RENCONTRE D'EXCEPTION

AUNG SAN SUU KYI: «J'AIMERAIS QUE VOUS COMPRENIEZ NOTRE COMBAT»
Aung San Suu Kyi a reçu «L’illustré» à Rangoon. Après plus de seize ans d’assignation à résidence et d’emprisonnement, elle a retrouvé un semblant de liberté. Interview d’une femme hors du commun dont le destin bouleversant fera aussi l’objet d’un film, réalisé par Luc Besson.

Par Ludmila Glisovic, Christian Rappaz - Mis en ligne le 14.06.2011

Alors qu’elle s’apprête à effectuer sa première tournée politique depuis sa libération, il y a sept mois, la leader de la Ligue nationale démocratique évoque son combat pour la Birmanie, pays étouffé par une dictature de fer, sa famille, ses espoirs. Dialoguer avec Aung San Suu Kyi est un honneur rare et un moment d’intense émotion.

C’est un rituel. A 10 heures, elle pénètre d’un pas rapide et énergique dans les vétustes bureaux de la Ligue nationale démocratique (LND), son parti. Son visage fermé, presque dur, contraste avec son élégance innée. Blouse assortie à son longyi (sarong de soie attaché autour de la taille), maquillage très léger, fleur délicatement accordée à la couleur de ses vêtements, piquée dans ses cheveux soigneusement arrangés. Dans le bâtiment étroit, tout le monde se lève en signe de respect. Celle que l’on surnomme ici la Dame esquisse un sourire, adresse un bonjour général et gravit l’escalier qui mène à son bureau climatisé, à l’étage. Elle n’en ressortira plus jusqu’à son départ, à 15 heures.

La scène a duré une minute à peine. Une arrivée volontairement précipitée, histoire de brouiller la vigilance des policiers en civil planqués sur la terrasse du bistrot d’en face. Ces sbires de la junte photographient et filment, vingtquatre heures sur vingt-quatre, tout ce qui bouge autour du vieux bâtiment aux murs jaune sale. Le fichage ne décourage pourtant pas les «pèlerins», nombreux, dont les plus courageux ont accroché un pin’s ou un insigne frappé de l’image de leur leader, Aung San Suu Kyi, à leur poitrine. Sur les murs, des posters à son effigie côtoient ceux de son père, le Bogyoke, héros de l’indépendance, avec la mention «à vendre». Un merchandising sommaire qui sert à financer les actions sociales du parti. Comme le repas en commun de midi, servi sous le porche d’entrée, auquel madame la secrétaire générale ne participe pas.

UNE FORCE PRESQUE SURNATURELLE

Malgré ses années d’isolement, la Dame affronte sereinement un quotidien sous tension.. Après plusieurs heures d’attente, elle accepte de nous recevoir, en compagnie d’un confrère suédois qui attend ce rendez-vous depuis des jours. Un honneur. Trente minutes d’intense émotion et de bonheur. Son discours est clair, sans équivoque, parsemé de quelques plaisanteries et de rires brefs. Le port altier, elle défend ses convictions avec volontarisme, sans la moindre mise en scène, visiblement soucieuse, au contraire, d’économiser ses mouvements. Le charme opère. Son charisme, sa beauté, son intelligence, sa simplicité irradient la pièce et impressionnent le visiteur. La souffrance et le temps n’ont aucune emprise sur cette femme de bientôt 66 ans au visage lisse et à la force presque surnaturelle.

Après trente années de combat, vous demeurez une personne lumineuse, souriante, une rebelle magnifique, comme on vous appelle avec affection et admiration en Occident. Où puisez-vous votre force pour résister à tant de persécution et d’injustice?

Peut-être est-ce l’assignation qui m’a permis d’accumuler l’énergie nécessaire à poursuivre mon combat. Plus sérieusement, malgré la promiscuité, j’ai toujours veillé à maintenir un vrai rythme de vie. Cela m’a permis d’entretenir constamment mes facultés physiques et mentales. Cette discipline fait partie de ma personnalité. La méditation m’a également beaucoup aidée.

Quel soutien avez-vous reçu de l’extérieur au cours de cette longue période d’arrêt à domicile?

Les pays scandinaves en général et la Norvège en particulier ont été très présents. Des villes comme Paris et Rome se sont également engagées pour moi. Par la force de leur combat et leur engagement, des personnalités comme Desmond Tutu et Vaclav Havel m’ont aussi été d’un précieux secours.

Quel était votre quotidien de prisonnière?

Je me levais vers 4 h 30. Puis j’écoutais la radio pendant plusieurs heures. La station birmane, mais surtout la Voix de l’Amérique, Radio France internationale et Democratic Voice of Burma. Ensuite, je prenais un bain et je faisais mes prières avant le petit-déjeuner. Le reste de la journée, je la passais à lire et à effectuer des travaux d’entretien dans ma maison, qui est vieille et en mauvais état.

Peut-on dire que vous êtes une personne entièrement libre depuis le 13 novembre 2010, jour de votre libération après six ans d’assignation à domicile?

Mais j’ai toujours été libre. (Rire.) A chaque fois que j’avais la visite de mon avocat, je pouvais dire tout ce que je voulais… Non, à vrai dire, il y a deux formes de liberté: la liberté physique et la liberté de l’esprit. Celle-là, personne ne peut vous en priver.

Pensez-vous risquer d’être de nouveau arrêtée?

Oui, cela peut arriver à n’importe quel moment. Nous ne savons pas qui peut être arrêté et pour quelle raison. C’est le cas des membres de la LND par exemple. Nous ne vivons pas dans une démocratie. Ici, la loi ne signifie rien. Les lois existent, mais on ne sait jamais comment elles sont appliquées. Cela maintient les gens dans l’insécurité et la peur. Avec la pauvreté en plus, la population est totalement enchaînée.

Vous suivez sans doute avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la situation dans les pays du Maghreb et du Proche-Orient. Que vous inspirent ces révolutions et ces soulèvements?

Ce que je remarque en premier lieu, c’est qu’au contraire de la Birmanie, où l’armée a tiré sur la population lors des révoltes de 1988 et de 2007, ni l’armée tunisienne ni l’armée égyptienne ne se sont retournées contre le peuple*. Ici, l’armée est partout. C’est elle qui gouverne. De plus, la censure est totale dans les médias sur ce qui se passe là-bas. Malgré tout, avec les nouvelles technologies de l’information, tout le monde est au courant. Nous avons désormais les moyens de communiquer. Cette évolution est la plus importante de ces dernières années. Grâce à elle, le nombre de personnes qui soutiennent notre combat nonviolent ne cesse de croître. Des jeunes pour l’essentiel.

Des jeunes qui viennent de tout le pays pour vous voir. Est-ce à dire qu’un vent nouveau souffle sur votre mouvement, dissous par la junte en novembre? (Ndlr: Aung San Suu Kyi vient de déposer un quatrième recours contre cette décision arbitraire, les trois premiers ayant été rejetés en quelques minutes.)

Nous sommes restés de nombreuses années sans pouvoir communiquer. La LND joue toujours un rôle important dans l’optique d’un processus démocratique et nous recevons un soutien grandissant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. La perspective d’un changement de politique provoque des réactions positives et parfois négatives. Nous avons pourtant tous besoin d’un changement. Il aurait le mérite de rassurer la population. Même le gouvernement pourrait y trouver son compte.

