Tribune de l'ASB 

Cet espace est dédié aux Birmans de Suisse ou à toutes personnes qui désirent s'exprimer à propos de la Birmanie.

Pour cela, envoyez votre texte, photo ou musique au secrétariat

Birmanie
Aung San Suu Kyi désire une révolution pacifique pour son pays
16 novembre 2010 - Écrit par Jean Albert, Ludivine Tomasso - Edité par Emilie Dessens   

Aung San Suu Kyi a été libérée le 13 novembre 2010 de sa résidence surveillée à Rangoun.

Elle est apparue souriante devant les centaines de sympathisant(e)s qui s’étaient donné rendez-vous devant sa résidence pour sa libération.

Cette libération intervient après les élections du 7 novembre, les premières depuis 1990 ;  celles que le pouvoir de l’époque avait cru pouvoir gagner légitimement.

Durant les 21 dernières années, elle en a passé 15, privée de liberté.

Cette opposante politique est l’ancienne secrétaire de la ligue nationale pour la démocratie (« NLD »), le parti politique qui a remporté une large victoire lors des élections de 1990 avec 59% des suffrages et une majorité absolue au parlement. La NLD n’a jamais eu l’occasion d’exercer le pouvoir dans le pays en raison de la junte militaire. Si les résultats avaient été respectés, Aung San Suu Kyi aurait été nommée premier ministre du pays.

La première arrestation de Aung San Suu Kyi date de mai 1989.  En amont des élections de 1990, de nombreuses personnalités politiques d’opposition avaient été arrêtées.

Sa jeunesse

Aung San Suu Kyi est née le 19 juin 1945.  Elle ne nait pas de n’importe qui.  C’est la seule fille de Aung San ;  le père de l’indépendance Birmane.  Le général, célèbre pour avoir fondé l’armée moderne birmane, est assassiné en 1947 après avoir signé les accords de Panglong et juste avant l’indépendance officielle de 1948.  Elle doit peut-être sa survie à l’illustre famille à laquelle elle appartient.

Sa mère, infirmière, devient une figure politique importante.  Elle est nommée ambassadrice en Inde. Aung San Suu Kyi suit donc sa mère en Inde et au Népal. Elle est diplômée du Shri Ram College de New Delhi en sciences politiques en 1964.

Elle part ensuite étudier à Oxford en Angleterre dont elle sort diplômée en philosophie, politique et économie en 1967 (Licence).

Après la fin de ses études, elle travaille pour les Nations-Unies à New York pendant 3 ans.  Elle travaille aussi en 1972 pour le Ministère des Affaires Etrangères du Bhoutan.

Entre temps, elle épouse Michael Aris, professeur de culture tibétaine avec qui elle aura deux fils.

Ensemble, ils vivent entre l’Inde, le Népal et l’Angleterre où ils s’installent finalement pour élever leurs enfants.

 

L’engagement en faveur de la démocratie dans son pays

En 1988, elle retourne en Birmanie au chevet de sa mère qui est gravement malade.

Son retour coïncide avec le retrait de la vie politique du dictateur, le General Ne Win, en place depuis les années 1960. De nombreuses manifestations ont lieu en réaction mais elles sont réprimées violemment par l’armée qui entend conserver le pouvoir.

Pendant ces évènements, elle s’impose comme la figure représentant la volonté de changement et de démocratie dans le pays. Elle s’adresse un jour à plus d’un demi-million de personnes rassemblées pour protester et prône la mise en place de la démocratie.  Elle déclare à cette occasion qu’elle fera tout pour son pays jusqu’à sa mort.

Elle participe ainsi à la création de la ligue nationale pour la démocratie en septembre 1988, peu de temps après la mise en place d’une nouvelle junte militaire dans le pays.

Dans son discours le plus célèbre « freedom from fear », elle déclare que « ce n’est pas le pouvoir qui corrompt les gens mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui le possède et la peur du fléau que représente le pouvoir corrompt ceux qui y sont soumis ».

Elle s’inspire dans toutes ses actions des principes bouddhistes et également du principe de non-violence rendu célèbre par Gandhi en Inde.

