Le monde a-t-il oublié la Birmanie ?
PARLEMENT EUROPÉEN - Relations extérieures - 16-04-2008
Alors que le monde entier a les yeux rivés sur le Tibet, il n’est pas inutile de se rappeler qu’il y a six mois, c’était la Birmanie qui focalisait l’attention médiatique internationale…Plus personne n’en parle. Depuis pourtant, la situation ne s’est pas améliorée. Alors que les Birmans se préparent à voter sur une nouvelle Constitution rédigée par la junte militaire, une audition organisée au Parlement a fait le point. La situation birmane est « dramatique », rappellent les députés européens.
Le 10 mai prochain, les Birmans seront appelés à se prononcer par référendum sur une nouvelle Constitution. Rédigée par la junte militaire au pouvoir, cette Constitution doit officiellement faire partie du « chemin vers la démocratie ».
 
Une Constitution pour tous, ou presque
 
Selon la Constitution présentée, les militaires conserveraient 25% des sièges au Parlement birman. Pour l'opposition birmane, menée par la célèbre opposante assignée à résidence, Aung San Suu Kyi, le texte a été rédigé de manière partiale : elle a appelé à voter "non" au référendum.
 
L'opposition politique n'a d'ailleurs pas pu intégrer ses amendements au projet de Constitution. Selon l’envoyé spécial de l’Union Européenne pour la Birmanie, Piero Fassino, le régime birman a refusé cette demande, qui était pourtant soutenue par l’ONU.
 
Enfin, tous les Birmans ne pourront pas s’exprimer lors du référendum du 10 mai : les 400 000 moines bouddhistes qui avaient participé aux manifestations contre le régime, en août et septembre 2007, n’ont pas le droit de voter.
 
Cibler les sanctions contre le régime
 
Pour la plupart des participants à l’audition organisée le 2 avril dernier au Parlement européen, des sanctions ciblées sont nécessaires. Elles doivent viser les élites politiques plutôt que la population : ce sont par exemple un embargo sur les ventes d’armes à la Birmanie, une interdiction de voyager pour ses dirigeants, un gel de ses avoirs à l’étranger…
 
Il faut soutenir davantage Aung San Suu Kyi, a demandé le portugais José Ribeiro e Castro (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens) et agir avec les voisins de la Birmanie, Inde et Chine notamment, pour exercer une influence sur la junte militaire. « L’aide au développement doit être conditionnée à des progrès dans le pays», a rappelé le Britannique Glenys Kinnock (Parti Socialiste Européen).
 
Mais les entreprises ont-elles aussi une responsabilité, comme l’a suggéré le président de l’audition, le néerlandais Thijs Berman (Parti Socialiste Européen). Il a proposé que le Conseil de sécurité de l’ONU se saisisse de la question birmane pour exiger une enquête internationale sur la situation dans le pays, suite aux évènements d’août et septembre 2007.

Lire l'article du Parlement européen 16.04.2008