parti sont Than Nyein, Ohn Kyaing, Win Myint, Tun Tun Hein, Win Naing, Nyan Win, Han Tha Myint Thein Nyunt et Mai Win Myint, une équipe relativement plus jeune de membres élus du Parlement.

Les observateurs politiques ont déclaré que cette initiative est une étape de transition ouvrant la voie aux dirigeants de la NLD âgés de démissionner.

Aung San Suu Kyi, la secrétaire générale de la NLD actuellement emprisonnée, a été autorisée à rencontrer trois cadres supérieurs de la NLD le 16 décembre dernier pour discuter des réformes du parti. Les autorités l'ont escortée hors de sa maison de Yangon, jusqu’à une maison d'hôtes du gouvernement où elle a été autorisée à rencontrer les membres du Comité exécutif central de la NLD, dont Lun Tin, 88 ans; U Lwin, 86 ans et Aung Shwe, 91 ans. Le trio est connu localement comme étant "le plus vieux dans le monde des dirigeants de partis politiques actifs".

"Daw Aung San Suu Kyi a demandé la permission de réformer le Comité exécutif central de la NLD, et les trois plus hauts dirigeants sont d'accord avec elle," a déclaré U Lwin après la réunion. 

La direction de l’opposition, vieille de deux décennies, a été largement critiquée pour manque d'initiative et d’unité au cours des six dernières années. Suu Kyi a été maintenue en détention et isolée de son parti.

Suu Kyi, qui a remporté le prix Nobel en 1991 pour sa direction du mouvement pro-démocratique birman, demeure le seul dirigeant très connu à l'extérieur du pays, un reflet de la nature peu brillante du comité central du parti.

Il est encore difficile de savoir si la LND contestera les élections générales prévues cette année par la junte militaire du Myanmar.

Les gouvernements occidentaux ont dit que l'élection manquerait de crédibilité si Suu Kyi et la LND n’étaient pas autorisés à y participer. Il est peu probable que Suu Kyi soit libérée avant le scrutin. Suu Kyi a passé 14 des 20 dernières années assignée à résidence et en août 2009 elle a été condamnée à une peine supplémentaire de 18 mois de détention.

En 1990, lors des dernières élections au Myanmar, elle était en résidence surveillée et sa détention a ensuite aidé la NLD à obtenir une victoire écrasante. Le succès a surpris les militaires, qui ont bloqué la LND de prendre le pouvoir, sous prétexte que le pays n'était pas encore prêt pour un régime civil et avait besoin d'une nouvelle constitution, ce qui a pris 19 ans pour l’écrire. Le Myanmar est sous régime militaire depuis 1962.

Le parti d'Aung San Suu Kyi est en quête d'une nouvelle génération _ 21 décembre 2009_ selon afp

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a besoin de sang neuf et va devoir rapidement renouveler sa direction, composée d'octogénaires déconnectés des réalités et contestés par une partie des sympathisants, estiment des analystes.

La Prix Nobel de la paix, 67 ans, est la plus jeune des onze membres du Comité exécutif de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), dont neuf sont octogénaires ou nonagénaires.

Cette désastreuse pyramide des âges, dans un parti qui lutte contre un des régimes les plus répressifs de la planète, a été exposée au grand jour mercredi dernier lorsque Mme Suu Kyi a rencontré trois de ses compagnons de route.

Le président de la LND, Aung Shwe, a 92 ans. Son secrétaire Lwin, 85, et un autre membre du comité exécutif, Lun Tin, 89. Les trois hommes ont accepté au cours de la rencontre une «réorganisation» du comité.

«Cela fait longtemps qu'on attendait ça», se félicite Derek Tonkin, ancien diplomate et président de l'organisation Network Myanmar. Depuis 15 ans, «beaucoup de gens disent qu'elle aurait dû s'atteler à la réorganisation du parti».

La LND, qui a remporté les élections de 1990, mais n'a jamais pu exercer le pouvoir, doit notamment décider si elle participera ou non au scrutin promis par la junte l'an prochain, et dont beaucoup d'analystes craignent qu'il ne serve qu'à renforcer la légitimité du pouvoir des militaires.

«C'est maintenant ou jamais», estime un diplomate étranger basé à Bangkok. Au sein de la LND, «il y a de toute évidence pas mal de conservateurs qui regardent plus derrière que devant» et privilégient l'affrontement avec la junte à la négociation.