En 1989, avant les élections, elle est assignée à résidence comme le sont d’ailleurs la plupart des chefs de partis d’opposition. La junte lui offre la possibilité de partir à l’étranger mais elle refuse, n’étant pas sure de pouvoir revenir par la suite.

Son assignation à résidence, tentative du pouvoir d’influencer les élections de 1990, n’ont pas l’effet escompté.  Les quatrièmes élections du pays depuis son indépendance en 1948 donnent une victoire écrasante au NLD qui récupère 392 sur 489 sièges au parlement.  Le pouvoir en place refuse de valider les élections.

C’est toujours assignée à résidence qu’elle reçoit en 1991 le prix Nobel de la paix.  Elle décide alors d’utiliser le montant du prix de 1,3 millions de dollars pour mettre en place un fond pour l’accès aux soins et à l’éducation pour le peuple birman.

A partir des élections de 1990, elle sera la majeure partie du temps assignée à résidence.  Les rares années où elle est libre, elle subira attaques et tentatives d’intimidations.

Depuis 1995, elle est placée sous étroite surveillance par la police secrète et ses activités sont très contrôlées. En 2000, elle est une nouvelle fois arrêtée.

Elle est de nouveau relâchée en 2002. Après une attaque lors d’un de ses déplacements qui fait plusieurs victimes, elle est encore une fois arrêtée, et détenue en prison pendant plusieurs mois avant d’être transférée dans sa maison où elle est assignée à résidence.  Son assignation à résidence devait prendre fin en mai 2009.

Pourtant, deux semaines avant sa libération, un américain, qui de l’opinion de certains était à la solde de la junte, décide qu’il ne peut pas attendre deux semaines pour rencontrer Aung San Suu Kyi et traverse à la nage le lac entourant sa résidence.  Il viole ainsi les lois de détention. Cet américain (nous ne donnons pas son nom pour éviter de lui faire une publicité qu’il ne mérite pas) sera condamné à trois ans de prison pour intrusion et trois ans de plus pour la violation des règles d’immigration.  Dans les faits, il sera libéré seulement 3 jours après la condamnation, alors que son action irresponsable donne à la junte militaire une nouvelle excuse pour prolonger de 18 mois le calvaire d’Aung San Suu Kyi.  Elle sera notamment transférée à la prison d’Insein pendant la durée de son procès.

Le 13 novembre 2010, elle est enfin libre de quitter sa résidence… 6 jours après les élections.

Un véritable pas en avant de la part du pouvoir en place en Birmanie ?

La libération de Aung San Suu Kyi intervient après les élections du 7 novembre dernier qui a vu le parti soutenu par la junte militaire en place remporter une large victoire.

On peut donc se demander si la libération de cette militante n’est pas une manœuvre du pouvoir pour détourner l’attention des résultats des élections.

De nombreuses irrégularités ont été signalées et les autorités birmanes ont refusé l’accès aux observateurs ainsi qu’aux journalistes.

Le parti élu n’est autre que celui-ci soutenu par la junte, son bras politique. Ce simulacre d’élection vise à conférer à la dictature militaire un semblant de légitimité. Il vise aussi à effacer les élections de 1990.

Par ailleurs, la NLD n’a pas participé aux élections puisqu’elle n’a pas pu remplir les conditions, pour être reconnu comme parti politique, très contraignantes mises en place par la nouvelle loi électorale.  Une condition imposait notamment d’évincer tout membre d’un parti condamné par un tribunal…condition qui visait tout particulièrement le NLD et son chef Aung San Suu Kyi condamnée régulièrement pour ses prises de position dangereusement démocratiques.

Le combat d’Aung San Suu Kyi pour la mise en place de la démocratie se poursuit donc.  Trois jours après sa libération, elle demande à la Cour Suprême d’invalider la dissolution de son parti et donc indirectement les élections.

Lors d’une interview récente pour la chaine d’information BBC, elle a déclaré vouloir une « révolution pacifique » pour son pays.