Quelles sont les attentes des gens qui viennent vous trouver?

Nous soutenons divers petits projets d’aide. Nous avons aussi des avocats qui défendent des prisonniers politiques.

Vous avez rencontré bon nombre de personnalités étrangères depuis votre libération. Qu’estce que ces entretiens apportent à votre mouvement?

Nous espérons un changement de politique de la part de l’Union européenne, qui ne parle pas d’une seule voix. Mais, pour l’instant, ce chantier est suspendu aux mutations en cours au sein de notre gouvernement.

Avez-vous passé des alliances avec d’autres groupes d’opposition? On pense au NDF, la Force démocratique nationale, parti fondé l’an dernier par deux de vos dissidents…

Nous collaborons uniquement avec les mouvements qui soutiennent sans condition la démocratie. La NDF a ses propres aspirations.

Où en est votre dialogue avec la junte?

La junte refuse tout dialogue et combat tout ce qu’elle considère comme une menace. Le «dialogue» se résume donc à quelques articles nuisibles au LND dans les médias officiels. Preuve que nos actions ne restent pas sans réaction…

Le gouvernement chinois estime que les élections du 7 novembre ont été positives pour la Birmanie…

D’autres pays et d’autres personnalités ont estimé que ces élections relevaient de la mascarade. Selon moi, ceux qui pensent qu’elles ont fait avancer la démocratie se trompent. J’espère que la Chine finira par changer son point de vue sur ce qui assure la stabilité d’un pays ou d’une région. Pour l’instant, elle s’obstine à tort à croire qu’un pays sans démocratie en est le seul gage, alors que nous, nous réclamons des élections libres et démocratiques, et demandons d’être écoutés même par une «démocratie disciplinée» comme les militaires appellent leur système.

Comment voyez-vous l’évolution de votre pays?

On ne peut jamais prédire l’avenir en politique. Je ne sais pas comment sera la semaine prochaine.

Qu’en est-il des sanctions imposées à la Birmanie?*

C’est une question délicate. Le nouveau gouvernement a été nommé par les militaires en place. Par conséquent, je pense qu’il est trop tôt pour parler de lever les sanctions.

Trente ans de lutte, loin des vôtres, souvent recluse, n’avez-vous pas quelques regrets?

Mes enfants, mes petits-enfants, mes amis, Oxford, l’Europe, tout me manque, bien sûr. Mais, durant ma détention, j’ai réalisé que je n’aurais pas voulu être quelqu’un d’autre. Cet instant a été l’un des plus beaux de ma vie. Il m’a donné beaucoup de force, m’a préparée à faire face à tous les problèmes. D’ailleurs, je n’estime pas avoir tant souffert. Mais je désire ajouter quelque chose à l’intention de vos lecteurs: j’aimerais que les gens comprennent bien notre combat et qu’ils nous soutiennent. Nous défendons une véritable cause. C’est par le soutien direct des populations que les choses peuvent changer en Birmanie.

* Cette interview a été réalisée avant les événements en Libye, au Yémen et en Syrie. A l’issue de cette rencontre, Aung San Suu Kyi a recommandé le maintien de sanctions internationales «ciblées» contre la junte birmane mais a préconisé de lever avec réserves le boycott contre le tourisme. Par ailleurs, via la presse officielle et pour la première fois depuis sa libération, les dirigeants lui ont promis «une fin tragique», à elle et à son parti, s’ils restaient sur leurs positions.
AUNG SAN SUU KYI, ICÔNE DE LA LIBERTÉ

Symbole de la lutte pour la démocratie, son combat non-violent et son courage exceptionnel contrastent avec la brutalité de la répression de la junte militaire au pouvoir.

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 14.06.2011

C’est un miracle si la plus célèbre résistante du monde est encore en vie. Ordinairement sans pitié pour ses opposants depuis qu’elle a confisqué le pouvoir en 1988, la dictature militaire birmane, sans doute la plus répressive de la planète avec celle de son alliée nord-coréenne, n’a pourtant jamais cessé de resserrer l’étau autour de celle qui est devenue la figure de proue de l’opposition. En pure perte.

En effet, malgré les années de prison (deux ans et demi) et d’assignation à résidence (quatorze ans), malgré les tortures morales et physiques, les humiliations et les souffrances, Aung San Suu Kyi, 66 ans le 19 juin prochain, est toujours là. Une fleur de jasmin dans ses cheveux d’ébène, le visage éclairé de ce sourire qui lui donne cet éternel air de jeune fille rebelle. A l’exception de quelques cernes de fatigue, les longues années d’isolement se devinent à peine. Sa silhouette filiforme et frêle dissimule une audace de collégienne et une volonté de libérer ses compatriotes du joug de leurs bourreaux.

«La liberté de l’esprit, personne ne peut vous en priver»

Même s’il est toujours interdit de prononcer son nom en Birmanie, rebaptisée Myanmar par les généraux, The Lady (la Dame) incarne plus que jamais son rôle d’icône de la liberté et de la démocratie, de déesse des temps modernes adulée par tout un peuple.

C’est sans doute de son père, dont elle a hérité ce regard intense, profond, presque inquisiteur, dont on ne s’échappe qu’intimidé ou envoûté, que la Mandela d’Asie, comme la surnomment avec fierté ses innombrables partisans, a tiré son charisme et son endurance. Fille du héros de l’indépendance, le général Aung San, qui a libéré le pays de la tutelle britannique en 1947, elle n’a pourtant que 2 ans lorsque ce dernier est assassiné par un rival.

FILLE À PAPA

Aux côtés de ses deux frères - l’un d’eux meurt tragiquement à l’âge de 8 ans, noyé dans l’étang familial -, Suu grandit dans le souvenir de ce père admiré et vénéré. Le Bogyoke (le général) est partout. Sur les billets de banque, les timbres-poste, figé dans le bronze à l’entrée des casernes ou dans les parcs. Des écoles, des cliniques, des stades portent son nom. Le 19 de chaque mois, sa mère, Daw Khin Kyi (Daw est la formule de politesse pour les femmes), infirmière, se rend au monastère pour y faire des offrandes aux moines en souvenir de l’assassinat de son mari.

Engagée en politique, elle devient diplomate. Suu la suit dans ses missions et passe sa jeunesse entre la Grande-Bretagne et l’Inde. C’est là qu’elle s’imprègne des idées et de la philosophie du modèle dont elle s’inspire encore aujourd’hui: le mahatma Gandhi. A Oxford, elle poursuit des études de philosophie et d’économie politique qui lui ouvrent les portes des Nations Unies à New York, où elle travaille trois ans. Elle y rencontre son futur mari, Michael Aris, un Anglais passionné de culture tibétaine. Les noces sont célébrées un an et 187 lettres d’amour plus tard à Londres, le 1er janvier 1972. Un mariage qui n’est pas du goût de tout le monde. Une Birmane, qui plus est la fille du Bogyoke, dans le lit d’un Anglais, beaucoup parlent d’insulte. Aung San Oo, son frère aîné, n’est pas le dernier à rallier le camp des intolérants. Pour lui, sa sœur souille le nom de la famille et de la Birmanie. Pour calmer les tensions, le couple s’exile une année au Bhoutan, où Michael poursuit ses recherches.

