Janvier 2011 - RELEASE OVER 2200 POLITICAL PRISONERS NOW! “Only democracy is appropriate for freedom. This is the only way to peace.” (Gen. Aung San, Independence Leader of Burma) nouveau rapport à télécharger ici >>>
Fiches-portraits de quelques prisonniers emblématiques ▼
Le point de vue de l’AAPPB-Association d’assistance aux prisonniers politiques (Birmanie) sur l’amnistie annoncée du Président U Thein Sein
L'administration du Président U Thein Sein avait annoncé une amnistie pour le 12 janvier 2012 et qui concernerait la libération pour le 13 janvier de 651 prisonniers, hommes et femmes, selon l’article 401 de la Loi de procédure pénale. Selon les données que l’AAPP-B a recueillies et vérifiées jusqu’en fin de matinée du 14 janvier 2012, le nombre de prisonniers politiques parmi les personnes libérées est de 287.
Nous, membres de l'AAPP-B, saluons l'action de l’administration du Président U Thein Sein étant donné que parmi les personnes libérées se trouvaient des leaders étudiants de la Génération 88, des leaders ethniques et d'éminents prisonniers politiques. Cependant nous sommes malheureux que, conformément à l'article 401 du Code de procédure pénale, la libération ne soit pas sans condition, le nombre de prisonniers politiques libérés est limité et les demandes de l'opposition, des Birmans et de la communauté internationale, n'ont pas été respectées.
La discrimination et les limites de la libération nuit gravement à la santé physique et au bien-être mental d’environ 1.000 prisonniers politiques qui restent enfermés dans les prisons de Birmanie. Nous considérons qu’en laissant les prisonniers politiques restants derrière les barreaux, c’est une torture. De même, en laissant les prisonniers politiques des groupes ethniques armés dans les prisons, cela nuit grandement à la perspective d'une réconciliation nationale en Birmanie.
Conformément aux données actuelles de l'AAPP-B, le nombre de prisonniers politiques restant emprisonnés est de plus de 1.000, et nous sommes en mesure de vérifier la localisation de plus de 600 d’entre eux. Notre processus de vérification est en cours. Concernant le litige sur le nombre de prisonniers politiques, un organisme d'enquête indépendant, dirigé par l’ONU par exemple, devrait être autorisé à enquêter sur les prisons birmanes. L’AAPP-B est prête à travailler en collaboration avec toute personne ou organisation.
Pour ces raisons, l’AAPP-B exhorte l'administration du Président U Thein Sein de libérer, immédiatement et sans condition, les prisonniers politiques restants et d’effacer leurs casiers judiciaires. >>>la déclaration en anglais
Pour plus d’informations
Tate Naing (Secretary): +66 (0) 81 287 8751
Bo Kyi (Joint-Secretary): +66 (0) 81 962 8713
Assistance Association for Political Prisoners (Burma)
P.O Box 93, Mae Sot, Tak Province 63110, Thailand,
Le 2 janvier, le président U Thein Sein du USPD (Parti solidarité de l'Union pour le développement) a signé le décret d'amnistie 1/2012, autorisant une commutation des peines de mort en une réduction des peines de prison. Les prisonniers purgeant des peines de plus de 30 années ont vu leurs peines réduites à 30 ans; les prisonniers avec des peines de 20 à 30 années auront maintenant jusqu'à 20 ans et les détenus de moins de 20 ans verront une déduction de détention d’un quart de leurs peines.
«Cette annonce n'est pas considérée comme une amnistie, car c’est juste une réduction déplorable en termes draconiens de prison. Les prisonniers politiques, particulièrement ceux dans des positions de premier plan et dans des rôles de leadership, ont été condamnés à des peines extrêmement longues, dans le but de les exclure de toute amnistie à venir. Ayant une réduction de peine de 120 ans à 90 ans ne signifie rien pour ceux qui ont sacrifié leur vie pour la transition démocratique et qui continuent à croupir derrière les barreaux. Il est impératif qu'ils soient libérés immédiatement et sans condition - le mouvement pour la démocratie en Birmanie ne peut pas attendre plus longtemps», dit Bo Kyi, co-secrétaire de l’AAPP.
