Aung San Suu Kyi
le procès de 2009

Mardi 11 août 2009 - Communiqué de l'Association Suisse-Birmanie

Aung San Suu Kyi condamnée et privée de liberté pour 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence ! C’est une condamnation à mort pour la démocratie en Birmanie !
 
  L’Association Suisse-Birmanie, conjointement avec les organisations européennes, condamne fermement aujourd'hui la dictature militaire birmane sur cette décision illégale.
  Aung San Suu Kyi a été reconnue coupable et est condamnée à trois ans de détention pour avoir enfreint les termes de son assignation à domicile après qu’un Américain, John Yettaw, a nagé jusqu’à sa maison et a refusé de quitter les lieux.
  Dans un décret spécial lu par le ministre de l’Intérieur, le chef de la junte Than Shwe, a commué la peine en 18 mois de résidence surveillée. Cette réduction de peine ne doit en aucun cas être considérée comme une inflexion ou un signe de bonne volonté de la junte. Au contraire le pouvoir birman cherche à donner l’illusion d’une peine clémente tout en atteignant son objectif ultime : empêcher toute participation de la leader de l’opposition aux élections de 2010 et au processus politique.
  Pour sa part, John Yettaw a été condamné à sept ans de travaux forcés.
  Aung San Suu Kyi a été en détention pendant plus de 13 des 19 dernières années.
  La diplomatie douce de l'ONU et des pays d'Asie, l’ASEAN, a échoué. Un embargo sur les armes est le moyen le plus efficace de montrer que la dictature militaire ne doit plus défier la communauté internationale.
  D’ailleurs, dans un communiqué publié à Bruxelles aujourd’hui, l'Union européenne condamne unanimement le verdict rendu contre Daw Aung San Suu Kyi, dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie et lauréate du prix Nobel de la paix, et le procès injustifié dont elle a fait l'objet. L'UE demande instamment aux autorités de la libérer immédiatement et sans conditions, poursuit la déclaration. L'UE répondra par de nouvelles mesures ciblées à l'encontre des responsables de ce verdict. Elle renforcera encore les mesures restrictives qu'elle a prises et qui visent le régime de la Birmanie/du Myanmar, y compris ses intérêts économiques, avertit la présidence suédoise.
  Que répondra le gouvernement suisse à notre demande de prise de position à cet égard ?
  Pour en savoir plus, nous vous conseillons un site en anglais qu’une équipe de chercheurs de l’université d’Harvard avait publié en avril dernier. Il s’agit d’un rapport recensant les preuves établies par les agences des Nations unies de crimes contre l’humanité et crimes de guerres commis par le régime.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) condamne le verdict prononcé ce jour, à savoir la prolongation de 18 mois de l’assignation à résidence à l’encontre de Daw Aung San Suu Kyi. lire le communiqué de presse
19:30 le journal de la tsr.ch - Nouvelle assignation à résidence pour Aug San Suu Kyi: commentaire de Claude Schauli, membre fondateur de l'Association Suisse-Birmanie voir les images du TJ
19:30 le journal de la tsr.ch - L'opposante birmane Aug San Suu Kyi est à nouveau assignée à résidence pour une durée de 18 mois voir les images du TJ

Le Conseil de l'Union européenne adopte des mesures restrictives supplémentaires à l'encontre de la Birmanie/du Myanmar Lire le texte


Aung San Suu Kyi

Le procès de 2009 (bref compte-rendu)

ce document a été réalisé par notre consoeur française Info Birmanie

Le 18 mai 2009, Aung San Suu Kyi est jugée pour avoir hébergé un homme, alors qu'elle était assignée à résidence. Elle risque cinq ans de prison.

Le 14 mai elle avait été transférée de sa résidence vers le complexe d’Insein où elle a été inculpée. Selon les autorités, un ressortissant américain, John Yettaw, a réussi à gagner à la nage la maison d’Aung San Suu Kyi, située au bord d’un lac, et y a séjourné du 3 au 5 mai, avec la complicité de l’opposante et les deux militantes qui résident avec elle. En l’hébergeant, Aung San Suu Kyi violerait les règles de son assignation à résidence. Aung San Suu Kyi clame son innocence et affirme qu’elle «n’a commis aucun crime». Elle dit avoir «eu pitié de cet homme car il avait des crampes aux jambes après avoir traversé le lac». Outre Aung San Suu Kyi, ses deux dames de compagnie, Khin Khin Win et Win Ma Ma, ainsi que John Yettaw, sont jugés le même jour.