DISCOURS DEVANT 500 000 PERSONNES

Deux enfants naissent de leur union: Alexander en 1973, titulaire d’un diplôme de mathématiques vivant aujourd’hui à New York, et Kim en 1977, lui-même père de deux enfants, qui travaille comme charpentier en Angleterre. Foudroyé par un cancer de la prostate, Michael Aris meurt en mars 1999, le jour de ses 53 ans. Certains diront qu’il n’a pas supporté la longue séparation d’avec sa femme.

Suu avait repris un doctorat en littérature birmane à l’Université de Londres. Elle ne le terminera jamais. Le 31 mars 1988, un appel de Rangoon brise net la paisible soirée familiale. Victime d’une attaque cérébrale, sa mère a été transportée à l’hôpital dans un état critique. Le lendemain, Aung San Suu Kyi est dans l’avion. Elle ne quittera plus la Birmanie pour ne pas prendre le risque de ne plus pouvoir y entrer. «Quand elle est partie, j’ai eu le sentiment que nos vies allaient changer à jamais», confiera Michael.

A son arrivée, Suu découvre une capitale en plein chaos où il flotte une odeur de révolution. Sept mois auparavant, sur le conseil de ses astrologues, le dictateur au pouvoir a décidé de dévaluer la monnaie nationale: 80% des billets de banque se retrouvent sans valeur du jour au lendemain. Des troubles éclatent, mais la révolte est matée dans le sang. Dix mille morts, dont beaucoup décapités à la baïonnette. Tueries, tortures et arrestations allaient désormais se succéder.

«C’est par votre soutien que les choses peuvent changer en Birmanie»

En tête des manifestations toujours plus fréquentées, des bras brandissent des portraits du Bogyoke Aung San. Ecœurée par cette situation qu’elle ne supporte plus, Aung San Suu Kyi s’engage en politique. Elle lance un appel à la solidarité internationale, mais les pays voisins coupent les liens avec cet Etat désormais mis au ban de la communauté internationale. Dans la foulée, elle cofonde la Ligue nationale pour la démocratie (LND), dont elle est la secrétaire générale. En juin 1988, elle prononce son premier discours devant plus de 500 000 personnes.

Plébiscitée par la population, Aung San Suu Kyi prône la non-violence pour renverser le régime et propose des réformes pour installer durablement la démocratie. La provocation de trop pour les militaires, qui l’emprisonnent et lui offrent la possibilité de quitter le pays. Elle refuse. Commencent alors de longues périodes d’assignation à sa résidence du 54, rue de l’Université, à Rangoon: de 1989 à 1995, de 2000 à 2002 et de 2003 à fin 2010. Une mesure qui n’empêche pas la LND de remporter 392 des 492 sièges en lice lors des élections de 1990. Mais le régime invalide le scrutin et accentue la répression contre les opposants.

L’HÉRITAGE DU PÈRE

De sa villa, celle que ses sympathisants appellent affectueusement la Colombe en cage ou le Papillon d’acier, continue de lutter malgré l’interdiction d’activité politique qui la frappe. Elle écrit plusieurs livres et devient aux yeux du monde la figure emblématique de tous les combats pour la défense des droits humains. Son engagement et sa bravoure lui valent une multitude de prix, dont le Nobel de la paix en 1991. Plus elle cherche à renouer le dialogue pacifique avec la junte, plus sa peine est régulièrement prolongée au mépris du droit et des pressions internationales. Elle est enfin libérée le 13 novembre dernier, une semaine après les élections que beaucoup qualifient de mascarade. La LND, qui a décidé de boycotter le scrutin, est une nouvelle fois dissoute par le régime.

Qu’à cela ne tienne. Au pays de l’or et des larmes, paradis perdu au carrefour de la Chine et de l’Inde, le destin extraordinaire d’Aung San Suu Kyi brille encore. Pris en otages, spoliés et acculés à la faillite malgré le pétrole, les rubis, le bois précieux et tant d’autres ressources, 50 millions de Birmans se reconnaissent dans les valeurs démocratiques et non-violentes que la Dame personnifie. Son jour viendra…

The Lady, de Luc Besson, retrace la vie d’Aung San Suu Kyi. Avec Michelle Yeoh dans le rôle de la Dame. Sortie en salle le 11 octobre.

10é édition de Vital Voices Global Leadership Awards

12 avril 2011 - Daw Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la Paix et leader du mouvement démocratique birman, a été honorée avec le Prix du pionnier mondial en tant que "voix de la décennie". 

Daw Aung San Suu Kyi a accepté le Vital Voices Global Trailblazer Award 2011. Même si elle ne pouvait pas quitter la Birmanie pour assister à l'événement, elle a enregistré cette vidéo qui a été présentée à la cérémonie qui a eu lieu le 12 avril 2011 au Centre John F. Kennedy pour les arts de la scène à Washington DC (The John F. Kennedy Center for the Performing Arts in Washington, DC).

MYANMARMoi, Aung San Suu Kyi, détenue sous un toit qui fuit

La "lady" de Rangoon a recouvré la liberté en novembre et s’est empressée de renouer avec sa chronique dans le quotidien japonais Mainichi Shimbun, interrompue pendant 13 ans. Dans sa première contribution, elle évoque le chantier de réparation de sa maison, lien ténu mais précieux avec l’extérieur.

07.01.2011 | Aung San Suu Kyi |

Le début de l’année est propice pour se renouveler, se revigorer, prendre de nouvelles résolutions et se souvenir du passé. En me penchant sur 2010, je m’aperçois que des pans entiers de l’année sont si peu marquants qu’ils ont disparu dans les limbes du temps. Comment ai-je passé le premier de l’An ? Je ne m’en souviens pas. Je peux simplement dire que je ne devais pas être me sentir très bien. Les travaux de rénovation de ma maison avaient commencé en décembre 2009 avant d’être suspendus quelques semaines plus tard sur ordre des autorités municipales (le frère d’Aung San Suu Kyi ayant engagé une action) en justice pour s’opposer à ce chantier]. Pendant que mes avocats s’efforçaient de faire casser cette décision, j’ai vécu plusieurs mois au milieu de cartons, d’objets non identifiables emmaillotés dans d’épaisses couvertures, de valises de différentes tailles et de piles branlantes de livres. De mon lit, coincé entre une haute étagère, des tables de toutes sortes et des paquets tout défoncés, j’avais vue sur un bout de plafond écaillé qui m’offrait de nombreux moments de méditation sur la nature de la décrépitude et de la décadence.