Interrogée sur son retour possible en détention, elle a déclaré ne pas avoir peur. Il n’en demeure pas moins que son action est largement entravée lorsqu’elle est assignée à résidence.  Si son assignation a permis d’accroître sa notoriété au Myanmar et à l’international, elle ne peut aujourd’hui que limiter son action à moins qu’une nouvelle mise en détention n’entraîne une véritable révolution de la part de ses compatriotes.  Aujourd’hui, les minorités sont à ses côtés, mais  il lui faudra une base plus large pour vaincre.  Ceux qui soutiennent la junte sont aussi ses complices puisque par exemple, ils bénéficient directement des fruits du travail forcé de milliers de leurs compatriotes considérés comme « minorités ».

Comme le rappelle Nehginpao Kipgen, chercheur spécialisé dans le conflit politique birman, Aung San Suu Kyi possède le soutien des minorités de Birmanie qui composent plus de 40% de la population.

En effet, les minorités sont persécutées par la Junte militaire. Les Rohingya par exemple, environ  800 000 dans le pays de confession musulmane, se sont vu retirer la nationalité en 1982 par le gouvernement  birman. Ils sont utilisés comme main d’œuvre dans le cadre de travaux forcés.

Certaines minorités, comme les Karen qui vivent dans des régions à la frontière avec la Thaïlande, font également l’objet de campagnes de relocalisation et de travaux forcés.

Le retrait de l’identité, des droits civiques, et le travail forcé ne sont pas les seules violations des droits de l’homme commises par la junte.  Le viol est une pratique encouragée par l’armée.  Les femmes Chin du nord de la Birmanie sont aujourd’hui les victimes connues de crimes contre l’humanité commis par cette armée qui interdit la liberté d’expression, opprime sa population et viole ses femmes.

On rappelle l’exemple de cette fillette de 9 ans, violée à répétition par l’armée Birmane.  A la suite du calvaire, elle perd l’usage de la parole pendant deux ans.  Lorsqu’elle regagne la parole, sa mère lui interdit de parler par peur de représailles.  Elle a finalement racontée son histoire.

Il y a aussi cette jeune femme laissée seule une nuit par son mari parti pour le marché et qui est violée par deux soldats.

En 2002, une fillette rentre plus tard qu’à l’habitude de l’école.  Sur le chemin elle rencontre des soldats.  Ils la violent sur place.  Les passants regardent mais ne s’arrêtent pas.  Trois jours plus tard, ses parents la retrouvent morte, les bras et jambes cassés.

De nombreuses victimes témoignent qu’elles sont kidnappées et ensuite menacées de mort si elles n’acceptent pas de devenir des esclaves sexuelles dans les camps de l’armée.

Aucun militaire n’a été soumis à des poursuites à ce jour (pour plus d’information voir www.chinwomen.org).

La structure du pouvoir en Birmanie empêche les dirigeants militaires, même s’ils le voulaient, de sanctionner ces soldats dont ils dépendent tant pour se maintenir au pouvoir.  Cette structure permet tous les abus, toutes les exactions, tant qu’elles ont les minorités pour cible.  Elle se nourrit de la peur qu’elle génère et appelle à terme le chaos.

Le pouvoir militaire a voulu instaurer un régime stable.  La Birmanie a besoin de stabilité.  Ce pays a subi de nombreuses invasions et son unité, retrouvée récemment, reste fragile. L’unité du pays n’est pourtant pas assurée et des tensions existent toujours au nord et à l’est.   Le pays a depuis 1948 subi des luttes intestines d’une grande violence et qui ne se sont estompées que récemment et ne font que sommeiller.  L’histoire montre que les Birmans ne se soumettent pas.  Il reste aux dirigeants de le comprendre.  Saw Maung l’a peut-être compris trop tard.

Peut-être les élections récentes correspondent-elles à une volonté des dirigeants militaires de permettre une transition vers un régime plus souple ?  Peut-être le General Than Shwe désire-t-il à 77 ans laisser une empreinte positive dans l’histoire de son pays ?

Aujourd’hui, en Birmanie, il y reste 2100 prisonniers politiques. Human rights watch lance une campagne pour encourager leur libération.

Parmi eux on note:

  • Zargana, célèbre comédien arrêté en 2007 pour avoir critiqué le régime et son temps de réaction pour aider les victimes du cyclone Nargis ; il purge une peine de 35 ans.
  • Su Su Nway, une militante pour le respect des droits des travailleurs arrêtée pour avoir protesté contre le régime lors d’une visite d’officiels de l’ONU ; elle purge une peine de 8 ans et demi.
  • Min Ko Naing, un ancien leader étudiant ; il purge une peine de 88 ans.

