L’
Association Suisse-Birmanie,
conjointement avec les associations du monde entier luttant pour la
démocratisation en Birmanie, appelle le secrétaire général de l’ONU, M.
Ban Ki-moon, à exiger du régime birman la libération immédiate et
inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, pour favoriser une
véritable transition vers la démocratie.
POURQUOI ?
AU NOM DE LA "STABILITÉ" : UNE DICTATURE MILITAIRE CONTRE SA POPULATION
Depuis 1988, la Birmanie vit sous la coupe d'une des dictatures les plus brutales de la planète. Elle subit les affres du seul régime au monde à maintenir en détention un prix Nobel de la paix (Aung San Suu Kyi, dirigeante de l’opposition démocratique et prix Nobel 1991). La Junte militaire justifie son maintien au pouvoir par la soi-disant nécessité de maintenir l’”unité nationale” : sans elle la Birmanie, composée à 40% de minorités ethniques, serait menacée de désintégration.
Pourtant, loin de favoriser la stabilité, la politique de la junte a pour effet d'exaspérer les tensions.
Sur le plan de la sécurité, tout d’abord : les militaires mènent une politique de ”birmanisation” forcée dans les zones peuplées par les minorités nationales. Plus de 3000 villages ont été détruits ou vidés de leurs habitants dans l'Est du pays en seulement dix ans. Comment un régime pratiquant une telle épuration ethnique peut-il encore se présenter comme le garant de la stabilité nationale ?
Sur le plan économique, ensuite : le régime manque tant des compétences que de la volonté nécessaire au développement du pays. Sa préoccupation première est sa sécurité : plus de 40 % du budget de l'État est consacré aux dépenses militaires, contre 0,4% à l’éducation et à la santé. Dans ce contexte, les investissements étrangers contribuent bien peu au développement du pays : du fait de la mainmise quasi-totale des généraux sur l’économie, ils tendent même bien souvent à financer et à renforcer le régime, au détriment du peuple birman. Depuis la "révolution safran" d'août et septembre 2007, la situation économique ne s’est nullement améliorée pour la population birmane. Cette ”révolution” avait pourtant été déclenchée en réaction à l’augmentation des prix des carburants, insoutenable pour une population vivant pour moitié avec moins de 1$ par jour. Mais le régime avait préféré réprimer dans le sang les manifestations menées par des moines bouddhistes, des opposants politiques et de simples citoyens.
Sur le plan des services essentiels, enfin : selon l’OMS, la Birmanie se classe 190e sur 191 pays pour son système de santé, qui ne répond à aucun des besoins fondamentaux de la population. Ainsi, les ”maladies de pauvreté” explosent : tuberculose, paludisme, malnutrition, infections respiratoires, mortalité infantile, tandis que le virus du VIH/sida connaît une expansion rapide. De même, les militaires n’ont jamais affiché le moindre intérêt pour l’éducation qu’ils ont laissé se délabrer, ce qui handicape lourdement la jeune génération en termes de développement humain et social.
Ainsi, par la conjugaison d'atteintes systématiques et généralisées aux droits de l'homme, d'une gestion catastrophique de l'économie et d'un mépris pour les besoins vitaux de sa population, le régime, loin d'être un garant de la stabilité nationale, apparaît bien au contraire comme la cause d’une périlleuse instabilité.
UN RÉGIME DE TERREUR
Propagande et campagne d’intimidation : Une opposition muselée Être citoyen birman, c’est subir au quotidien la pression exercée par le régime : taxes accablantes, surveillance, fouilles, descentes de police, chantages, menaces indirectes sont autant de moyens d’exercer un contrôle total sur la société birmane et d’interdire toute liberté publique. Le régime suit sa devise qui orne les façades urbaines du pays : "Écraser les ennemis de l’extérieur mais aussi de l’intérieur".
Dans un pays où accueillir un étranger, avoir en sa possession un rapport de l’ONU ou un article de presse étrangère, ouvrir ses portes à plus de cinq personnes sont des crimes passibles de lourdes peines de prison, s’opposer à la junte demande bien du courage.
