COMMUNIQUÉ en provenance de Burma Campaign UK – 4 février 2010
Rapatriement forcé de 3 000 réfugiés Karens vers la Birmanie Demain, vendredi 5 février, commenceront les retours forcés en Birmanie de près de 3 000 citoyens birmans d’origine karen. Ces Karens avaient trouvé refuge en Thaïlande en juin 2009 après que leurs villages aient été attaqués par l’armée birmane. Le gouvernement thaï a officiellement déclaré que ces retours sont volontaires, il apparaît pourtant que les réfugiés sont soumis à une forte pression, tout en étant détenus dans des conditions difficiles dans deux camps temporaires, le long de la frontière birmano-thaïlandaise. Au même moment, près de 2 000 Karens ont été déplacés de leurs villages d’origine au cours du mois de janvier 2010 suite à une série d’offensives militaires menées par les militaires birmans. Sommaire En juin 2009, quelque 3 000 réfugiés karens ont été forcés de fuir vers la Thaïlande. Actuellement ils sont confrontés à un retour forcé en Birmanie et ceci dès le 5 février 2010, bien que le gouvernement thaïlandais, les autorités locales et les représentants militaires aient officiellement déclaré qu'ils ne forceront pas les gens à partir. Mais en réalité, ils exercent des pressions importantes pour le retour des réfugiés qui sont maintenus dans deux camps temporaires dans des conditions difficiles, à Nong Bua, (aussi appelé No Bu), à Mae U Su et à Tha Song Yang tout près de la frontière birmano-thaïlandaise. Arrière-plan Les réfugiés Karens ont été contraints de fuir leurs foyers en juin 2009, lorsque l'armée birmane et l'armée bouddhiste démocratique karen (DKBA), un allié de la dictature militaire birmane, ont attaqué une zone dans le district de Pa'an de l'État de Karen en Birmanie, ainsi qu’à la frontière thaïlandaise, laquelle était sous le contrôle de la pro-démocratique Karen National Union (KNU). L'attaque a été considérée comme faisant partie de la perpétuelle offensive de la dictature contre le peuple Karen et l'Union nationale karen. Prendre cette région frontalière est également important car cela permet de fermer une frontière par laquelle l’information sur les violations des droits de l'homme atteint le monde entier. Il y a eu d'importantes violations des droits humains lors de l'offensive militaire. L'armée birmane et le DKBA ont utilisé des centaines de personnes comme esclaves, et deux jeunes femmes ont été violées et tuées. Sur les 3 000 réfugiés, près de 1 200 viennent du camp de Ler Per Her. The Burma Campaign UK avait visité ce camp et y avait interrogé des personnes sur place. Ils avaient déclaré qu’ils avaient dû fuir leurs villages en raison des violations des droits de l'homme et des attaques militaires de la DKBA et de l'armée birmane. Le camp lui-même avait déménagé deux fois dans le passé en raison des attaques perpétrées par l'armée birmane et le DKBA. Bon nombre d’autres réfugiés viennent des zones contrôlées par le DKBA en raison des violations des droits humains, notamment l'enrôlement force dans l’armée, le travail forcé et le vol de nourriture. Beaucoup de ces 3 000 réfugiés sont maintenant contraints à la déportation forcée, donc le retour en Birmanie. Ces personnes ont déjà dû quitter leurs domiciles quatre fois par le passé, si ce n’est plus. La situation dans les camps temporaires Il est important de souligner la réaction positive du gouvernement thaïlandais qui a permis depuis longtemps l’entrée aux réfugiés en Thaïlande, mais il était clair que les autorités thaïlandaises ne voulaient pas qu'ils restent longtemps. Ces réfugiés-là n'étaient pas autorisés à pénétrer dans les camps établis depuis longtemps, comme Mae La, où il y a des infrastructures telles que des centres de santé, des écoles et la possibilité de construire sa propre maison et ceci dans les meilleures conditions qui soient. Les réfugiés ont donc été installés dans deux camps temporaires, ils n’ont pas été autorisés à se construire leurs propres logements, ni à utiliser les toits traditionnels en feuilles qui maintiennent les bâtiments au frais lors de la construction de l'école. Par ces conditions de vie, des maladies comme la rougeole et les infections