Portrait de birman
Zarganar, le "Charlie Chaplin" birman

Comédien et militant. C'est le plus fameux rire de Birmanie qui s'est tu quand l'humoriste U Thura, dit "Zarganar ou Zagana" (en birman cela veut dire: "pince à épiler") a été jeté en prison par la junte militaire en juin 2008


et d'autres portraits

- Portrait des Frères Moustaches

- Portrait de Win Tin

- Portrait de Charm Tong

- Portrait de Bo Kyi

- Portrait de Hla Hla Win

zarganar

Zarganar
Décembre 2011 - le « Charlie Chaplin » birman en voyage hors de Birmanie pour la première fois

20 décembre 2011 - Il a gardé sa vivacité d'esprit tout au long des peines d'emprisonnement, la torture et l'isolement, mais rien n’est tout à fait prêt pour le comédien le plus célèbre de Birmanie pour son premier voyage hors de l'état militaire.

«Quand j'ai vu l'avion j'ai eu un choc, quand j'ai vu l'aéroport, j'ai eu un choc, quand j'ai vu le grand bâtiment et le grand pont et la bonne route j'ai eu un choc", a-t-il déclaré devant une salle comble à Bangkok.


Mais ce sont les visages des jeunes en Thaïlande voisine qui expriment la «liberté» et la «confiance en soi» - qui ont réellement surpris Zarganar, 50 ans.


« Tous les jours nos jeunes dans mon pays s'inquiètent ... Leurs visages sont remplis d'angoisses » a-t-il déclaré au Club des correspondants étrangers de Thaïlande, lundi soir. « Nous sommes des pays voisins et pourtant si différent. »


Pendant son court séjour à l'étranger, le dissident chauve et binoclard ne s’est pas appesanti sur l'anxiété.


Réputé pour son humour face à la répression des généraux au pouvoir en Birmanie et détenu en prison à quatre reprises, le poète, l’interprète et cinéaste a été libéré de son incarcération en octobre dernier et depuis un passeport lui a finalement été accordé.


«Maintenant, je suis ici, c'est une amélioration", a déclaré Zarganar. Et mardi il a continué son voyage jusqu’au Cambodge, avant qu'il ne retourne à la maison.


Sa libération, qui fait partie d'une amnistie de prisonniers, a été l'un des nombreux mouvements prometteurs réalisés par le nouveau gouvernement civil de cette année. La Birmanie a surpris les observateurs sceptiques après presque 50 ans de régime militaire pur et dur.


Bien que les dernières élections de novembre de l’année dernière ont été largement critiquées par l'Occident, les réformes naissantes de la nouvelle administration ont été accueillies avec prudence et stimulées par une visite historique de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.


«C'est regarder et voir le temps, donc nous avons juste ouvert la fenêtre pour regarder le gouvernement, ce qu'ils font, ce qu'ils vont faire», a déclaré Zarganar.


Alors que le pays tente de se débarrasser de son statut d’isolé, a-t-il déclaré, la levée des sanctions imposées par l'Occident aboutirait à davantage d'aide provenant de pays étrangers "à notre peuple et non pour nos militaires".


Pour Zarganar et ses concitoyens, le progrès en Birmanie sera long à venir.


Né Maung Thura, un an avant que l'armée s'empare du pouvoir en 1962, il a travaillé avec des groupes de plusieurs troupes de théâtre tout en étudiant à l'école dentaire et a plus tard adopté le nom Zarganar, qui signifie "pincettes".


Il a rejoint en 1988 dirigé le soulèvement des étudiants contre la dictature militaire dirigée par Ne Win et a été arrêté cette année-là, torturé et envoyé à la prison d'Insein à Rangoon, où il a été détenu pendant plusieurs mois avant d'être libéré en 1989.


Depuis, il a été arrêté trois fois pour ses activités dissidentes, « donc je suis très familiarisé avec les prisons et les bareaux», a-t-il dit.


Il a parlé de « un temps très rude et terrible » pendant ses premières années de détention, dont cinq années en isolement cellulaire, sans fenêtres, sans air frais, ni même de papier toilette - utilisant des feuilles à la place.


Les conditions étaient moins horribles durant son séjour plus tard en prison, à la suite de son empressement à aider les victimes du cyclone Nargis qui a ravagé le  delta de l'Irrawaddy en mai 2008, laissant 138 000 morts ou disparus.


Comme le régime a refusé l’accès aux groupes d’aides aux sinistrés, le comédien a été parmi les premiers groupes pour venir en aide aux plus de 2,4 millions de personnes qui luttaient pour leur survie.