 

 

Pour aller plus loin:

Freedom from Fear and Other Writings de Aung San Suu Kyi édité par Michael Aris preface de Desmond Tutu et de Vaclav Havel.

Aung San Suu Kyi: Standing Up for Democracy in Burma (Women Changing the World) de Bettina Ling

Perfect Hostage: A Life of Aung San Suu Kyi, Burma's Prisoner of Conscience de Justin Wintle

A History of Modern Burma de Michael W. Charney

Unsafe State, State-sanctioned sexual violence against Chin women in Burma,

Myanmar/Birmanie
une préhistoire à découvrir

Premières cultures historiques du haut pays

Au IVe siècle av. J.-C., de notables changements apparaissent dans les modes d’inhumations de plusieurs sites de Haute-Birmanie. Bien qu’encore difficiles à interpréter, il s’agit peut-être des premiers indices de la pénétration d’un courant culturel venu de l’Inde, du Deccan. Et pour la première fois dans l’histoire de l’archéologie du Myanmar, des datations absolues ont pu être faites sur le matériel très varié recueilli lors de ces fouilles franco-birmanes. Par Jean-Pierre Pautreau, directeur de recherche CNRS, UMR 6566 CReAAH, responsable de la Mission archéologique française au Myanmar, avec la collaboration de Aung Aung Kyaw, Archeology Department, Mandalay.

Les travaux de la Mission archéologique française au Myanmar, financée par la Commission des fouilles du ministère français des Affaires étrangères, étudient les ensembles sépilcraux de l’âge du Fer établis sur la rive ouest de la Samon.

En Haute-Birmanie, les cours d’eau Irrawaddy et Samon, prolongés par le Sittaung plus au sud, constituent, au pied du plateau Shan, un axe privilégié de communications entre le sud de la Chine et l’océan Indien. Les fouilles conduites de 2005 à 2009 dans les environs de Pyawbwe sur les sites de Ohh Min, Htan Ta Pin, Nyaung Gon, Hton Bo et Ywa Gon Gyi ont permis de préciser les enseignements recueillis lors des recherches de Ywa Htin.

À découvrir dans la revue Archeologia N° 471 _ Novembre 2009 à télécharger ici (.pdf 1.3 Mo)

Article présentant les travaux de la Mission archéologique française au Myanmar par Jean-Pierre Pautreau et Christophe Maitay - UMR CNRS 6566 CReAAH.

Au sommaire de l'article

  • Birmanie, premières cultures historiques du haut pays
  • Myanmar, une préhistoire à découvrir
  • Pratiques funéraires en Haute-Birmanie
  • Énigmatiques plaques en alliage cuivreux
  • Niveau d'occupation néolithique et datations C14

ou en vous rendant sur le site Maison des sciences de l'homme en Bretagne

retour

StilFada
rappe pour la Birmanie

StilFada, rappeur birman vivant en Suisse, crie sa révolte et sa haine des militaires violeurs, tueurs... Quoi de mieux que le rap pour scander l'horreur commise là-bas avec une telle puissance d'expression!
Voulant préserver son anonymat pour la sécurité de sa famille au pays, vous pourrez peut-être l'apercevoir sur scène, mais dans l'ombre de sa casquette rouge, les projecteurs rivés sur son poing levé à la révolte. Dommage du peu d'occasions pour StilFada de se produire sur scène pour la Birmanie. Nous en voulons encore, à quand la prochaine Stil?
Ecouter Birmanie 2007 par StilFada


Appel au boycott des produits en jade birmans
Le jade, décliné sous toutes ses formes, fait partie des produits emblêmatiques vendus par le Gouvernement chinois afin de "promouvoir la culture chinoise" auprès de touristes et athlètes venus du monde entier et réunis à l’occasion des Jeux Olympiques de 2008. Toutefois, il semble essentiel de connaître la provenance birmane de tels produits et les implications politiques et humaines derrière l’achat de ce qui semble être un simple souvenir... Et de boycotter l’achat du jade, tel que le préconisent, dans un récent rapport, deux associations (*) agissant en faveur de la démocratie en Birmanie.
 