Par trois fois une amnistie a été déclarée par le président U Thein Sein, et trois fois la communauté nationale et internationale a été trompée. Ces amnisties n’aboutissent à rien si ce n’est que pour des modifications insignifiantes pour des peines de prisons déjà trop lourdes. Bien que l’AAPP se félicite de la libération de tout prisonnier politique, il convient de répéter que chaque prisonnier politique derrière les barreaux est un prisonnier politique de trop.
Cette amnistie la plus récente n'est pas différente des amnisties précédentes où seul un petit nombre de prisonniers politiques a été libéré. L’AAPP confirme que lors de la dernière amnistie, ordonnée par U Thein Sein, seulement le 0,75% des personnes libérées étaient des prisonniers politiques. Environ 14.600 prisonniers ont été libérés le 17 mai 2011, mais seulement 72 d'entre eux étaient des prisonniers politiques. Lors de la deuxième amnistie, le 12 octobre 2011, 6.359 prisonniers ont été libérés, avec seulement 241 prisonniers politiques. À la fin de la journée du 4 janvier 2012, l’AAPP confirme que 34 prisonniers politiques ont été libérés. Alors que la majorité d'entre eux arrivaient à la fin de leurs peines. Ceux qui ont un rôle essentiel à jouer dans le processus de réconciliation nationale et démocratique, avec la promotion de la société civile naissante, vont rester derrière les barreaux pendant des décennies. Le chef ethnique, U Khun Htun Oo, le leader de la génération 88, Min Ko Naing, le leader des moines bouddhistes, le vénérable U Gambira, les militants individuels, les étudiants et les femmes qui ont de longs emprisonnements sont ostensiblement exclus de cette amnistie sans vergogne.
«Cette amnistie est totalement insuffisante et contrevient directement aux déclarations faites par les autorités que la majorité des prisonniers politiques seraient libérés en janvier. Ces déclarations s'apparentent à de la torture mentale, tant pour le prisonnier politique et leurs proches qui s’attendaient à leur mise en liberté. C'est une tactique cruelle destinée à user l'esprit et le moral de ceux qui sont emprisonnés», a déclaré Bo Kyi.
L'échec de libérer tous les prisonniers politiques donne peu d’espoir aux Birmans pour le sort de la démocratie et des droits humains dans le pays. Aucun processus de réconciliation nationale ou de résolution de conflits ethniques internes ne peut se faire sans la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Il est clair que ces amnisties autoproclamées ont été méthodiquement conçues pour exclure les prisonniers politiques qui purgent des peines de prison de longue durée, y compris pour les membres de la génération 88. Les faux pas répétés de l'administration de U Thein Sein, où les libérations imminentes sont «claironnées» favorise la suspicion et la méfiance.
Les prisonniers politiques, arrêtés et condamnés sous l'ancien régime militaire, ont été arbitrairement privés de leur liberté et aucun droit universel pour un procès équitable ne leur a été accordé. Si la Birmanie veut se montrer comme étant une nation en transition démocratique, elle doit expliquer pourquoi plus de 1.000 prisonniers politiques continuent d'être privés de leurs libertés les plus élémentaires. La libération de tous les prisonniers politiques ne dépend que de l'autorisation du président U Thein Sein, son échec à faire cela révèle sa réticence à résoudre cet urgent problème. Cela permettrait de jeter les bases d'une nation qui serait conforme à la règle de droit et des droits humains.
Face à une telle amnistie inadéquate, l’AAPP répète ses appels à l'administration d’U Thein Sein qui doit reconnaître l'existence des prisonniers politiques, d’obtenir leur libération immédiate et inconditionnelle et d’effacer leurs casiers judiciaires. Ceci est une première étape nécessaire avant que la Birmanie puisse avancer vers la paix et la réconciliation nationale.