Le premier trimestre 2010 n’a pas seulement été une période d’inconfort matériel mais aussi d’intense activité mentale. Mes avocats me rendaient visite de temps à autre pour discuter de l’appel que nous avions interjeté contre la peine qui m’avait été infligée au tribunal de la prison d’Insein l’année précédente [après qu’un Américain eut pénétré illégalement dans sa propriété, ce qui avait servi de prétexte aux autorités pour prolonger l’assignation à résidence du Prix Nobel]. Cette procédure judiciaire s’est révélée fascinante et j’ai beaucoup appris de mes avocats, très expérimentés et compétents. L’un d’eux, U Nyan Win, étant membre du Comité exécutif de la Ligue nationale pour la démocratie [parti historique de l’opposition], j’étais en mesure de me tenir au courant de ce qui se passait dans le monde politique et ai pu participer dans une certaine mesure au processus de prise de décisions du parti. Au cours de l’année, qui s’est avérée cruciale sur un plan politique [en raison notamment des premières élections en 20 ans le 7 novembre], ces défis intellectuels ont été beaucoup plus importants pour moi que les considérations de santé [à plusieurs reprises l’état de santé d’Aung San Suu Kyi a été alarmant].

A l’époque du Nouvel An birman, qui tombe à la mi-avril, le tribunal a décrété que les travaux de ma maison pouvaient reprendre. Du jour au lendemain, les ouvriers ont envahi les lieux, et ce qui était jusque-là une enceinte coupée des sons et des mouvements du monde extérieur, est devenu un espace empli de bruits et d’agitation. Il y avait beaucoup à faire. L’un des principaux chantiers était la réparation du toit. Pendant plusieurs années, j’avais passé les mois de la mousson à déplacer mon lit, des bols, des cuvettes et des seaux dans ma chambre comme autant de pièces d’une difficile partie d’échec, pour échapper aux fuites et empêcher le matelas (et moi-même, lorsque je me trouvais dessus) de prendre l’eau. Maintenant que le toit allait être colmaté, je pourrais attendre les prochaines pluies l’esprit serein. En birman, un toit en bon état inspire un sentiment de sécurité, l’impression que, si tout va bien au sommet de l’édifice, il en va de même pour le reste du bâtiment.

Les travaux allaient donc m’assurer un plus grand confort dans l’avenir, mais, plus important encore que ces considérations matérielles, ils me permettaient d’avoir des contacts humains. Chaque jour, pendant cinq mois, j’ai pu m’informer de la vie et des préoccupations de nos ouvriers, acquérir une meilleure compréhension des difficultés auxquelles la main-d’œuvre de notre pays est confrontée et me faire une idée plus claire de ses espoirs et aspirations. Autre conséquence du chantier, les discussions régulières avec les policiers de la Branche spéciale ainsi qu’avec d’autres membres des forces de l’ordre chargés d’assurer la sécurité des lieux. L’entrée d’hommes et de matériaux devait être négociée quasiment tous les jours et on s’est rendu compte de part et d’autre qu’en privilégiant le dialogue et en faisant preuve de souplesse, on pouvait venir à bout des obstacles. 2010 a été une année de changement pour ma maison, mais ce qu’elle a apporté à notre pays — le foyer de notre peuple — est un sujet beaucoup plus sérieux, que j’aborderai à une autre occasion.

Je voudrais clore cet article, le premier que j’ai écrit depuis ma libération, en exprimant tous mes remerciements au Mainichi Shimbun pour le soutien et l’amitié qu’il m’a apportés au cours des deux dernières décennies et en partageant avec ses lecteurs ce passage d’un poème que mon défunt mari appréciait tout particulièrement et que j’aime beaucoup moi-même pour sa sagesse éternelle.
 
Hier n’est qu’un rêve,
Demain n’est qu’une vision ;
Mais un aujourd’hui bien vécu
Fait de chaque hier un rêve de bonheur,
Et de chaque demain une vision d’espoir.
Fais donc grand cas d’aujourd’hui.
 
D’après “La salutation à l’aube”, inspiré d’un hymne védique.

Cet article est à retrouver dans le Courrier International du 8 janvier 2011


retrouvez d'autres articles ci-dessous :

«Je sens que la Birmanie a besoin de moi»

Interview exclusive

19 novembre 2010 - Cinq jours après avoir retrouvé la liberté, l’opposante à la junte Aung San Suu Kyi a répondu hier, à Rangoun, aux questions de «Libération».

Par MARIE NORMAND Envoyée spéciale à Rangoun

à lire en cliquant ici

16 novembre 2010 - Aung San Suu Kyi, son premier interview

   ASSK interviewée par John Simpson-BBC_16.11.2010 (BBC)

Aung San Suu Kyi interrogée par John Simpson BBC, en cliquant ici

15 novembre 2010 - "Si mon peuple n'est pas libre, comment pourrais-je dire que je le suis?"

Aung San Suu Kyi, retrouvez son premier discours en cliquant ici

Aung San Suu Kyi livre son 1er discours 14.11.2010 (Keystone)

voir, lire et écouter les sujets complets de la TSR, en cliquant ici 

voir, lire et écouter les sujets de la RSR, en cliquant ici

Aung San Suu Kyi recevant son premier bouquet de fleur13.11.2010

13 novembre 2010 - Aung San Suu Kyi a reçu des fleurs de ses partisans venus devant sa maison_STF (Keystone)

voir les sujets complets de la tsr, en cliquant ici Aung San Suu Kyi enfin libre !

voir, lire et écouter les sujets de la rsr, en cliquant ici

        

Aung San Suu Kyi enfin libre !

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

13 novembre 2010 - L’Association Suisse-Birmanie salue la libération d’Aung San Suu Kyi en ce jour du 13 novembre 2010, après 15 ans et 20 jours de détention. C’est la troisième fois qu’Aung San Suu Kyi est libérée de son assignation à résidence surveillée, la dernière fois étant en 2003.
 
Nous sommes heureux d’apprendre qu’Aung San Suu Kyi a finalement été libérée de son assignation à résidence. Ce communiqué, malheureusement, n’annonce pas un signe de changement significatif pour la Birmanie. La libération d’Aung San Suu Kyi ne doit pas faire oublier à elle seule que la junte souhaite par là redorer son blason aux yeux de la communauté internationale après la parodie d’élections qu’elle a organisée le 7 novembre 2010. Il est indispensable qu’un processus de dialogue pour la réconciliation nationale entre la junte, la Ligue nationale pour la démocratie, les groupes ethniques, la libération de tous les prisonniers politiques et une restauration de la démocratie en Birmanie, soit entamé d’urgence afin d’éviter de nouvelles émeutes meurtrières dans un avenir proche de la part d’un peuple muselé depuis 1962.

L’Association Suisse-Birmanie serait heureuse de pouvoir favoriser et soutenir, dans un avenir proche, la venue d’Aung San Suu Kyi à Genève, capitale des droits humains, afin de faire connaître au monde la situation dramatique que vivent les peuples de Birmanie et de promouvoir une vraie démocratie dans ce pays.
 
Genève, le 13 novembre 2010

 Aung San Suu Kyi bientôt libérée ?!... Nous y croirons que lorsque nous le verrons !

Aung San Suu Kyi en est à sa troisième période de détention depuis 1989. Le 24 octobre prochain, elle aura passé un total de 15 années en détention.
Même si Aung San Suu Kyi est libérée, on aurait tort d'attacher trop d'importance politique sur sa libération. Elle a été libérée deux fois avant sans qu'il y ait un changement politique dans le pays. Il est plus probable que la dictature va essayer d'utiliser sa libération pour tenter de convaincre la communauté internationale de détendre la pression sur eux. Toutefois, le nombre de prisonniers politiques a presque doublé au cours des trois dernières années. Si la junte libère la totalité ou la majorité des prisonniers politiques ainsi qu’ Aung San Suu Kyi, alors ce pourrait être le début de quelque chose ayant une signification politique plus large.