     
Le cessez-le-feu de 1994 entre le gouvernement militaire birman et l’Organisation pour l’Indépendance Kachin (KIO) – l’un des nombreux mouvements de résistance issus de groupes ethniques en Birmanie qui se battent continuellement pour la reconnaissance de leurs droits et de leur identité
a avant tout permis à la junte de s’octroyer le contrôle des mines de jade de l’état Kachin, qui constituaient jusqu'à ce jour la principale source économique de la KIO .

Dans cet état du nord de la Birmanie , les vertes collines boisées d’antan ont laissé place à un paysage lunaire, creusé par de puissantes machines d’excavation. Les mines, auparavant gérées par des petites compagnies indépendantes, sont à présent exploitées par de grands groupes à la solde des généraux birmans. Les travailleurs, souvent originaires d’autres régions de la Birmanie , sont sous-payés et travaillent sans protection aucune, tandis que les anciens mineurs locaux en sont réduits à venir risquer leur vie – les militaires surveillent les lieux pour fouiller les montagnes de terre laissées à l’abandon, pour quelques pierres inespérées. Dans leur rapport très bien documenté, l’Union des Etudiants kachins (AKYSU), associés à 8808 For Burma, résument ainsi les conséquences humaines et environnementales de cette situation:

"Des villages entiers ont pour ordre de quitter les lieux afin de laisser place aux opérations minières, souvent sans savoir où ils doivent aller à la place. Ces opérations envahissantes ont également rendu certains lieux si inhospitaliers que les habitants n’ont pas d’autre choix que de fuir. L’exploitation en surface et la mauvaise gestion des déchets provoquent glissements de terrain, érosion et inondations."

A ce cercle vicieux, on peut ajouter la transmission du virus du sida qui gagne du terrain, due essentiellement à l’utilisation de drogues (par injections) par les travailleurs et à l’industrie du sexe implantée dans cette région minière. Le rapport stipule en effet que les compagnies minières ne cherchent aucunement à inciter les travailleurs à ne pas se droguer, bien au contraire, puisque la dépendance contraint la plupart d’entre eux à travailler plus afin de pouvoir se payer héroïne, amphétamines et autres drogues. Les femmes sont quant à elles réduites à se prostituer par nécessité économique, les emplois étant pour elles rares ou sous-payés. La transmission du virus, difficilement contrôlable par manque de moyens, d’accès et de communication, a par ailleurs pris de l’ampleur et semble s’étendre à présent au-delà de la frontière chinoise, dans la province du Yunnan.

En tant que principale puissance commerciale investissant, entre autres, dans la jadéite birmane,   la Chine est peut-être l’un des plus importants soutiens financiers de la junte militaire, elle se rend ainsi complice de   l’exploitation des mines de jade de l’état Kachin. Tandis que la Chine a annoncé que les médailles de jade spécialement créées à l’occasion des Jeux de Pékin étaient faites de jade chinois, ou néphrite, tout laisse à penser que les divers bijoux et sculptures de jade vendus dans les rues de Pékin pendant l’événement sportif proviennent des mines birmanes, et que l’événement propulsera les ventes et la demande de ces produits, ne manquant pas d’avoir par là des répercussions néfastes sur le peuple Kachin et leur état.

Comme l’AKSYU et 8088 For Burma le préconisent, il est donc primordial de ne pas contribuer à l’exploitation du peuple Kachin en boycottant tout produit fait de jade, et en propageant ce message. De simples gestes, qui répétés par le plus grand nombre, pourront peut-être aider le peuple Kachin dans leur combat contre l’oppression.

(*)"All Kachin Students and Youth Union" (AKSYU), association d’étudiants birmans de l’état Kachin exilés en Inde, Chine et Thaïlande, et l’association 8808 For Burma, qui milite pour la reconnaissance des droits des Birmans et la fin de l’oppression militaire. Le rapport complet (en anglais) est accessible sur les sites web de ces deux associations : http://www.aksyu.com et http://www.8808forburma.com

retour

Keonnected