«Il y a une étonnante absence de vision et de connaissance sur la situation économique, le problème ethnique, toutes les grandes questions de la Birmanie», ajoute le diplomate, se réjouissant qu'Aung San Suu Kyi ait «donné le signal qu'elle voulait que le parti se prépare» aux prochaines échéances.

Depuis plusieurs mois, la dissidente a elle même repensé sa stratégie.

Celle qui a passé 14 des 20 dernières années privées de liberté et qui vient d'écoper de 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence, ce qui l'exclut de facto des prochaines élections, a assoupli sa ligne politique et est sortie de son isolement en écrivant au généralissime Than Shwe, homme fort du régime.

La réorganisation de ses propres troupes n'est pas le moindre de ses défis.

«Il est certain que nous allons réorganiser le comité, mais nous ne pouvons pas dire quand», a expliqué à l'AFP un de ses membres, Khin Maung Swe, 68 ans. «Nous ne pouvons pas négliger les anciens s'ils veulent servir [...], même s'ils ont 80 ans».

Win Min, militant et chercheur de l'université de Chiang Maï en Thaïlande, convient que le parti aura besoin «de gens en bonne santé et avec l'énergie de faire avancer les choses».

Si le sort de la LND est avant tout entre les mains de la junte, les membres du parti n'en sont pas moins responsables de «leur propre incapacité à se renouveler», relève Derek Tonkin. «S'ils n'y parviennent pas, ils resteront comme des gens pleins de bonne volonté, mais dont tous les sacrifices auront été vains et je crois qu'Aung San Suu Kyi l'a compris».
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16 décembre - Aung San Suu Kyi a pu rendre visite à de hauts dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), mercredi matin, à Rangoon.

Aung San Suu Kyi rencontre des cadres de son parti

Le secrétaire de la LND, U Lwin, avec un panier de victuailles donné par Aung San Suu Kyi lors de sa visite, qui s'est déroulée sans la présence des journalistes.

Aung San Suu Kyi a pu rendre visite à de hauts dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), mercredi matin, à Rangoon.

La junte birmane a autorisé l'opposante à quitter sa résidence surveillée pour la rencontre. La lauréate du prix Nobel de la paix a ainsi pu discuter avec trois membres âgés de la LND, soit le président du parti, Aung Shwe, 92 ans, le secrétaire du parti, U Lwin, 85 ans, et Lun Tin, 82 ans.

Lors de la rencontre de 45 minutes, qui a eu lieu dans une résidence mise à disposition par le régime, ils ont discuté de la direction de la formation politique. « Elle nous a demandé l'autorisation de réorganiser le comité central exécutif du parti, ce que nous avons accepté », a rapporté U Lwin. « Je ne l'avais pas vue depuis 2003 », a-t-il ajouté, soulignant par le fait même la date depuis laquelle Mme Suu Kyi a été constamment privée de liberté par la junte. Rappelons qu'en août dernier, ldissidente avait été condamnée à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence.

Elle avait demandé à rencontrer ces membres de son parti à la mi-novembre. La dernière rencontre avec des dirigeants de son parti remontait à janvier 2008.

Élections en vue?

Cet accord pourrait ouvrir la voie à un rajeunissement du parti, à l'approche des élections législatives promises par la junte pour 2010. Le comité exécutif du parti compte onze personnes, dont la plupart sont très âgées.

Quant à l'élection, le gouvernement militaire birman a fait la promesse que ce scrutin serait libre et équitable. Aucune date n'a toutefois été annoncée.

La LND n'a toutefois pas indiqué si elle participerait à ce scrutin. La décision d'août dernier écarte automatiquement Aung San Suu Kyi du scrutin.

Lors des dernières élections organisées en Birmanie, en 1990, la LND avait triomphé, mais elle n'avait jamais été autorisée à prendre le pouvoir.

Les discussions avec la junte se poursuivent

Récemment, Aung San Suu Kyi, 64 ans, a considérablement assoupli sa position envers la junte. Elle lui a offert son aide pour faire lever les sanctions internationales prises contre le pouvoir birman. Elle souhaite apporter cette aide en échange de sa libération. Il y a quelques jours,elle a rencontré un ministre de la junte pour une troisième fois en deux mois.

La « Dame de Rangoon » a aussi demandé une rencontre avec le numéro un du régime, le généralissime Than Shwe. Celui-ci, qui n'a jamais caché qu'il détestait l'opposante, n'a pas répondu à sa demande.

En outre, la Cour suprême doit examiner lundi prochain la dernière condamnation d'Aung San Suu Kyi, qui avait été réprouvée dans le monde occidental.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters

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