30 septembre 2010 /ASB

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En Birmanie, Aung San Suu Kyi serait libérée après les élections de novembre

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, le 2 février 2009.

Par RFI 

Un officiel de la junte birmane a annoncé, jeudi 30 septembre 2010, que la dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi serait libérée le 13 novembre 2010. C'est-à-dire une fois arrivée au terme de sa détention mais surtout une semaine après les premières élections organisées dans le pays depuis 20 ans. Une annonce faites quelques jours avant l’ouverture du sommet Asie Europe à Bruxelles et qui vise à atténuer les critiques de la communauté internationales contre un processus électoral étroitement contrôlé par le régime militaire.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

C’est une tactique habituelle de la junte birmane : faire un geste quand les critiques de la communauté internationale deviennent trop acerbes. Annoncer la libération d’Aung San Suu Kyi pour après les élections du 7 novembre 2010 n’est pas vraiment une concession significative, car sa détention arrive à échéance à cette date. Et les militaires comptent bien sur une large victoire, large parce que truquée, pour leur permettre de conserver le contrôle du pays derrière la façade d’un gouvernement civil.

Ce n’est pas un hasard si cette annonce intervient à quelques jours du sommet Europe Asie à Bruxelles, auquel la Birmanie participera. L’Union européenne maintient une ligne assez pragmatique vis-à-vis de la junte birmane. Elle la critique à la tribune, mais mise sur une coopération sur le terrain.

Même si Aung San Suu Kyi et son parti sont écartés des élections, la question birmane ne sera pas au centre du sommet. Celui-ci sera focalisé sur les relations économiques et la coopération entre les deux régions. Les généraux birmans le savent. Ils comptent sur la lassitude pour consolider en douce leur emprise sur le pays. Après les élections, ils auraient beau jeu d’affirmer que le pays est dirigé par un gouvernement civil et qu’ils ne sont pas responsables de ses actions.

   

Aung San Suu Kyi fête ses 65 ans enfermée
samedi 19 juin 2010

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, dissidente la plus célèbre du monde, détenue pendant 15 des 21 dernières années, a fêté ses 65 ans en résidence surveillée. Les appels à sa libération se multiplient à travers le monde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la tsr.ch + l'interview de Claude Schauli

 "Envoyez un message de solidarité à

Aung San Suu Kyi à l'occasion de son anniversaire le 19 juin 2010"

 


choisissez votre propre carte postale et envoyez-la à

         Daw Aung San Suu Kyi
         p.a. Mission Permanente de l'Union du Myanmar
         47, avenue Blanc
         1202 Genève


  Quelques mots suffisent, par exemple :

”Chère Madame Aung San Suu Kyi, je vous souhaite un bon anniversaire et vous prie de recevoir à cette occasion toute ma considération et mon soutien.

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NB : Il ne faut pas se leurrer, les cartes postales ne seront jamais acheminées jusqu’à Aung San Suu Kyi à Rangoun, mais le but est d’encombrer la boîte aux lettres de la Mission Permanente de l’Union du Myanmar ici en Suisse. Donc, n'hésitez pas à le faire savoir plus loin !


Aung San Suu Kyi refuse d'enregistrer son parti, la LND
avant les élections promises par la junte cette année car elle considère les récentes lois électorales "injustes"

23 mars 2010 - RANGOUN - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi refuse l'enregistrement de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avant les élections promises par la junte cette année car elle considère les récentes lois électorales "injustes", a indiqué mardi son avocat.

La junte s'est attirée les foudres de la communauté internationale en promulguant début mars des lois qui préparent les premières élections législatives depuis 20 ans, et qui obligent notamment le parti à exclure la dissidente de ses instances.

La junte du généralissime Than Shwe a en effet interdit aux détenus d'appartenir à un parti, une mesure qui oblige la LND à exclure Mme Suu Kyi, puisqu'elle purge actuellement une peine de 18 mois de résidence surveillée.

A défaut d'obéir à cette loi, le premier parti de l'opposition serait dissous.

Mme Suu Kyi "dit qu'elle n'acceptera jamais l'enregistrement (du parti) sous des lois injustes", a indiqué Nyan Win, avocat et porte-parole de la LND.

"Mais son attitude personnelle n'est pas de donner des ordres ou des instructions à la LND. Elle a demandé à la LND de décider démocratiquement", a-t-il ajouté, laissant entendre que la décision finale devrait dépendre du vote des membres du Comité central exécutif du parti.

La LND avait indiqué récemment qu'elle déciderait formellement le 29 mars de participer ou non aux élections. La date du scrutin n'a pas encore été annoncée, mais il doit se tenir cette année.

Début mars, la junte birmane avait nommé les 17 membres de la commission électorale, sans faire mystère de sa volonté de contrôler entièrement le processus. Elle a aussi publié une loi qui annule les élections de 1990, remportées brillamment par la LND mais que les militaires n'avaient jamais accepté de reconnaître.

L'ensemble de ces textes avaient provoqué une indignation générale au sein de la communauté internationale, qui a dénoncé l'absence de crédibilité du processus électoral.

Mais la situation soulève d'importantes questions pour la LND, sa survie politique et son avenir.

"La LND doit décider si elle s'adapte à une situation profondément injuste et essaye de participer, ou si elle garde ses principes intacts et continue d'être exclue" du jeu politique, a relevé David Mathieson, pour l'organisation Human Rights Watch (HRW).

L'analyste a confirmé les rumeurs de débats intenses, sur ce dossier, au sein du parti de la prix Nobel de la paix.

"Je ne crois pas que nous saurons ce qu'ils vont faire avant qu'ils ne le décident eux mêmes", a ajouté David Mathieson. Cette situation "peut unir le parti, provoquer sa scission ou le forcer à se réorganiser".

Win Min, analyste birman et militant pro-démocratie, a quant à lui estimé que le parti devrait probablement respecter la position de sa figure de proue.

"Ce serait difficile pour les membres de la LND d'aller contre son opinion. Mais certains d'entre eux pourraient vouloir participer (...), peut-être en créant un autre parti, avec une autre stratégie", a-t-il estimé.

en savoir plus par the Irrawaddy

le recours d'Aung San Suu Kyi a été rejeté...
26 février 2010

La Birmanie a continué d'ignorer vendredi les appels de la communauté internationale pour la libération de l'opposante Aung San Suu Kyi, en confirmant sa condamnation à 18 mois d'assignation à résidence alors que se profilent les premières élections dans le pays depuis 20 ans.

La cour suprême a rejeté le recours de ses avocats, qui soulevaient notamment des arguments constitutionnels et peuvent encore poursuivre la procédure avec un appel au président de la plus haute institution judiciaire. "Nous ignorons pourquoi le recours a été rejeté", a commenté Nyan Win, un des conseils de l'opposante et porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Procédure scabreuse

Potentiellement, la procédure peut encore durer plusieurs mois. La lauréate du prix Nobel de la paix, 64 ans, avait été condamnée en août 2009 à trois ans de réclusion et de travaux forcés pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, situé sur les rives d'un lac.

