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Myanmar/Birmanie une préhistoire à découvrir Premières cultures historiques du haut pays
Au IVe siècle av. J.-C., de notables changements apparaissent dans les modes d’inhumations de plusieurs sites de Haute-Birmanie. Bien qu’encore difficiles à interpréter, il s’agit peut-être des premiers indices de la pénétration d’un courant culturel venu de l’Inde, du Deccan. Et pour la première fois dans l’histoire de l’archéologie du Myanmar, des datations absolues ont pu être faites sur le matériel très varié recueilli lors de ces fouilles franco-birmanes. Par Jean-Pierre Pautreau, directeur de recherche CNRS, UMR 6566 CReAAH, responsable de la Mission archéologique française au Myanmar, avec la collaboration de Aung Aung Kyaw, Archeology Department, Mandalay.
Les travaux de la Mission archéologique française au Myanmar, financée par la Commission des fouilles du ministère français des Affaires étrangères, étudient les ensembles sépilcraux de l’âge du Fer établis sur la rive ouest de la Samon.
En Haute-Birmanie, les cours d’eau Irrawaddy et Samon, prolongés par le Sittaung plus au sud, constituent, au pied du plateau Shan, un axe privilégié de communications entre le sud de la Chine et l’océan Indien. Les fouilles conduites de 2005 à 2009 dans les environs de Pyawbwe sur les sites de Ohh Min, Htan Ta Pin, Nyaung Gon, Hton Bo et Ywa Gon Gyi ont permis de préciser les enseignements recueillis lors des recherches de Ywa Htin.
À découvrir dans la revue Archeologia N° 471 _ Novembre 2009 à télécharger ici (.pdf 1.3 Mo)
Article présentant les travaux de la Mission archéologique française au Myanmar par Jean-Pierre Pautreau et Christophe Maitay - UMR CNRS 6566 CReAAH.
Au sommaire de l'article
- Birmanie, premières cultures historiques du haut pays
- Myanmar, une préhistoire à découvrir
- Pratiques funéraires en Haute-Birmanie
- Énigmatiques plaques en alliage cuivreux
- Niveau d'occupation néolithique et datations C14
ou en vous rendant sur le site Maison des sciences de l'homme en Bretagne
StilFada rappe pour la Birmanie StilFada, rappeur birman vivant en Suisse, crie sa révolte et sa haine
des militaires violeurs, tueurs... Quoi de mieux que le rap pour
scander l'horreur commise là-bas avec une telle puissance d'expression!
Voulant préserver son anonymat pour la sécurité de sa famille au pays,
vous pourrez peut-être l'apercevoir sur scène, mais dans l'ombre de sa
casquette rouge, les projecteurs rivés sur son poing levé à la révolte.
Dommage du peu d'occasions pour StilFada de se produire sur scène pour
la Birmanie. Nous en voulons encore, à quand la prochaine Stil?
Ecouter StilFada
Appel au boycott des produits en jade birmans
Le
jade, décliné sous toutes ses formes,
fait partie des produits emblêmatiques vendus par le Gouvernement
chinois afin de "promouvoir la culture chinoise" auprès de touristes et
athlètes venus du monde
entier et réunis à l’occasion des Jeux Olympiques de 2008. Toutefois,
il semble
essentiel de connaître la provenance birmane de tels produits et les
implications politiques et humaines derrière l’achat de ce qui semble
être un
simple souvenir... Et de boycotter l’achat du jade, tel que le
préconisent, dans
un récent rapport, deux associations*
agissant en faveur de la démocratie en Birmanie.
Le cessez-le-feu de 1994 entre le gouvernement
militaire birman et l’Organisation pour l’Indépendance Kachin (KIO) – l’un des
nombreux mouvements de résistance issus de groupes ethniques en Birmanie qui se
battent continuellement pour la reconnaissance de leurs droits et de leur
identité
–
a avant tout permis à la junte de s’octroyer le contrôle des mines de
jade de l’état Kachin, qui constituaient jusqu'à ce jour la principale source
économique de
la KIO
.
Dans cet état du nord de
la Birmanie
, les vertes collines boisées d’antan ont laissé place à un paysage
lunaire, creusé par de puissantes machines d’excavation. Les mines, auparavant
gérées par des petites compagnies indépendantes, sont à présent exploitées par
de grands groupes à la solde des généraux birmans. Les travailleurs, souvent
originaires d’autres régions de
la Birmanie
, sont sous-payés et
travaillent sans protection aucune, tandis que les anciens mineurs locaux en
sont réduits à venir risquer leur vie – les militaires surveillent les lieux
–
pour fouiller les montagnes de terre laissées à l’abandon, pour quelques
pierres inespérées. Dans leur rapport très bien documenté, l’Union des
Etudiants kachins (AKYSU), associés à 8808 For Burma, résument ainsi les
conséquences humaines et environnementales de cette situation:
"Des villages entiers ont pour ordre de
quitter les lieux afin de laisser place aux opérations minières, souvent sans
savoir où ils doivent aller à la place. Ces opérations envahissantes ont
également rendu certains lieux si inhospitaliers que les habitants n’ont pas
d’autre choix que de fuir. L’exploitation en surface et la mauvaise gestion des
déchets provoquent glissements de terrain, érosion et inondations."
A ce cercle vicieux, on peut ajouter la
transmission du virus du sida qui gagne du terrain, due essentiellement à
l’utilisation de drogues (par injections) par les travailleurs et à l’industrie
du sexe implantée dans cette région minière. Le rapport stipule en effet que
les compagnies minières ne cherchent aucunement à inciter les travailleurs à ne
pas se droguer, bien au contraire, puisque la dépendance contraint la plupart
d’entre eux à travailler plus afin de pouvoir se payer héroïne, amphétamines et
autres drogues. Les femmes sont quant à elles réduites à se prostituer par
nécessité économique, les emplois étant pour elles rares ou sous-payés. La
transmission du virus, difficilement contrôlable par manque de moyens, d’accès
et de communication, a par ailleurs pris de l’ampleur et semble s’étendre à
présent au-delà de la frontière chinoise, dans la province du Yunnan.
En tant que principale puissance commerciale
investissant, entre autres, dans la jadéite birmane,
la Chine
est peut-être l’un des
plus importants soutiens financiers de la junte militaire, elle se rend ainsi
complice de
l’exploitation des mines de
jade de l’état Kachin. Tandis que
la Chine
a annoncé que les
médailles de jade spécialement créées à l’occasion des Jeux de
Pékin
étaient faites de jade chinois, ou néphrite, tout laisse à penser que les
divers bijoux et sculptures de jade vendus dans les rues de
Pékin
pendant l’événement sportif proviennent des mines birmanes, et que l’événement
propulsera les ventes et la demande de ces produits, ne manquant pas d’avoir
par là des répercussions néfastes sur le peuple Kachin et leur état.
Comme l’AKSYU et 8088 For Burma le
préconisent, il est donc primordial de ne pas contribuer à l’exploitation du
peuple Kachin en boycottant tout produit fait de jade, et en propageant ce
message. De simples gestes, qui répétés par le plus grand nombre, pourront
peut-être aider le peuple Kachin dans leur combat contre l’oppression.
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