Localisation de l'Etat Shan
en rouge à l'intérieur de la Birmanie

Les Shans
un peu d'histoire
Représentant entre 8 et 10 % de la population birmane, les Shans constituent une minorité ethnique de poids. Démographiquement en premier lieu, ensuite parce qu’ils sont répartis dans un état qui les rassemble pour la majorité d’entre eux : l’État Shan. Un des sept états birmans situé dans l’est de la Birmanie, il est aussi un des plus vastes.

Apparentés aux Thaïs, le terme "shan" est d’ailleurs dérivé de siam, ancien nom de la Thaïlande, les Shans ont une histoire qui rend leur itinéraire au sein de l’histoire du pays singulier. Installés dans la région au 13ème siècle, venus du Yunnan (dans le sud-ouest de la Chine), ils ont d’abord régné sur la haute Birmanie. Leur capitale se situait près de Mandalay, à Ava. L’apogée a duré deux siècles pendant lesquels ils contrôlaient les riches rizières au niveau du cours moyen de l’Irrawaddy. Dans les siècles suivants, ils ont constitué un ensemble de principautés dans les montagnes et hauts plateaux de l’actuel État shan.

Bénéficiant d’une histoire propre qui les a très tôt doté d’une administration structurée et sous l’autorité de princes appelés Saopwa, le peuple shan a coexisté avec de nombreux autres peuples installés dans les montagnes, comme les Wa, les Pao, les Palaungs et les Akhas dont certains étaient vassalisés par les princes, tandis que d’autres conservaient leur autonomie.
 
Les principautés shan ont pu jouir d’une large autonomie lors de l’occupation britannique. Ayant le statut de protectorats, ils se sont tenus à l’écart des mouvements nationalistes birmans. Un accord leur garantissait un droit de sécession au terme d’une période de 10 ans à partir de l’indépendance. Le premier président de la Birmanie démocratique fut un prince shan, Sao Shwe Thaike.  
 
Mais le coup d’état de Ne Win en 1962 abolit le système et le droit de sécession. Depuis cette période, l’État Shan a été le théâtre d’une multitude de dissidences armées. Les Shans se sont battus dans tous les camps : surtout pour le compte de mouvements nationalistes spécifiquement shan, mais aussi d’armées privées, de trafiquants de drogue, comme la Mong Taï Army de Khun Sa, l’un des anciens seigneurs de guerre et trafiquant de drogue les plus célèbres d’Asie du Sud-Est. Pendant plus de trente ans, l’homme a contrôlé la culture et le trafic d’opium de la région, tout en clamant qu’il combattait pour l’autonomie de l’ethnie shan. L’État Shan a également connu des guérillas avec d’autres ethnies, comme celle des Pao, des Wa, chez qui le Parti Communiste Birman s’était implanté, ou les Palaungs. La production illicite de drogue (héroïne issue du pavot, Méta-amphétamines « Ya-baa ») est une des sources d’alimentation du conflit et gangrène la résolution de celui-ci, puisque cette ressource de poids finance les mouvements de rébellion mais asservit les trafiquants à des tractations opaques avec l’État Birman et les puissances voisines.
 
En 2005, certains leaders shan en exil ont prononcé l’indépendance de la Fédération des États Shans. Bien que cette déclaration n’ait pas eu d’impact réel pour le peuple shan, l’armée birmane a mené une campagne de répression à l’encontre des Shans vivant en Birmanie. Ils ont eu à faire face à des restrictions de leurs mouvements plus nombreuses et une recrudescence des raids dans leurs villages. De nombreux leaders, tant en exil qu’à l’intérieur soutiennent toujours la lutte démocratique d’Aung San Suu Kyi et la ligue shan pour la démocratie, proche de la LND.
 
Aujourd’hui, plusieurs groupes armés de libération ont signé des accords de cessez-le-feu. La situation humanitaire reste préoccupante car la population est victime de relocalisations forcées et de multiples exactions : "birmanisation" forcée, prostitution, abus de drogues, recrudescence des déplacés internes et de migrants illégaux, soumis à de nombreuses formes d’exploitations en Thaïlande.




Les Shans
quelques liens utiles pour en savoir plus :

Association pour la démocratisation de la Birmanie  SWAN-Shan Women's Action Network
Une lueur d'espoir avec  Charm Tong
Écologie  Salween
Online Burma/Myanmar Library
TBBC-Thailand Burma Border Consortium, octobre 2008, "Déplacements internes de population et droit international dans l'Est de la Birmanie"    document à consulter ici au format pdf 1.8 Mo

VOYAGE:
le guide alternatif de l'Etat Shan, ou tout savoir sur ce que vous pourrez et ne pourrez pas voir

ce guide a été préparé et édité par l'associaton SWAN-Shan Women's Action Network en 2009

Association pour la démocratisation de la Birmanie  SWAN-Shan Women's Action Network
Forbidden Glimpses of Shan States, le guide de voyage est à consulter en cliquant ici

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