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Deux lettres de revendications lues lors de la manifestation du 31 mai 2008 devant la Mission du Myanmar

Lettre aux autorités suisses / DFEA Département des Affaires Etrangères
Alors que le pays venait de vivre l’une des plus grandes catastrophes naturelles de son histoire, coûtant la vie à plus de 133 000 personnes, la junte birmane au pouvoir a voulu envers et contre tous maintenir le référendum sur la constitution les 10 et 24 mai dernier. Tout en refusant l’aide humanitaire internationale, elle a imposé ce scrutin pseudo-démocratique à laquelle seule une partie de la population a pu prendre part et encore sous contrainte et sous haute surveillance.

Les décomptes se sont faits dans la capitale, à 300km de Rangoon, loin des regards. Le peuple birman n'a aucune confiance quant à la fiabilité du résultat. Certaines familles ont reçu des visites les incitant à aller voter OUI. Des citoyens ont déclaré que le OUI était déjà coché à l'avance sur leur bulletin et que des surveillants du régime étaient dans les locaux de vote. Même à bulletin secret, il est difficile pour les Birmans de s'exprimer lorsqu'on sait que voter NON est passible d'une peine de prison.

Le parti d'opposition d'Aung San Suu Kyi, le gouvernement en exil et les organisations pro-démocratiques birmanes se sont indignés que ce référendum ne soit pas reporté pour l'ensemble du pays, au mépris de la population sinistrée. Ils ont dénoncé avec force de nombreuses irrégularités et l'impossibilité du choix lors du vote, et en conséquence ils n'acceptent pas le résultat annoncé de 92% de OUI.

Pendant ce temps, la majorité de la population de Birmanie se débat et essaie d’échapper au chaos.
 
L’Association Suisse-Birmanie salue les efforts entrepris par les autorités suisses, en particulier la DDC, en vue de venir en aide au peuple birman.

Néanmoins, si l’aide humanitaire est essentielle, il est indispensable que les pays du monde entier se positionnent sur la tragédie qui se déroule en Birmanie et fassent pression sur la junte au pouvoir.

L’ASB soutient la résolution du Parlement Européen dont les principales revendications sont les suivantes:

-  la population très durement touchée doit être secourue de toute urgence. Les paysans doivent pouvoir notamment planter des semences de riz afin d’éviter un nouveau désastre qui serait provoqué par la famine;

- les autorités birmanes doivent laisser acheminer les secours en priorité sans attendre de planifier la reconstruction des zones dévastées;

- si les autorités birmanes continuent à faire obstruction aux secours venant des autres pays ou d’institutions gouvernementales et non gouvernementales, elles doivent être tenues pour responsables de crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (ICP-ICC);

- l’Inde et la Chine sont appelées à user de toute leur influence sur les autorités birmanes afin que celles-ci ouvrent leurs frontières immédiatement à toute forme d’aide internationale.

L’Association Suisse-Birmanie demande aux autorités suisses de s’associer aux démarches de l’Union européenne afin de venir en aide à la population birmane malgré les obstacles dressés par la junte au pouvoir.

Genève, le 31 mai 2008
Lettre au Général Than Shwe
Alors que votre pays, la Birmanie, venait de subir l’une des plus grandes catastrophes naturelles de son histoire, qui a coûté la vie à plus de 133 000 personnes et qu’actuellement 2 à 3 millions de vos citoyens  sont en danger de mort, vos préoccupations ont été de maintenir un référendum sur la constitution les 10 et  24 mai dernier, dans le but de renforcer votre pouvoir.

Très tardivement, vous avez accepté l’aide humanitaire internationale, abandonnant à leur sort pendant des semaines, sans secours médicaux, sans eau potable, sans nourriture, les paysans des villages rasés par le cyclone.

L’Association Suisse-Birmanie vous prie instamment de mettre tout en œuvre pour que l’aide humanitaire internationale puisse atteindre dans les plus brefs délais toutes les personnes survivantes et sinistrées !

Par ces lignes, l’Association Suisse-Birmanie dénonce l’incurie de votre hiérarchie militaire, son incompétence criminelle, et s’associe aux résolutions de l’Union Européenne, revendiquant le droit pour:
 
- que la population soit secourue de toute urgence, que les tonnes de riz entreposées par vos soins dans des hangars leur soient distribués immédiatement;
- que les paysans aient les moyens de planter rapidement des semences de riz, afin d’éviter la famine;
- que votre régime laisse acheminer les secours en priorité sans attendre de planifier la reconstruction des zones dévastées.

Nous savons par ailleurs que les autorités de votre régime continuent à faire obstruction aux secours venant d’autres pays ou d’institutions gouvernementales et non gouvernementales. C’est pourquoi nous estimons légitime que vous et votre régime soyez tenus pour responsables de crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (ICP-ICC).

L’Association Suisse-Birmanie regrette également la prolongation d’une année supplémentaire de détention de Daw Aung San Suu Kyi, alors que toute force vive serait nécessaire pour venir en aide à votre peuple qui souffre !

Genève, le 31 mai 2008