Il a été condamné à 59 années de prison, accusé d’avoir organisé cette aide. Elle fut  réduite plus tard à 35 ans, et à la fin 2008 il a été transféré à la prison de Myitkyina, dans les contrées éloignées au nord du pays.


C'est là-bas que Zarganar rencontrait un colonel emprisonné qui, en 1988, l’avait torturé avec des coups de pieds, des coups et des chocs électriques.


« Il a pleuré, mais j'ai souri. Je lui ai tendu la main pour le saluer. Chaque jour, je parlais beaucoup avec lui, je peux lui pardonner. »


Zarganar s'est dit attristé que son ennemi, devenu compagnon de prison, reste enfermé, aux côtés de centaines de prisonniers politiques.
 
 

« Nous devons les soutenir moralement et financièrement. C’est très important », a-t-il dit.

Pour tout son militantisme, Zarganar n'a pas l'intention de participer à la vie politique par les élections à venir - contrairement à l'icône de la démocratie Aung San Suu Kyi, qu’il appelle affectueusement « Auntie » et à ses anciens compagnons prisonniers.


Dès son retour en Birmanie, ses plans à venir sont sa participation au « Art of Freedom film festival » avec un court-métrage « Hello Democracy - Bonjour la démocratie » au sujet du «choc» de sa rencontre avec le monde extérieur. Pour lui, la clé de la réussite est d'attirer les jeunes dans l'éducation et la politique.


«J'aime mon pays et j'aime mon peuple. Pour sauver mon peuple - c'est mon propre principe, juste comme ça », a-t-il dit. retrouvez l'article de DVB>>>

Zarganar
le « Charlie Chaplin » birman

En 2008, il s’implique fortement et publiquement dans l’aide aux victimes du cyclone Nargis, et réunit autour de lui plus de 400 volontaires. Il est arrêté chez lui, le 4 juin 2008

 

Dans ses films et spectacles, Zarganar livrait depuis plus de vingt ans une critique au vitriol du régime en place en Birmanie: sa popularité dans l’ensemble de la population n’avait d’égal que son humour ravageur et sa liberté de ton. Il avait notamment réinventé le genre déclinant du anyeint, théâtre traditionnel birman, en y introduisant ses plaisanteries et jeux de mots fameux qui tournaient en dérision les généraux. Motifs de condamnation Il parlait également aux médias occidentaux, et ne se privait pas de critiquer ouvertement le régime.

C’est dire si l’homme était gênant pour la junte, qui a tenté à plusieurs reprises de le faire taire: arrêté en 1988 puis en 1990, il avait déjà effectué 6 ans de prison. Le théâtre et les films comiques lui étaient interdits depuis septembre 2006. En 2007, il fut emprisonné pour avoir soutenu les moines lors de la Révolution Safran. Il a été à cette occasion placé dans une cellule avec 30 chiens de garde. Libéré quelques mois plus tard, il reprend du service immédiatement. En 2008, il s’implique fortement et publiquement dans l’aide aux victimes du cyclone Nargis, et réunit autour de lui plus de 400 volontaires. Il est arrêté chez lui, le 4 juin 2008.

Accusé entre autres d’incitation au désordre, d’insulte à la religion et de détention illégale de vidéo (Zarganar avait en effet chez lui des extraits de film montrant l’incurie des autorités lors du passage de Nargis), il est incarcéré à la prison d’Insein à Rangoon et condamné à 59 ans de prison.

En février 2009 il obtient une réduction de peine de 24 ans, ce qui porte encore à 35 ans la durée prévue de sa détention. Il a été depuis le mois de décembre transféré dans une prison au Nord du pays, dans la capitale de l’État Kachin, à Myitkyina.

Il se trouve de ce fait éloigné de ses proches qui rencontrent les pires difficultés pour lui rendre visite, et qui s’inquiètent d’autant plus pour son état de santé: Zarganar souffre de problèmes cardiaques graves, qui nécessitent des soins immédiats. Ils lui sont pour le moment refusés par les autorités.

 

Motifs de condamnation:

-Déclarations incitant au trouble à l’ordre public (Section 505 (B), Penal Code)

-Insultes délibérées et malveillantes envers la religion (Section 295 (B), Penal Code)

-Détention illégale de vidéos (Section 32 (B) and 36, Video Act)

-Infraction à la loi sur les communications électroniques (Section 33 (a) et 38, Electronic Communications Law)

-Délit relatif à la loi sur les associations illégales (Section 17 (2) of the Unlawful Association Act)

retour

Keonnected