La sanction avait été immédiatement commuée en une prolongation de la résidence surveillée à laquelle elle est astreinte sans discontinuer depuis 2003. Une cour d'appel a confirmé la sentence en octobre.

Cette nouvelle décision ne manquera pas de susciter une vague de protestations de la communauté internationale, qui demande des gages d'ouverture avant les élections promises dans les prochains mois et réclame la libération de Suu Kyi, privée de liberté pendant plus de 14 des 20 dernières années.

"Pas une surprise"

"Ce n'est pas une surprise", a reconnu l'ambassadeur de France à Rangoun, Jean-Pierre Lafosse, présent à la cour. "Elle devrait être libérée immédiatement, c'est l'une des conditions pour une véritable réconciliation nationale". Deux femmes qui vivent avec la dissidente ont elles aussi vu leur condamnation confirmée vendredi.

Le verdict est d'autant moins surprenant que le ministre de l'Intérieur Maung Oo avait récemment fait état d'une possible libération de l'opposante en novembre, soit au terme de sa peine actuelle. Il confirme en tout cas que le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte, n'a pas voulu prendre le risque de libérer quelques mois avant les élections une militante qu'il sait infatigable et indomptable.

"Than Shwe avait déjà décidé du verdict et aucun juge n'aura le courage de le modifier", a regretté Aung Din, directeur exécutif de l'organisation US Campaign for Burma, basée aux Etats-Unis. "Le système judiciaire en Birmanie n'est qu'un élément du mécanisme d'oppression du régime".

Aung San Suu Kyi a pour l'instant refusé de se prononcer sur la participation ou non de sa formation aux élections, dont les dates sont inconnues, et que la communauté internationale craint qu'elles ne soient qu'un simulacre visant à légitimer le maintien des militaires au pouvoir.

afp/bkel pour en savoir plus rendez-vous sur le site tsr info.ch en cliquant ici

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La junte multiplie les signes contradictoires depuis six mois.
En dépit de sa condamnation, Aung San Suu Kyi a repris un début d'activité politique en s'entretenant avec l'officier de liaison de la junte et des diplomates étrangers, et en obtenant l'autorisation de rendre visite aux cadres de la LND.
Simultanément, plusieurs dissidents écopaient de lourdes peines,pendant que le numéro 2 de la LND Tin Oo, arrêté avec Suu Kyi en 2003, était libéré.
La semaine dernière, un envoyé spécial de l'ONU en visite en Birmanie n'a pas été autorisé à la voir. Washington, qui a entamé l'an passé un dialogue politique avec les militaires après plus de dix ans de silence, a plusieurs fois déploré l'absence de résultat de sa politique d'ouverture.



Le mauvais frère d'Aung San Suu Kyi...

09.02.2010 | Andrew Buncombe |  Le Prix Nobel de la paix a, une fois de plus, maille à partir avec la justice. Mais l'affaire que ses avocats vont devoir défendre est quelque peu triviale. Le frère de leur cliente s'oppose à la conduite de réparations dans leur maison familiale. La junte au pouvoir ne serait pas complètement étrangère à la querelle.

Aung San Suu Kyi est la fille du leader de la libération birmane, le général Aung San. C’est lui qui a négocié l’indépendance de la Birmanie en 1947. Elle a deux frères dont l'un est mort accidentellement alors qu'elle était encore enfant.

Depuis qu'elle est assignée à résidence dans sa maison délabrée de Rangoon, Aung San Suu Kyi, chef de l'opposition à la junte birmane, a connu l'isolement, la frustration et le chagrin. Les efforts déployés inlassablement par ses avocats en vue de la libérer sont restés vains. Mais, cette semaine, ces derniers vont retourner au tribunal pour l'une des affaires les plus étranges qu'ils aient jamais eu à plaider : ils font appel d'une décision de justice interdisant à Mme Suu Kyi de faire des travaux dans sa maison, pourtant en très mauvais état. Une affaire d'autant plus étonnante que l'homme qui tente d'empêcher la lauréate du prix Nobel de réparer son toit n'est autre que son frère, qui vit aux Etats-Unis.

Cette bagarre improbable entre Mme Suu Kyi et Aung San Oo, son seul frère encore en vie, remonte à 1988, quand leur mère, Khin Kyi, vivant dans cette maison blanche de style colonial située rue de l'université à Rangoon, a eu un accident vasculaire cérébral. La santé de leur mère, épouse d'Aung San, figure de l'indépendance, et ancienne ambassadrice de Birmanie en Inde et au Népal, s'étant aggravée, Mme Suu Kyi est rentrée en Birmanie (elle résidait à Oxford) pour s'occuper d'elle. Neuf mois plus tard, sa mère a une nouvelle attaque. Elle meurt fin décembre, alors que le mouvement pour la démocratie, encore à ses débuts, venait d'organiser des manifestations dans tout le pays, qui s'étaient soldées par la mort de près de 6 000 militants. Mme Suu Kyi avait rencontré des étudiants contestataires quand ils amenaient leurs camarades blessés à l'hôpital où elle veillait sur sa mère. Ainsi, de proche en proche, elle avait pris fait et cause pour le mouvement. Elle avait commencé à prendre la parole devant des foules immenses et ne tarda pas à être reconnue comme la digne héritière de son père, la nouvelle championne de la liberté en Birmanie [ou Myanmar comme elle venait d'être rebaptisée].

Selon l'avocat de Mme Suu Kyi, M. San Oo a assuré qu'elle pourrait continuer à vivre dans la maison familiale aussi longtemps qu'elle le voudrait, à ceci près qu'en cas de vente elle ne recevrait que la moitié de la transaction. Cette question n'a plus été évoquée jusqu'en 2000, lorsque le frère de Mme Suu Kyi, qui avait alors pris la nationalité américaine et émigré vers la Californie avec son épouse birmane, a engagé une action en justice devant la Haute Cour de Rangoon pour demander que la maison soit divisée. A cette occasion, les avocats de Mme Suu Kyi ont réussi à déjouer les projets de son frère, mais dès l'année suivante M. San Oo lui intentait un nouveau procès. L'affaire suit son cours. Le comportement de cet ingénieur de 64 ans contrarie bon nombre des partisans de Mme Suu Kyi. La semaine dernière, une organisation de moines bouddhistes a annoncé avoir "excommunié" M. San Oo, lui interdisant de faire des offrandes, qui, pour les bouddhistes de l'école Theravada, permettent aux fidèles de les aider à accéder au nirvana. Une décision vouée à faire grand bruit dans un pays aussi pieux que le Myanmar. En prenant cette sanction religieuse à l'encontre de M. San Oo et de sa femme, l'Organisation des moines de Birmanie en a fait des parias. En 2007, des groupes de moines avaient ainsi ostracisé de hauts responsables de la junte birmane et ordonné à tous les moines de refuser leurs aumônes. Cette organisation a déclaré qu'elle avait adressé un message à M. San Oo, l'enjoignant de renoncer à ses poursuites judiciaires avant le 31 janvier. Face à son silence, les moines ont mis leur menace à exécution.