oculaires sont devenues très fréquentes, surtout chez les enfants. Quelques-uns des réfugiés et des travailleurs ressentent cette oppression comme étant un “encouragement” de la part du gouvernement thaï à retourner en Birmanie. Le danger d'un retour Les réfugiés qui rentrent en Birmanie sont face à de nombreux dangers, le plus immédiat est les mines terrestres. Celles-ci ont été posées à Ler Per Her et alentours, sans aucune trace de l'endroit où elles ont été posées. Aucune organisation n'est en mesure ou disposée à tenter d’en déminer la zone. Certaines personnes qui ont essayé de retourner dans leurs foyers ont été tuées ou blessées par des mines terrestres. Le 18 janvier dernier une femme enceinte qui était sur le retour a sauté sur une mine et a été grièvement blessée. La zone dans laquelle les gens seraient contraints de retourner est maintenant sous le contrôle de la DKBA, une organisation qui est coupable d'avoir commis des violations atroces des droits de l'homme contre des civils, y compris le recours généralisé au travail forcé, les exécutions, les tortures et les mutilations, le recrutement forcé de soldats, y compris d’enfants soldats, le vol et l'extorsion, ce qui rend la survie très difficile. En outre, ceux qui sont contraints de revenir doivent faire face à de graves problèmes humanitaires, tels que la nourriture et l’accès à l'eau potable. Il y a aussi un manque de logements. Les autorités thaïlandaises affirment que 30 logements sont utilisables à Ler Per Her, mais il n’y en a pas assez pour tous les réfugiés. Le 26 janvier dernier, l'armée thaïlandaise a contraint 50 de ces réfugiés à revenir à Ler Per Her pour les préparer au retour. Afin d’éviter le déminage qui effrayent les militaires thaïs, vingt personnes ont été réquisitionnées pour ce travail ; parmi eux se trouvaient des femmes et des enfants de moins de 16 ans. Les soldats du DKBA leur ont dit de ne pas quitter l'étroit sentier principal et de ne pas aller à proximité des maisons. Après deux heures, les militaires thaïlandais les ont ramenés au camp temporaire. Promesses rompues de la Thaïlande La Thaïlande n'est pas signataire de la Convention sur les réfugiés de 1951, mais avait néanmoins autorisé les réfugiés en Thaïlande, et a ensuite déclaré qu’elle ne forcerait pas le retour des réfugiés. Cela a été grandement apprécié par les réfugiés et la communauté internationale. Tout récemment, le 13 janvier dernier, le bureau de district Tha Song Yang a accueilli une réunion à laquelle le UNHCR (office des nations unies pour les réfugiés), les organismes d'aide, un représentant local de la KNU, le DKBA, le commandant local des Thai Black Rangers, le chef du district, la police des frontières et la sécurité nationale du Conseil étaient présents. Ils ont déclaré que ceux qui voulaient retourner en Birmanie seraient encouragés à le faire, et que ceux qui ne le voulaient pas seraient transférés dans le camp de réfugiés de Mae La. C'est l'option qu’ont privilégié les réfugiés eux-mêmes et les agences qui les assistent. Toutefois, le lendemain, lors d'une réunion des responsables thaïlandais incluant des hauts responsables militaires et fonctionnaires de la province de Tak, à laquelle seul le HCR a assisté, il a été décidé que les réfugiés ne seraient pas transférés à Mae La et qu’il leur serait plutôt demandé de quitter ou de rester dans les camps temporaires. Forcer les gens «volontaires» et jouer avec les mots Les enquêtes auprès des réfugiés par leurs propres dirigeants et les organismes n’ont trouvé qu'une seule famille qui souhaitait rentrer. Toutefois, les autorités thaïlandaises affirment qu'il existe 126 personnes qui veulent rentrer. Les familles sont confrontées à une pression accrue pour leurs retours, avec des visites régulières des fonctionnaires et des militaires qui traitent les réfugiés d'une manière agressive et intimidante. Il est à craindre que les réfugiés soient victimes d'intimidation et ont peur de dire non aux fonctionnaires. En même temps, les officiels ont peut-être mal interprété les dires des réfugiés. Beaucoup disent qu'ils souhaitent revenir en Birmanie, mais seulement quand la sécurité