Répression et harcèlement : Une opposition brimée Arrestations arbitraires, détention abusive et peines maximales sont le lot de ceux qui ont, en Birmanie, osé exprimer une opinion en désaccord avec la junte. Une seule parole dissidente, ou même discordante, est passible de lourdes peines d’emprisonnement.
2 128 prisonniers politiques sont recensés aujourd’hui en Birmanie, par l’association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP).
On appelle prisonnier politique toute personne incarcérée dont la détention est imposée en violation de ses libertés fondamentales, pour des raisons politiques et sans rapport avec une infraction.
Ils et elles sont journalistes, députés, écrivains, étudiants, moines, membres de la Ligue Nationale pour la Démocratie, médecins, agriculteurs, avocats, bloggeurs, professeurs ou encore commerçants. Hommes politiques, religieux ou simples citoyens, c’est l’exercice d’une de leurs libertés fondamentales (de pensée, de conscience, d’expression, d’association), qui les a conduits dans les geôles birmanes.
Fin 2008, quelque 215 citoyens birmans se sont vus, à la suite de procès iniques, attribuer des peines allant jusqu’à 104 ans de prison pour avoir élevé la voix et réclamé droits et libertés fondamentales.
L’existence de ces prisonniers politiques est la marque de l’arbitraire du régime birman.
Entre 2007 et 2008, le nombre de prisonniers politiques a doublé.
La situation s'aggrave, il est urgent d'agir !
UNE OPPOSITION LÉGITIME EST PRÊTE POUR LA TRANSITION
En organisant des élections législatives pour 2010, la junte prépare ce
qu’elle appelle pompeusement une "démocratie disciplinée". L’opposition,
réduite au silence et dont la participation n’est pas requise, se trouve écartée
de l’arène politique.
Consciente de la nécessité de prendre en compte les revendications de
toutes les composantes de la société, l’opposition birmane réclame un dialogue
tripartite entre le régime militaire, les forces démocratiques et les
représentants des minorités. Ce dialogue permettrait une transition
vers un régime civil. Aung San Suu Kyi, grâce à l’attention qu’elle a toujours
porté aux aspirations des minorités, a réussi à fédérer toutes les composantes
de la population derrière elle. La figure du mouvement démocratique demeure ainsi
la meilleure garante d’une transition pacifique, loin du chaos promis par les
généraux s'ils venaient à quitter le pouvoir.
Surtout, Aung San Suu Kyi n'est pas seule. Partis politiques,
associations de soutien aux prisonniers politiques, mouvements de femmes,
organisations de défense des droits de l'homme, réseaux d'information,
groupements de juristes et représentations des minorités constituent à
l'intérieur comme à l'extérieur du pays une opposition multiple, compétente et
prête pour la transition.
Pourtant, cette transition n’est pas à l’ordre du jour pour les généraux
birmans. Lors du référendum de mai 2008 - un référendum auquel il était
interdit de voter "non" -, le pouvoir militaire a fait approuver par 92, 4 % des
voix une nouvelle constitution. Celle-ci vise uniquement à donner une apparence
de légalité à la mainmise des militaires sur le pays et ne garantit pas la
moindre liberté civile ou politique. Cela a conduit différents partis
politiques, dont la Ligue Nationale pour la Démocratie d'Aung San Suu Kyi, à
dénoncer avec virulence cette nouvelle constitution.
La junte birmane n'entend cependant pas dialoguer avec l’opposition.
Elle s'apprête à poursuivre sa feuille de route vers une "démocratie
disciplinée et florissante" par l'organisation d'élections en 2010.
Élections auxquelles les opposants démocrates ne participeront pas, à moins que
des modifications en profondeur ne soient apportées au projet de constitution.
Confrontés, encore et toujours, à la surdité d'un régime hostile à tout compromis,
les démocrates birmans ont plus que jamais besoin du soutien de la communauté
internationale.
Une alternative politique à la junte birmane existe
bel et bien. Il est urgent de la soutenir !
COMMENT ?
►En ajoutant votre signature à la pétition, vous signez la lettre à l’attention de Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU et ainsi vous « Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre », comme le dit Aung San Suu Kyi.