Reste à savoir quelles sont les réelles motivations du frère de Mme Suu Kyi. En 2000, quand il a intenté son premier procès à sa sœur, beaucoup ont affirmé qu'il était téléguidé par la junte birmane. En effet, il semblerait que M. San Oo ait bénéficié de privilèges de la part du régime. En 2005, on apprenait qu'il se faisait construire une maison près de la cité antique de Bagan. Alors que la loi birmane interdit aux étrangers de posséder des biens immobiliers au Myanmar, le frère de Mme Suu Kyi avait obtenu un permis de construire, signé en haut lieu, et il avait l'intention de passer l'hiver dans sa propriété. Mme Suu Kyi elle-même n'a pas fait le moindre commentaire sur l'offensive judiciaire menée par son frère. On peut supposer que c'est pour elle une grande source de tristesse et d'indignation, même si l'excommunication de la semaine dernière aura au moins le mérite de la rassurer quant au fait que la plus puissante institution après l'armée – la Sangha [communauté] bouddhiste, qui a pris la tête de la "révolution de safran" en 2007 – lui apporte toujours un soutien sans faille.

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Aung San Suu Kyi serait libérée en novembre...

25 janvier 2010 - RANGOUN (Reuters) - La militante politique Aung San Suu Kyi sera libérée en novembre, a déclaré le ministre birman de l'Intérieur selon des témoins, une échéance qui l'exclurait sans doute des élections prévues cette année.

La première opposante à la junte militaire birmane est assignée à résidence chez elle depuis de nombreuses années.

Le général Maung Oo, ministre de l'Intérieur, a tenu ces propos lors d'une réunion le 21 janvier à Kyaukopadaung, une ville située à quelque 560 km au nord de l'ancienne capitale Rangoun, selon trois participants qui ont requis l'anonymat.

Il n'a pas été possible de vérifier l'information de source indépendante.

Aung San Suu Kyi pourrait être ainsi libérée un mois après les élections parlementaires que la junte compte organiser en octobre, selon la plupart des observateurs.

La lauréate du prix Nobel de la paix a passé 14 des 20 dernières années en détention. Son assignation à résidence a été prolongée de 18 mois en août parce qu'un ressortissant américain s'était introduit chez elle, où il n'était pas invité.

Cette nouvelle condamnation, intervenue alors que l'assignation à résidence de la militante de 64 ans touchait à sa fin, avait entretenu le scepticisme quant aux intentions de la junte en vue des élections. L'incident remontait à mai 2009, également avant la fin d'une période d'assignation.

ÉCONOMIE DE MARCHÉ

Les élections que la junte compterait organiser en octobre seraient les premières depuis celles de 1990 qui avaient abouti à une écrasante victoire de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi. Les militaires avaient refusé de reconnaître les résultats.

Selon les témoins, le général Maung Oo a déclaré devant des responsables que le vice-président de la LND, Tin Oo, serait libéré le 13 février. Ancien ministre de la Défense, général retraité, Tin Oo, 82 ans, est détenu depuis plus de dix ans.

La junte souhaite en outre s'orienter vers une économie de marché ouverte sur l'extérieur après avoir organisé des élections "libres et équitables", a ajouté Maung Oo.

Pour la LND, il est crucial que Tin Oo et Aung San Suu Kyi soient libérés avant les élections. "Le plus important, c'est qu'ils doivent être libérés à temps pour oeuvrer à la réconciliation nationale", a dit un responsable, Khin Maung Swe.

La junte n'a pas encore fixé officiellement de date pour les élections, dont elle a promis aux Etats-Unis et à ses voisins asiatiques qu'elles seraient libres, équitables et ouvertes.

La LND ne s'est pas prononcée sur sa participation à ce scrutin. Les généraux le présentent comme un pas vers une démocratie multipartite là où l'opposition ne voit qu'un simulacre devant leur permettre de garder le pouvoir.

Plusieurs pays dont les Etats-Unis tentent d'inciter la Birmanie à faire sa transition démocratique et envisagent de revoir leur politique à son encontre, après des années de sanctions et d'embargos.

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   ▼liens utiles▼   

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

13 novembre 2010 - L’Association Suisse-Birmanie salue la libération d’Aung San Suu Kyi en ce jour du 13 novembre 2010, après 15 ans et 20 jours de détention. C’est la troisième fois qu’Aung San Suu Kyi est libérée de son assignation à résidence surveillée, la dernière fois étant en 2003.
 
Nous sommes heureux d’apprendre qu’Aung San Suu Kyi a finalement été libérée de son assignation à résidence. Ce communiqué, malheureusement, n’annonce pas un signe de changement significatif pour la Birmanie. La libération d’Aung San Suu Kyi ne doit pas faire oublier à elle seule que la junte souhaite par là redorer son blason aux yeux de la communauté internationale après la parodie d’élections qu’elle a organisée le 7 novembre 2010. Il est indispensable qu’un processus de dialogue pour la réconciliation nationale entre la junte, la Ligue nationale pour la démocratie, les groupes ethniques, la libération de tous les prisonniers politiques et une restauration de la démocratie en Birmanie, soit entamé d’urgence afin d’éviter de nouvelles émeutes meurtrières dans un avenir proche de la part d’un peuple muselé depuis 1962.

L’Association Suisse-Birmanie serait heureuse de pouvoir favoriser et soutenir, dans un avenir proche, la venue d’Aung San Suu Kyi à Genève, capitale des droits humains, afin de faire connaître au monde la situation dramatique que vivent les peuples de Birmanie et de promouvoir une vraie démocratie dans ce pays.
 
Genève, le 13 novembre 2010

Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

19 juin 2009 - Aung San Suu Kyi condamnée et privée de liberté pour 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence !
C’est une condamnation à mort pour la démocratie en Birmanie !

 
L’Association Suisse-Birmanie, conjointement avec les organisations européennes, condamne fermement aujourd'hui la dictature militaire birmane sur cette décision illégale.
 
Aung San Suu Kyi a été reconnue coupable et est condamnée à trois ans de détention pour avoir enfreint les termes de son assignation à domicile après qu’un Américain, John Yettaw, a nagé jusqu’à sa maison et a refusé de quitter les lieux.

Dans un décret spécial lu par le ministre de l’Intérieur, le chef de la junte Than Shwe, a commué la peine en 18 mois de résidence surveillée. Cette réduction de peine ne doit en aucun cas être considérée comme une inflexion ou un signe de bonne volonté de la junte. Au contraire le pouvoir birman cherche à donner l’illusion d’une peine clémente tout en atteignant son objectif ultime : empêcher toute participation de la leader de l’opposition aux élections de 2010 et au processus politique.

Pour sa part, John Yettaw a été condamné à sept ans de travaux forcés.

Aung San Suu Kyi a été en détention pendant plus de 13 des 19 dernières années.
 
La diplomatie douce de l'ONU et des pays d'Asie, l’ASEAN, a échoué. Un embargo sur les armes est le moyen le plus efficace de montrer que la dictature militaire ne doit plus défier la communauté internationale.
 