Les avocats d’Aung San Suu Kyi ont dû se débattre quotidiennement sur la route pavée d’embûches de la justice birmane. La défense n’a pu présenter qu’un seul témoin contre quatorze pour l’accusation. Après un appel interjeté par les avocats de l'opposante, la cour territoriale de Rangoon a estimé qu'un deuxième témoin pouvait être entendu. L’équipe juridique d’Aung San Suu Kyi a axé sa défense sur les règles de loi selon lesquelles Aung San Suu Kyi était maintenue en détention depuis six années en argumentant que les charges contre elle étaient invalides. C’est dans le cadre de la même loi que les quatre accusés sont inculpés le 18 mai ; la Loi sur l'Etat d'urgence (dénommée également Loi visant à protéger l'Etat des dangers émanant des éléments subversifs). Cette loi date de 1975. Or une nouvelle constitution a été adoptée depuis - en 2008 - et rend cette loi obsolète.

Maintes fois reporté puis attendu pour le vendredi 31 juillet, le verdict du procès d'Aung San Suu Kyi sera finalement connu le 11 août 2009.

Le motif officiel du report est une nécessaire interprétation « des termes juridiques liés à la Constitution de 1974 » selon un juge de la cour birmane. La junte cherchait clairement un prétexte pour prolonger la détention de Suu Kyi. Pourtant les condamnations internationales de la mascarade de procès l’ont mise dans une situation très embarrassante. La communauté internationale a unanimement qualifié la procédure de farce et n’est pas dupe de la manœuvre des généraux. Devant la bronca inattendue et provoquée par le procès, les généraux ont semblé hésiter sur la stratégie à adopter pour écarter totalement la leader démocrate du processus politique. Elle était passible de cinq ans de prison ce qui l’exclurait du paysage politique pendant les élections que la junte entend organiser en 2010.

Le 11 août, elle écope d’abord de trois ans de prison et de travaux forcés. Le chef de la junte Than Shwe a ensuite commué la peine en 18 mois de résidence surveillée. De nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme condamnent le verdict de culpabilité prononcé à l'encontre de la dirigeante du mouvement démocratique comme reposant sur des motifs politiques. Il constitue un abus de pouvoir répréhensible de la part du gouvernement militaire de Birmanie.

Le 2 octobre 2009, l’appel déposé par les avocats d’Aung San Suu Kyi est rejeté.

Le 13 novembre 2009, les avocats d’ Aung San Suu Kyi ont fait appel devant la Cour suprême de sa condamnation à dix-huit mois supplémentaires d'assignation à résidence. Il appartient désormais à cette juridiction d'établir la recevabilité du recours déposé par les avocats, puis le cas échéant de l'examiner.


Lundi 18 mai 2009 - 12h30
Le procès d'Aung San Suu Kyi qui s'est ouvert ce matin à huis clos dans la prison d'Insein à Rangoun se poursuivra demain

Depuis hier:
Les journalistes birmans ont leur ligne de téléphone coupée et les commerces sont fermés dans les environs de la prison.
Aujourd'hui: Des diplomates anglais, français, allemand et italien, tout comme des membres de la LND et de nombreux reporters birmans se sont vu refuser l'entrée de la prison. Toutes visites aux prisonniers sont suspendues.
A 10h50 les routes autour de la prison ont été bloquées par des barbelés et des policiers équipés d'armes lourdes.
Le consul des États-Unis a pu entrer vers midi pour la comparution de John William Yettaw, l'américain qui est entrés dans la résidence de Aung San Suu Kyi, à seul but d'observation et sans aucun moyen de rapporter ce qui a été dit.
Quant à l'avocat de Aung San Suu Kyi il a été vu quittant la prison à 14h40 . Leur itinéraire a été détourné par les autorités en raison de la foule qui s'est réunie aujourd'hui.
L'audience du procureur, le chef de police du département de l'information Ye Myint Aung, s'est terminée à 14h55.
La prochaine audience aura lieu demain à 10h00. 


Procès sous haute sécurité pour Aung San Suu Kyi
  Journal Le Temps / AFP Lire l'article


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