Birmanie: une journaliste vidéo condamnée à 20 ans de prison
BANGKOK, 6 jan 2010 | Un tribunal en Birmanie a condamné à 20 ans de prison une journaliste vidéo qui travaillait avec une télévision à l'étranger, ont affirmé mercredi des organisations de défense des journalistes, nouvelle preuve de la constante répression des dissidents par le régime militaire.
AFP | 06.01.2010 | 11:59
Un tribunal en Birmanie a condamné à 20 ans de prison une journaliste vidéo qui travaillait avec une télévision à l'étranger, ont affirmé mercredi des organisations de défense des journalistes, nouvelle preuve de la constante répression des dissidents par le régime militaire.
L'information n'a pas été confirmée de source officielle.
Hla Hla Win, 25 ans, journaliste indépendante birmane, avait été arrêtée en septembre après s'être rendue dans un monastère bouddhiste à Pakokku (nord), ont indiqué Reporters sans frontières (RSF) et l'Association des médias birmans (BMA).
Un tribunal de Pakokku l'a condamnée le 31 décembre à 20 ans de prison pour violation de la loi sur l'électronique, après une précédente condamnation en octobre à 7 ans de prison pour utilisation d'une moto illégalement importée. Une peine de 26 ans de prison a été prononcée contre un homme qui l'accompagnait.
"Nous sommes outrées par la condamnation de cette jeune femme", ont indiqué les deux organisations dans un communiqué, précisant que la journaliste travaillait pour la télévision "Democratic Voice of Burma" (DVB), basée en Norvège.
"Les gens attendaient des signes d'ouverture et des gestes de bonne volonté de la junte militaire en cette année d'élections mais cette peine extrêmement sévère contre une vidéaste de 25 ans, et les récents commentaires menaçants du chef de la junte, laissent peu d'espoir sur le fait que ces élections seront libres", a ajouté le communiqué.
Le directeur du bureau d'Oslo de DVB a vivement protesté contre le jugement. "Ces lois ne sont que des excuses pour la punir du travail qu'elle effectuait comme journaliste (clandestin) en Birmanie", a déclaré à l'AFP Aye Chan Naing.
Le généralissime Than Shwe a demandé lundi à la population de faire le "bon choix" lors des élections promises pour cette année mais dont la date n'a pas été officiellement fixée.
De nombreux militants, moines, étudiants et journalistes ont été condamnés à de lourdes peines pour leurs rôles présumés dans les manifestations de 2007 contre le régime, et pour l'organisation d'opérations non-officielles d'aide aux victimes du cyclone Nargis, en mai 2008.
La figure de proue de l'opposition Aung San Suu Kyi a pour sa part été privée de liberté pendant plus de 14 des 20 dernières années. |