D’ailleurs, dans un communiqué publié à Bruxelles aujourd’hui, l'Union européenne condamne unanimement le verdict rendu contre Daw Aung San Suu Kyi, dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie et lauréate du prix Nobel de la paix, et le procès injustifié dont elle a fait l'objet. L'UE demande instamment aux autorités de la libérer immédiatement et sans conditions, poursuit la déclaration. L'UE répondra par de nouvelles mesures ciblées à l'encontre des responsables de ce verdict. Elle renforcera encore les mesures restrictives qu'elle a prises et qui visent le régime de la Birmanie/du Myanmar, y compris ses intérêts économiques, avertit la présidence suédoise.

Que répondra le gouvernement suisse à notre demande de prise de position à cet égard ?
 Genève, le 19 juin 2009.
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  11.08.2009 - Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) condamne le verdict prononcé ce jour, à savoir la prolongation de 18 mois de l’assignation à résidence à l’encontre de Daw Aung San Suu Kyi. lire le communiqué de presse
Le Conseil de l'Union européenne adopte des mesures restrictives supplémentaires à l'encontre de la Birmanie/du Myanmar Lire le texte
Aung San Suu Kyi atteint 14 ans de détention ce 24 octobre 2009 !

L’Association Suisse-Birmanie s’associe à Burma Campaign UK qui a appelé aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies et la communauté internationale à redoubler d'efforts pour obtenir la libération d’Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques en Birmanie.

Ce 24 octobre, Aung San Suu Kyi atteint un total de 14 ans en détention, pour la plupart en résidence surveillée. Le 11 août 2009, après un simulacre de procès, Aung San Suu Kyi a été condamnée à 18 mois supplémentaires d'assigantion à résidence. Sa période de détention arrivera à échéance en février 2011. En dépit d'un tollé international, aucune action concrète n'a été entreprise pour assurer sa libération.

«Le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, doit mobiliser la communauté internationale pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques», a déclaré Mark Farmaner, directeur de Burma Campaign UK. «Aung San Suu Kyi a réussi à utiliser les sanctions comme moyen de pression pour convaincre les généraux de reprendre le dialogue, mais jusqu'à présent nous n'avons que des fonctionnaires de bas niveau pour parler de négociations. Aung San Suu Kyi a besoin de notre soutien pour faire pression sur les généraux et pour entamer un véritable dialogue.»

Avant les élections, la dictature a augmenté les arrestations et le harcèlement des militants de la démocratie, et a veillé à ce qu’Aung San Suu Kyi reste en détention pendant la période des élections. Elle intensifie également l'escalade des attaques contre les populations ethniques.

En dépit des massacres et de l'instabilité croissante qui ont lieu dans les zones ethniques, et le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi et de plus de 2100 prisonniers politiques, une grande partie de la communauté internationale semble prête à ne rien faire et à attendre de voir si un tout petit changement viendra des «élections» l'an prochain !

«Il doit y avoir un sentiment d'urgence sur ce qui se passe en Birmanie», a déclaré Mark Farmaner. «Aung San Suu Kyi va passer encore une année en détention. Les généraux défient la communauté internationale et continuent d’aller de l'avant avec une élection et une constitution qui pourraient les faire rester au pouvoir pendant des décennies encore. C'est un mythe qu’ils ne sont pas vulnérables à la pression, ils sont vulnérables, mais la bonne pression n'a jamais été appliquée. Les belles paroles ne suffisent plus, nous devons agir.»

Burma Campaign UK lance un appel pour trouver les moyens qui pourraient être utilisés pour persuader les généraux birmans à entamer un dialogue authentique avec Aung San Suu Kyi et les représentants ethniques. Ceux-ci devraient inclure la pression diplomatique, des sanctions économiques ciblées, une authentique pression telle qu'une commission d'enquête onusienne sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par la dictature, et un embargo mondial sur les armes.

Pour lire le communiqué de Burma Campaign UK en anglais, cliquez ici

ainsi que la biographie d'Aung San Suu Kyi en cliquant ici

Aung San Suu Kyi de retour sur la scène politique
de Didier LAURAS (AFP)_11 octobre 2009

Maintenue en détention par la junte birmane, Aung San Suu Kyi a initié en une semaine un double dialogue avec les militaires et les pays occidentaux, retrouvant un rôle politique qu'elle avait ces derniers mois complètement perdu. Alors qu'a été confirmée le 2 octobre sa condamnation à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence, la figure de proue de l'opposition semble être redevenue un interlocuteur à Rangoun après une semaine vertigineuse, au regard de l'immobilisme des derniers mois.
 
"Elle est politiquement active. Elle a un rôle à jouer en Birmanie", résume Win Min, militant pro-démocratie et chercheur à l'université de Chiang Maï, en Thaïlande. Mme Suu Kyi a rencontré Aung Kyi, ministre du Travail et officier de liaison du régime, à deux reprises alors qu'ils ne s'adressaient plus la parole depuis janvier 2008. Elle a ensuite débattu des sanctions occidentales avec des diplomates américain, australien et européen.
 
"Elle était très impliquée, très intéressée à aller dans le détail de tout ce qu'elle voulait aborder, et elle a fait preuve comme toujours de beaucoup d'éloquence", a relevé sur la BBC Andrew Heyn, ambassadeur de Grande-Bretagne, qui représentait l'UE lors de l'entretien. L'opposante avait proposé fin septembre, dans une lettre au généralissime Than Shwe, d'intervenir auprès des Occidentaux pour aider à lever les sanctions contre la Birmanie. Contre toute attente, l'homme fort de Naypyidaw a accepté.
 
"Elle voudrait jouer un rôle majeur dans les relations entre la junte et les Etats-Unis. (Les militaires) pourraient être prêts à le permettre jusqu'à un certain point," estime Derek Tonkin, ancien diplomate britannique. Les militaires ont promis des élections en 2010, les premières depuis celles de 1990 que la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi avait remportées. La plupart des observateurs ont jusqu'à présent considéré qu'elles ne seraient qu'un simulacre.
 
Mais Than Shwe, estiment-ils, veut sans doute utiliser l'opposante, qu'il déteste, pour redorer un peu son image.
"Than Shwe est le seul qui prenne toutes ces décisions", estime Win Min, évoquant à la fois le maintien en détention de Suu Kyi et sa relative liberté de mouvement. "Il veut de la légitimité pour les élections. Une façon d'en obtenir est de donner (à Suu Kyi) un peu de liberté".
 
L'opposante a en tout cas repris du service dans une atmosphère modifiée par la récente décision américaine de discuter avec la junte. Et Nyan Win, porte-parole de la LND, affirme qu'elle peut jouer un rôle croissant.
 
"Sa rencontre avec les diplomates constitue le commencement de son rôle politique, car les sanctions elles-mêmes sont affaire de politique", a-t-il expliqué à l'AFP. "Aung San Suu Kyi a le droit de faire de la politique. Cela n'est pas lié au fait qu'elle soit ou non assignée à résidence". La prudence reste évidemment de mise, vis-à-vis d'un régime qui a déjà donné dans le passé des gages de bonne volonté avant de refermer violemment les portes du dialogue. Un signe fondamental de progression serait une rencontre entre Aung San Suu Kyi et Than Shwe, qui ne se sont pas rencontrés depuisplusieurs années. lire l'article

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