sera de retour (ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle). Les autorités thaïlandaises peuvent décider que c’est le moment du retour. Les conditions dans les camps sont également devenues plus difficiles. L'autorisation en cours pour la distribution alimentaire est incertaine. Un récent rapport des autorités militaires déclare qu'ils souhaitent distribuer du riz livré et supporté par TBBC-Thai Burma Border Consortium.Toutefois, la liste des réfugiés n'est pas exacte, et il risqué que de nombreuses personnes n’obtiennent pas de nourriture longtemps. Les rumeurs constantes et les incertitudes créent un stress inutile pour des réfugiés déjà traumatises. Nouvelles offensives militaires contre les civils karens Les autorités thaïlandaises prennent cette mesure en même temps que la dictature militaire birmane intensifie ses attaques contre le peuple Karen. La dernière semaine de janvier, 2 000 Karens ont été forcés de fuir leurs foyers en raison des nouvelles offensives lancées par l'armée birmane qui ont eu lieu dans les districts de Toungoo, Mutraw / Papun et Nyaunglebin de l'État Karen. Le gouvernement thaïlandais voudrait renvoyer les réfugiés en Birmanie où le régime militaire commet des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité contre les civils karens. Que ce passera-t-il après ? Les autorités thaïlandaises modifient leur position très régulièrement. Les derniers rapports reçus par Burma Campaign UK sont que le matin du 5 février, des camions militaires arriveront à Nong Bua pour prendre les premiers soi-disant volontaires pour revenir en Birmanie. Trente familles doivent être prises en charge. Il devrait y avoir d’autres déportations régulières par la suite, d'abord à Nong Bua, puis à Mae U Su. Ce qui devrait se passer ensuite? La plupart des réfugiés eux-mêmes se disent prêts à retourner en Birmanie s'ils le pouvaient, même si cela impliquait de grandes difficultés, mais il est tout simplement dangereux pour eux de le faire. Ils préféreraient rester là où ils sont, ou aller dans un autre camp. La Thaïlande devrait tenir parole et permettre aux réfugiés qui ne souhaitent pas rentrer de pouvoir rester en Thaïlande. Les agences humanitaires disent que pour ceux qui veulent rester, il y a de la place dans le camp de réfugiés de Mae La. À plus long terme, la Thaïlande devrait adopter une ligne plus stricte avec la dictature militaire birmane et le DKBA qui sont responsables d'attaques contre des civils, les forçant à fuir vers la Thaïlande, provoquant ainsi la crise actuelle. Principaux acteurs Le Gouverneur de la province Tak - Thaïlande - Mr. Samert Loylah Le gouverneur de la province de Tak semble être le décideur clé, et pourrait décider de laisser séjourner les réfugiés. Contact: Mr. Samert Loylah Governor Tak Province Pahonyotin Road Tak, 63000 Thaïlande Tel: +66 (0) 55-511503 (ext: 23620), (+66) 5551 2092, (+66) 5551 1001) Fax: +66 (0) 55-511503 (ext: 23666) Email: samardloyfar@hotmail.com tak@moi.go.th Le Premier ministre thaïlandais – Mr. Abhisit Vejjajiva Contact: Prime Minister Abhisit Vejjajiva The Secretariat Of the Prime Minister Office Government House Bangkok, Thaïlande 10300 Fax: +662 282 8558 Email: icgad@thaigov.go.th Britanniques et autres gouvernements Les gouvernements à travers le monde devraient demander à la Thaïlande de ne pas expulser les réfugiés, et offrir un soutien financier plus important pour les réfugiés en Thaïlande. Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) Le UNHCR semble avoir manqué à son devoir de protéger ces réfugiés. Même à un stade très précoce, le UNHCR semble être du côté des préférences de la Thaïlande pour que les réfugiés retournent en Birmanie, en dépit des dangers évidents et la nette préférence des réfugiés de ne pas revenir pour le moment. Contact: Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés Case Postale 2500 CH-1211 Genève 2 Suisse http://www.unhcr.org/php/contact.php?opt=headquarters
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retrouvez le communiqué en anglais en cliquant ici de BCUK
ainsi que l'appel du KNU-Karen Nation Union
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